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Question écrite n° 5-10169

de Nele Lijnen (Open Vld) du 23 octobre 2013

à la vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de Beliris et des Institutions culturelles fédérales

le protocole avec l'industrie de la mode concernant les mannequins trop maigres

maladie de la nutrition
jeune
industrie du vêtement

Chronologie

23/10/2013 Envoi question
6/1/2014 Rappel
30/1/2014 Réponse

Requalification de : demande d'explications 5-3721

Question n° 5-10169 du 23 octobre 2013 : (Question posée en néerlandais)

Votre réponse à la question parlementaire 5-8549 nous a appris que le nombre de cas de troubles du comportement alimentaire chez les enfants est en augmentation ces dernières années. Les chiffres sont vraisemblablement sous-estimés puisqu'ils ne vont pas au-delà de 2009. Ces troubles seraient liés à une image déformée que les enfants ont de la taille idéale. En dépit de la nouvelle tendance consistant à faire aussi appel à des mannequins bien en chair pour les couvertures des magazines et les annonces publicitaires (pensons par exemple à H&M), pour de nombreuses maisons de couture, la minceur reste la norme. Les enfants sont confrontés à cette norme dès leur très jeune âge par le biais des divers médias. En Australie, un code de conduite a été conclu afin de limiter le recours à des mannequins trop maigres et à des photos retouchées. En Italie, un protocole a été conclu avec l'industrie de la mode ; il dispose que les mannequins doivent être régulièrement soumis à des contrôles médicaux et qu'ils soient écartés des défilés lorsque leur IMC est inférieur à 18. En Israël, on va même plus loin : les mannequins dont l'IMC est inférieur à 18,5 sont interdits de défilés, et un avertissement figure sur les sites qui utilisent des photos manipulées. Les chiffres récents montrent qu'en Belgique également, il vaudrait mieux prendre des mesures le plus rapidement possible.

Mes questions à la ministre sont les suivantes.

1) Que pensez-vous conclusion d'un protocole avec l'industrie de la mode visant à :

a) interdire l'engagement de mannequins trop maigres (IMC inférieur à 18) pour des défilés et annonces publicitaires ?

b) insérer un avertissement sur les sites web ou annonces publicitaires qui utilisent des photos manipulées ?

2) Que pensez-vous d'une interdiction totale de recours, pour des défilés, à des mannequins dont le BMI est trop faible ?

3) Envisagez-vous de prendre vous-même des mesures afin d'encourager l'engagement de femmes mannequins un peu plus « rondes » ?

4) Prévoyez-vous des mesures pour que nos enfants et les jeunes aient une image plus normale du corps ?

Réponse reçue le 30 janvier 2014 :

L’anorexie mentale est un problème sérieux car c’est une maladie potentiellement mortelle qui a également un impact important sur les familles.

Je partage votre inquiétude concernant les blogs et les sites « pro-ana » qui font l’apologie de l’anorexie mentale comme mode de vie. J’ai été informée de l’existence de certains sites et j’en ai avisé mon administration afin qu’elle analyse nos possibilités d’action dans le cadre par exemple de l’article 3.4 de la directive 2000/31/Communauté européenne (CE) et, le cas échéant, les mettre en œuvre.

Il n’y a cependant pas qu'une seule cause à l’anorexie mentale. Parmi les facteurs prédisposants et déclenchants, la dimension sociale est importante : la minceur est devenue un diktat, un critère d’élégance et de réussite et les pratiques du contrôle du poids sont encouragées. En Belgique comme à l'étranger, plusieurs initiatives parlementaires et gouvernementales ont été prises pour lutter contre les facteurs de risque psycho-sociaux de l'anorexie mentale. Comme par exemple la résolution visant à combattre l'anorexie mentale adoptée par le Sénat le 18 juillet 2008 dont certaines mesures requièrent une coordination optimale entre entités fédérale et fédérées, notamment pour ce qui concerne le « code de bonne conduite » destiné à lutter contre l'anorexie mentale chez les top-modèles, les participants à des concours de beauté et ce, en collaboration avec les représentants de l'industrie de la mode belge, les représentants de concours de beauté, les représentants des médias et les publicitaires. Vous savez qu’il s’agit ici plus de la compétence des Communautés (matière personnalisable) et je vous invite donc à interroger mes homologues des entités fédérées en la matière. En tout cas je peux vous dire qu’en mai dernier, au niveau du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles une résolution a été déposée en ce sens.