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SENAT DE BELGIQUE


SESSION ORDINAIRE 1997-1998
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COMPTE RENDU ANALYTIQUE


SEANCE PLENIERE

Séance de l'apres-midi - Jeudi 30 avril 1998

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SOMMAIRE




PRISE EN CONSIDERATION

QUESTIONS ORALES
de M. Ceder (fédéralisation et régionalisation de la justice);
de M. Mahoux (accord multilatéral sur les investissements);
de M. Loones (ancienne base navale de Nieuport);
de M. Bourgeois (généraux de brigade);
de M. Devolder (graines de pavot);
de Mme Willame-Boonen (soins de santé);
de M. Hatry (politique fiscale discriminatoire).

DEMANDES D'EXPLICATIONS
de Mme Willame-Boonen, MM. Loones, Poty et Vergote (fermeture de bureaux de poste) au vice-premier ministre et ministre de l'économie et des télécommunications. (Orateurs : Mme Willame-Boonen, MM. Loones, Poty, Vergote, Mahoux et Di Rupo, vice-premier ministre et ministre de l'économie et des télécommunications.)

DEMANDE D'EXPLICATIONS
de Mme Willame-Boonen (résulats de la mise en oeuvre de la réforme du statut des ONG) au secrétaire d'Etat à la coopération au développement. (Orateurs : Mme Willame-Boonen, MM. Mahoux et Moreels, secrétaire d'Etat à la coopération au développement.)

QUESTION ORALE
de Mme de Bethune (abolition de la torture).

DEMANDES D'EXPLICATIONS JOINTES
de MM. Olivier, Ph. Charlier et Hostekint (assassinat d'une missionnaire belge au Kananga) au ministre des affaires étrangères. (Orateurs : MM. Olivier, Ph. Charlier, Hostekint et Derycke, ministre des affaires étrangères.)

ORDRE DES TRAVAUX

DEMANDE D'EXPLICATIONS
de M. Hostekint (évolution des relations entre la Belgique et le Congo) au secrétaire d'Etat à la coopération au développement. (Orateurs : MM. Hostekint et Moreels, secrétaire d'Etat à la coopération au développement.)

PRISE EN CONSIDERATION

DEPOT DE PROPOSITIONS

COMMISSIONS

DEMISSION ET NOMINATION DE MEMBRES DU GOUVERNEMENT

SENATEUR CESSANT DE SIEGER

EVOCATIONS

NON-EVOCATIONS

COUR D'ARBITRAGE

ENTREPRISES PUBLIQUES ECONOMIQUES

MESSAGES DE LA CHAMBRE





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PRESIDENCE DE M. SWAELEN, PRESIDENT

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La séance est ouverte à 15 h 05 m.





PRISE EN CONSIDERATION



M. le Président. - L'ordre du jour appelle le vote sur la prise en considération de propositions.

Vous avez reçu la liste des différentes propositions à prendre en considération, avec indication des commissions auxquelles le Bureau envisage de les renvoyer.

Je prie les membres qui auraient des observations à formuler de me les faire connaître avant la fin de la séance.

Sauf suggestion divergente, je considérerai ces propositions comme prises en considération et renvoyées aux commissions indiquées par le Bureau. (Assentiment.)





QUESTIONS ORALES

Défédéralisation de la justice


M. Ceder (Vlaams Blok) (en néerlandais). - Début avril, le député Van Parys déclarait dans le journal De Standaard ne plus vouloir être mêlé à des problèmes d'une certaine région du pays. En effet, lorsqu'il siégeait à la Commission Dutroux, il s'est rendu compte qu'il y avait une différence de mentalité entre la Flandre et la Wallonie. Il a donc plaidé en faveur de la défédéralisation de la police et de la justice. Maintenant qu'il est ministre de la justice, M. Van Parys défend-il toujours le même point de vue ? Quelles mesures prendra-t-il afin de concrétiser ce projet ?

M. Van Parys, ministre de la justice (en néerlandais). - Je me réjouis que les nécessaires réformes de la police et de la justice puissent être menées dans le cadre de la structure fédérale actuelle. En effet, le gouvernement a déposé plusieurs projets de loi à la Chambre. Quant aux partis démocratiques, ils ont fait part de leur volonté de participer à ces réformes.

M. Ceder (Vlaams Blok) (en néerlandais). - J'espère que le ministre a raison, mais j'ai des craintes.



Accord multilatéral sur les investissements


M. Mahoux (PS). - Le Conseil des ministres de l'OCDE aurait décidé soit de suspendre soit d'arrêter les discussions concernant l'accord multilatéral sur les investissements. Je me réjouis de l'attitude du gouvernement belge face à ce projet contesté.

