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Question écrite n° 5-9123

de Nele Lijnen (Open Vld) du 24 mai 2013

au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et des Affaires européennes

Corée du Nord

Corée du Nord
droits de l'homme
arme nucléaire
non-prolifération nucléaire

Chronologie

24/5/2013 Envoi question
18/9/2013 Rappel
15/10/2013 Réponse

Requalification de : demande d'explications 5-3119

Question n° 5-9123 du 24 mai 2013 : (Question posée en néerlandais)

La Corée du Nord est à nouveau extrêmement présente dans l'actualité. Cela a commencé avec le lancement d'un missile dans l'espace en décembre 2012, un acte qui a été condamné de la façon la plus sévère par les Nations Unies. La résolution qui a suivi a été fortement appuyée par les États-Unis après quoi la Corée du Nord déclara qu'elle possédait des missiles nucléaires pointés sur les États-Unis. La Corée du Nord ne semble pas intimidée par la pression internationale. Au début du mois de février, ce pays a probablement effectué un essai nucléaire malgré l'interdiction. Des observateurs ont constaté un tremblement de terre non naturel dans la zone où avaient déjà eu lieu des essais nucléaires en 2006 et 2009. Les experts estiment que la probabilité que ce pays soit une menace réelle est faible mais pas nulle. De tels essais peuvent en effet être le préalable à la construction d'une bombe atomique.

Par ailleurs, ce pays a une image négative dans les médias à cause de la situation humanitaire toujours déplorable qui y règne. Un journaliste du New York Times décrit le pays comme le plus pays le plus tyrannisé du monde. Les conditions de vie épouvantables des citoyens et surtout des prisonniers sont connues mais de nombreuses atrocités restent cachées. « Notre connaissance des conditions de vie est souvent basée sur les nombreuses déclarations des réfugiés nord-coréens. » a déclaré le ministre en réponse à l'une de mes questions écrites. Les organisations des droits de l'homme estiment que l'an dernier plus de 10 000 personnes sont mortes de faim. Il nous arrive aussi des informations sur des cas de cannibalisme dus à la famine. Récemment un homme a été exécuté parce qu'il avait tué ses deux enfants pour avoir de la viande.

Navi Pillay, haut-commissaire aux droits de l'homme des Nations Unies n'a constaté que peu d'améliorations depuis l'arrivée au pouvoir du nouveau dirigeant Kim Jong-un. Il y a bien des plans en vue de la création d'une commission qui doit examiner de près les droits de l'homme en Corée du Nord. Cette commission pourrait ensuite faire des recommandations aux Nations Unies qui pourraient alors intervenir. Combiné à la pression permanente de la communauté internationale, cela pourrait faire en sorte que la Corée du Nord change d'attitude en matière de respect des droits de l'homme. Des organisations comme Human Right Watch et Amnesty international réclament depuis longtemps déjà une pareille initiative. Le Japon et l'Australie veulent aussi y travailler. Le scénario de réussite le plus plausible serait qu'un ou plusieurs pays européens en prennent l'initiative, avec l'appui des USA, du Japon et de la Corée du Sud

Comment le ministre évalue-t-il le lancement de missile de la Corée du Nord et ce que l'on soupçonne être un essai nucléaire ? Le pays est-il selon lui en état de lancer une attaque nucléaire ?

Pense-t-il comme moi que la communauté internationale doive intervenir sévèrement contre les dirigeants de la Corée du Nord non seulement à cause des menaces nucléaires mais aussi de l'horrible situation des droits de l'homme ?

Est-il comme de nombreux hommes politiques et de nombreuses organisations, partisan de la création d'une commission qui examinerait de près la situation des droits de l'homme en Corée du Nord ? Sait-il dans quelle mesure les pays européens sont favorables à ce plan ? Pense-t-il que notre pays doive y jouer un rôle moteur ?

Réponse reçue le 15 octobre 2013 :

  1. A travers le lancement de missile couronné de succès en décembre 2012, le régime nord-coréen a fait de grandes avancées au niveau technologique. En théorie, le pays est capable de développer un missile avec une portée de plus de 5 000 km. Il reste à déterminer la précision exacte de cette arme. Par ailleurs, les experts sont d’avis que la Corée du Nord n’a pas la capacité de développer une bombe atomique qui serait portée par un missile intercontinental. Pour ces raisons, la possibilité d’une attaque de missile nucléaire paraît peu réaliste à l’heure actuelle.

    J’ai sévèrement condamné le dernier exercice nucléaire. Vu les implications sérieuses pour la situation régionale mais également pour le régime de non-prolifération, la Belgique a co-sponsorisé une résolution au Conseil de sécurité (2094). Notre pays travaille constructivement au niveau de l’Union européenne (UE) à la mise en œuvre des nouvelles sanctions de l’ONU et est prête à adopter des mesures supplémentaires au niveau de l’UE, en concertation avec les USA, le Japon et la Corée du Sud, afin d’augmenter la pression sur la Corée du Nord.

  2. L’approbation par consensus de la dernière résolution du Conseil des droits de l’Homme et de l’Assemblée générale concernant la République Démocratique et Populaire de Corée a envoyé un signal fort aux autorités. Le jeudi 21 mars, le Conseil des droits de l’Homme a à nouveau adopté par consensus une résolution sur la situation des droits de l’Homme en République Démocratique et Populaire de Corée. Cette résolution prolonge le mandat du Rapporteur Spécial. Vu la non-coopération du pays avec les mécanismes de droits de l’Homme, y compris le rapporteur spécial, la résolution a également créé une commission d’enquête, dont le Rapporteur Spécial fera partie. Cette commission enquêtera systématiquement sur les nombreuses et graves violations des droits de l’Homme en Corée du Nord.

  3. Sur base de l’évaluation du développement de la situation des droits de l’Homme les dernières années, le Rapporteur Spécial pour la situation des droits de l’Homme, M. Marzuki Darusman, a proposé la mise en place d’un mécanisme international d’enquête. L’UE doit étudier cela en profondeur avec ses partenaires. Des consultations avec des partenaires partageant les mêmes opinions comme les États-Unis, le Rapporteur spécial et un certain nombre d’Organisations non gouvernementales (ONG) ont déjà débuté. Je ne pense pas que la Belgique devrait jouer un rôle de premier plan dans ce dossier.