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Question écrite n° 7-1184

de Orry Van de Wauwer (CD&V) du 31 mars 2021

à la vice-première ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et du Commerce extérieur, et des Institutions culturelles fédérales

Tigré - Conflit - Crise humanitaire - Lutte - Actions entreprises - Résolution n° 7-208/2 du Sénat - Suivi

Éthiopie
Érythrée
guerre civile
Soudan
victime de guerre
aide humanitaire

Chronologie

31/3/2021 Envoi question (Fin du délai de réponse: 29/4/2021 )
17/5/2021 Réponse

Question n° 7-1184 du 31 mars 2021 : (Question posée en néerlandais)

Le 9 décembre 2020, le Sénat de Belgique a adopté la résolution n° 7-208/2 relative au conflit au Tigré (nord de l'Éthiopie). Dans cette résolution, le Sénat exprime sa vive inquiétude face à ce conflit et condamne avec la plus grande fermeté les actes de violence et les atrocités commis. Les gouvernements de la Belgique sont également invités à fournir une aide humanitaire au pays voisin, le Soudan, et à la région. Le Sénat demande aussi qu'une enquête internationale sur les violations des droits de l'homme et massacres de masse soit réalisée et que les auteurs soient placés devant leurs responsabilités.

Entre-temps, une grave crise humanitaire a éclaté à la suite du conflit militaire. Selon le dernier rapport du Bureau des Nations unies de la coordination des affaires humanitaires (Office for the Coordination of Humanitarian Affairs – UNOCHA), publié le 28 février 2021, 4,5 millions de personnes dans la région du Tigré ont actuellement besoin d'une aide alimentaire (environ 75 % de la population de la région). Cependant, la majeure partie de la région est encore hors de portée des organisations humanitaires, selon l'UNOCHA. Les infrastructures médicales de la région ont été en grande partie détruites ; la communication et les services publics sont encore très limités. Selon les estimations, le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays est désormais situé entre 500 000 et 2 millions. Le rôle des milices érythréennes dans le conflit et dans la crise humanitaire est très confus, tout comme l'emplacement de milliers de réfugiés érythréens, dont les camps de réfugiés ont été détruits. Jusqu'à présent, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (United Nations High Commissioner for Refugees – UNHCR) n'a pas été autorisé à accéder à ces camps.

Je souhaiterais dès lors poser les questions suivantes:

1) Quelles mesures la ministre et d'autres membres du gouvernement fédéral ont-ils déjà prises concernant le conflit au Tigré ? Quelles autres mesures sont-elles prises ou envisagées ?

2) Quelles mesures ont-elles été prises pour lutter contre la crise humanitaire au Tigré et dans les camps de réfugiés au Soudan? Quelles autres mesures sont-elles prises ou prévues ?

3) Quelles mesures ont-elles été prises pour encourager la communauté internationale à agir pour désamorcer le conflit dans la région et faire face à la crise humanitaire? Quelles autres mesures sont-elles prises ou prévues ?

Réponse reçue le 17 mai 2021 :

La Belgique est en pourparlers avec l'Union européenne, les États membres de l'UE, les États-Unis et avec les Nations unies en vue d'améliorer la situation au Tigré. La Belgique appelle à la cessation immédiate des hostilités et de l'insécurité, à l’action en faveur de l’accès humanitaire sans restriction et à toutes les zones du territoire et au respect des droits humains, en ce compris la lutte contre l'impunité passant par des enquêtes indépendantes et l’établissement de responsabilités, la réconciliation et lutte contre la violence ethnique, l’importance de la transition ainsi que des élections et de la mission d’observation électorale de l'Union européenne.

Je suis moi-même intervenu sur la situation en Éthiopie lors de différents Conseils des affaires étrangères de l'UE. Lorsque la Belgique était encore membre du Conseil de sécurité des Nations unies, notre pays a mis cette question à l'ordre du jour. Des interventions ont également eu lieu au Conseil des droits de l'homme des Nations unies et dans le cadre de discussions bilatérales, tant avec les partenaires qu'avec l'Éthiopie.

L’aide humanitaire reste insuffisante malgré un meilleur accès et une amélioration des flux d’aide alors que la situation humanitaire au Tigré continue de s’aggraver. La Belgique plaide pour une amélioration immédiate de cette situation.

Ma collègue, Mme Kitir, a récemment débloqué 4 millions d'euros d'aide humanitaire. Pour plus de détails à ce sujet ou pour une planification future, je vous invite à contacter ma collègue, Mme Kitir, qui en est responsable.

La Belgique s’inscrit dans les efforts entrepris par l’Union européenne, notamment les conclusions Éthiopie du Conseil de l’UE de mars et tous les messages déjà défendus par l’Union européenne et le Haut Représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

Je souscris aux recommandations de mon collègue finlandais, qui, mandaté par M. Borrell, a entrepris une deuxième mission dans la région.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies est uni pour reconnaître la crise humanitaire, les besoins qui y sont liés et l’importance de l’action de l’Union africaine. Peut-être que des progrès supplémentaires peuvent être accomplis au Conseil des Droits de l’Homme, où je suis déjà intervenue.

Il conviendra de se pencher sur la question de l’utilisation des différents instruments de politique étrangère de l’UE, dont la suspension d’aide budgétaire et des sanctions envers l’Erythrée ont déjà été décidés.

Les possibilités d’aide humanitaire supplémentaire devraient être explorées.

L’UE a effectivement alloué 4 millions d’euros d’aide humanitaire d’urgence à l’Éthiopie dans un premier temps. Une nouvelle annonce de 23,7 millions d’euros l'aide au profit de l'Éthiopie, du Soudan et du Kenya a cependant été annoncée à la fin du mois de décembre.