Dans une précédente demande d'explications, j'avais insisté sur la nécessaire prise en compte du social, de l'environnemental, du culturel et du développement. J'avais plaidé aussi pour la nécessité de rendre contraignant le code de bonne conduite des sociétés multinationales.

Quelle est la nature de l'arrêt des négociations ? Et quelles sont les positions prises par les autres membres de l'OCDE par rapport à l'attitude du gouvernement belge ?

M. Poncelet, ministre de la défense nationale. - Je vais vous lire la réponse que vous a préparée mon collègue Maystadt.

La réunion des ministres a décidé de suspendre temporairement les dicussions sur l'accord. Cette pause sera mise à profit pour tirer un bilan des négociations précédentes. Elle permettra aussi de faire un lien avec les discussions à l'OMC. En fin de compte, nous pensons que cet accord doit être le plus large possible et doit donc être négocié à l'OMC. Nous avons fait valoir les mêmes préoccupations que vous pour ce qui concerne les aspects sociaux et environnementaux.

Ce coup d'arrêt doit être compris comme le refus d'une libéralisation excessive sans garde-fou.

En octobre, les représentants des différents ministres redéfiniront le mandat des négociateurs dont la portée sera réduite.

J'ai particulièrement insisté sur six points : l'incorporation des normes sociales et environnementales au texte de la convention ainsi que la compatibilité de l'AMI avec les accords internationaux en la matière, l'insertion d'une exception générale en matière culturelle au sens le plus large, l'inclusion de la clause « REIO » dans le texte, l'insertion de principes directeurs pour les sociétés multinationales avec un code de bonne conduite des entreprises, l'interdiction des boycotts secondaires décidés unilatéralement par un Etat et, enfin, l'inclusion de la possibilité d'invoquer une exception générale pour des mesures relatives à la protection de l'intérêt général.

Nos partenaires partagent ces préoccupations et la Belgique, quoi qu'isolée au départ sur certains points, a réussi à convaincre le Conseil.

M. Mahoux (PS). - Je vous remercie pour vos réponses mais ne foudrait-il pas aussi exclure de l'accord le secteur de la santé ?

On pourrait, profiter du répit pour approfondir la réflexion sur ce point. J'en ferai part à mon collègue.



Ancienne base navale de Nieuport


M. Loones (VU) (en néerlandais). - Dans le cadre du plan de remise en état de la zone naturelle « IJzermonding », l'ancienne base navale doit être achetée et démantelée par la Région flamande. Toutefois, le transfert de propriété n'a pas encore eu lieu.

Où en est le dossier relatif à l'ancienne base navale ? Quelles sont les raisons du blocage du transfert de propriété à la Région flamande ? La défense nationale est-elle associée à l'exécution du plan de remise en état de la zone naturelle ? La zone est-elle encore utilisée par l'armée ? Une décision de désaffectation a-t-elle été prise ? A-t-on pris des contacts avec des tiers au sujet de la réalisation du plan ?

M. Poncelet, ministre de la défense nationale (en néerlandais). - Le dossier relatif à l'ancienne base navale de Nieuport a été transmis en juin 1996 au comité d'acquisition de biens immobiliers à Bruges. J'ai demandé l'urgence. Le dossier accuserait à présent un certain retard en raison de l'élaboration d'un nouveau plan de remise en état de la zone naturelle. Etant donné que la base navale est la propriété de l'Etat fédéral, seul le ministère des finances peut procéder à sa vente.

Le ministère de la défense nationale n'est pas associé à l'exécution du plan. J'ai donné au ministre flamand compétent l'autorisation d'entamer les travaux de déblaiement en attendant le transfert de propriété.

M. Loones (VU) (en néerlandais). - Cette réponse me rassure. On dit en effet qu'il y aurait d'autres candidats acheteurs. En ce qui concerne la vente, nous prendrons contact avec le ministre des finances.



Nomination de généraux de brigade


M. Bourgeois (CVP) (en néerlandais). - A la mi-mars, un journal a signalé que d'ici la fin de cette année, huit des dix généraux de brigade seraient francophones : cinq généraux de brigade francophones à la force terrestre, un général de brigade néerlandophone et un francophone à la force aérienne, et un général de brigade néerlandophone et deux francophones à la force navale.

Les deux nominations qui doivent avoir lieu à la fin de cette année sont-elles déjà décidées ? Quels critères objectifs applique-t-on pour nommer des colonels en tant que général de brigade ? Comment le ministre peut-il justifier qu'à la force navale, où plus de 70 % des militaires sont néerlandophones, un seul néerlandophone ait obtenu le grade de général de brigade, tandis qu'à la force terrestre il n'y aura plus aucun néerlandophone ?

M. Poncelet, ministre de la défense nationale (en néerlandais). - Les généraux de brigade sont des colonels qui sont nommés pour une durée et à des conditions déterminées. A la fin de leur mandat, ils redeviennent colonels. La préférence est donnée aux colonels qui ont le meilleur profit pour la fonction à conférer. Seuls les colonels qui ont une connaissance approfondie des langues nationales entrent en ligne de compte. Le régime linguistique auquel ils appartiennent n'est pas prépondérant.

Il est exact que l'attaché militaire à Washington sera remplacé par un colonel francophone. Cette personne s'est avérée la plus apte à exercer cette fonction. Sa désignation n'implique toutefois pas qu'elle sera automatiquement nommée au grade de général de brigade. A l'UEO, le commodore sera remplacé à la fin de cette année par un officier francophone. L'expérience internationale acquise par ce dernier à un niveau élevé le rend particulièrement apte à exercer cette fonction.

Les proportions linguistiques doivent être considérées dans leur globalité. Le 1er avril 1998, il y avait, parmi les 46 officiers supérieurs, un nombre identique de néerlandophones et de francophones. Les chiffres peuvent varier en fonction des circonstances. L'unique vice-amiral est un néerlandophone et sur 10 capitaines de vaisseau, il y a 9 néerlandophones.

On peut évidemment toujours trouver des discriminations linguistiques dans un grade déterminé. Toutefois, le comité des chefs d'état-major réunit autour de la table cinq néerlandophones et deux francophones. Cela pourrait quand même constituer un signe de ma bonne volonté.

M. Bourgeois (CVP) (en néerlandais). - Je me réjouis des explications circonstanciées et des signes de bonne volonté dont le ministre a fait preuve, ainsi que du fait que l'on veille au respect des équilibres.



Interdiction d'utiliser des graines de pavot


M. Devolder (VLD) (en néerlandais). - La possibilité d'une interdiction des graines de pavot dans le secteur de l'alimentation a causé beaucoup d'émoi. A la lecture de la litérature scientifique, cette interdiction ne peut certainement pas être motivée sur la base d'effets nocifs pour la santé publique. Toutefois, il est vrai que, contrairement aux graines de pavot en provenance de Tchéquie ou des Pays-Bas, les graines australiennes et espagnoles donnent des résultats positifs lors de la détection de drogues dans les échantillons d'urine. Les graines de pavot espagnoles contiennent un quart de miligramme de morphine par gramme, tandis que la variété néerlandaise n'en contient que quatre millièmes de milligramme.

Il n'y a donc pas de menace pour la santé publique, mais la quantité de morphine et de codéine peut, dans certains cas, s'avérer suffisante pour donner lieu à des tests de dépistage positifs.

Le ministre interdira-t-il l'utilisation des graines de pavot dans l'industrie alimentaire ? Dans l'affirmative, comment envisage-t-il de concilier cette mesure avec la politique générale du gouvernement qui recommande aux procureurs généraux de faire preuve de tolérance en matière de drogues douces ?

Mme De Galan, ministre des affaires sociales (en néerlandais). - Au nom de mon collègue Colla, je vous informe qu'un des objectifs principaux de l'arrêté royal relatif aux préparations à base de plantes est d'empêcher que certaines préparations sans danger, sous forme concentrée, ne soient commercialisées à des fins autres qu'alimentaires. Plusieurs commissions sans danger, sous forme concentrée, ne soient commercialisées sans danger, sous forme concentrée, ne soient commercialisées à des fins autres qu'alimentaires. Plusieurs commissions consultatives scientifiques ont mis les graines de pavot sur la liste des produits prohibés afin d'éviter la vente déguisée de mélanges à base de morphine et de codéine dans les « smartshops ». L'objectif n'est pas d'interdire l'utilisation des graines de pavot dans l'industrie alimentaire. On a quand même sollicité l'avis de la commission d'accompagnement compétente. Celle-ci a rendu son avis ce matin au ministre et à l'inspection des denrées alimentaires.

Elle y autorise l'utilisation de graines de pavot comme matière première dans les produits de boulangerie. En ce qui concerne la vente libre, il convient de préciser clairement que les graines de pavot sont utilisées comme matière première lors de la confection des produits précités. La forme concentrée prédosée reste interdite.

M. Devolder (VLD) (en néerlandais). - Un problème subsiste en ce qui concerne le dépistage de la consommation de drogues. On devra relaxer un sportif lorsqu'il prétendra avoir mangé des graines de pavot. Je ne comprends par pourquoi des commissions scientifiques doivent se réunir si longtemps alors que les données sont disponibles.



Soins de santé


Mme Willame-Boonen (PSC). - La Cour européenne de Luxembourg a estimé que l'exigence d'une autorisation préalable d'une mutualité pour se faire soigner dans un autre pays est en contradiction avec le principe de libre prestation des services et de libre circulation des marchandises.

La nouvelle jurisprudence contenue dans cet arrêt ne risque-t-elle pas d'entraîner une perte de revenus importants pour de nombreux prestataires de soins belges et quelles en seront les conséquences sur l'assurance maladie-invalidité ?

Mme De Galan, ministre des affaires sociales. - L'avis de l'auditeur laissait augurer les arrêts rendus par la Cour de justice de Luxembourg.

La jurisprudence développée à cette occasion, au départ de cas individuels, n'a pas d'incidence directe sur notre réglementation. Tous les Etats membres sont d'autant plus concernés qu'une contradiction existe entre les règles du traité et celles du règlement 1408/71 relatif à la coordination des régimes de sécurité sociale pour le travailleur migrant.

Un groupe de travail intercabinets se réunira rapidement pour préparer l'attitude de la Belgique.

La suppression de l'autorisation préalable n'est pas de nature à avoir une incidence financière directe sur la sécurité sociale belge puisque la Cour a retenu le principe d'un remboursement des fournitures et prestations délivrées dans un autre Etat membre aux taux du pays d'affiliation.

On peut toutefois s'attendre à des surcharges administratives et, compte tenu du caractère extrêmement attractif de notre système de santé, à un accroissement de la clientèle de nos hôpitaux, notamment en région frontalière.



Politique fiscale discriminatoire


M. Hatry (PRL-FDF). - Une fois de plus, la commission reproche à notre pays le non-respect de normes européennes. En effet, la Belgique refuse la déductibilité des intérêts et, le cas échéant, du capital résultant d'un prêt hypothécaire, lorsque cet emprunt est contracté auprès d'une entreprise non-belge.

Depuis longtemps, mon groupe politique attire l'attention du ministre des affaires économiques sur cette atteinte à la libre circulation des capitaux et des prestations de service. L'invocation abusive d'un prétendu « intérêt général », afin de protéger les consommateurs, n'est rien d'autre que du protectionnisme.

Que compte faire le ministre des affaires économiques pour éviter que la Belgique n'apparaisse une fois encore comme le mauvais élève de l'Europe ?

M. Di Rupo, vice-premier ministre et ministre de l'économie et des télécommunications. - Le ministre des finances me prie d'indiquer qu'il n'a toujours pas reçu l'avis motivé que la Commission européenne envisage d'adresser à la Belgique. Il rappelle qu'il n'est pas exigé que l'emprunt soit conclu en Belgique, mais que l'administration fiscale a toujours soutenu que les emprunts hypothécaires étaient liés au régime des assurances-vie pour lesquelles un contrat signé en Belgique est exigé. Cette position devra vraisemblablement être revue.

J'ajoute en tant que ministre des affaires économiques, que les règles de contrôle prudentiel en matière d'assurances et de crédits sont établies au niveau européen et que seule une déclaration d'établissement est requise des entreprises étrangères européennes désireuses de s'activer chez nous dans ce secteur.

Par contre, les règles de défense des consommateurs ne sont pas harmonisées. Elles s'appliquent néanmoins à toutes les entreprises établies en Belgique indépendamment de leur nationalité.

Sans doute devons-nous éviter d'être considérés comme le mauvais élève de l'Europe, mais il ne faut pas non plus laisser le consommateur sans protection.

M. Hatry (PRL-FDF). - Je remercie le ministre pour sa réponse conjointe, compliquée et complexe.

La Belgique va donc se laisser assigner à Luxembourg. Cela ne ma paraît pas une solution heureuse. Corrigeons-nous plutôt avant d'être condamnés une fois de plus pour notre retard.





DEMANDES D'EXPLICATIONS AU VICE-PREMIER MINISTRE ET MINISTRE DE L'ECONOMIE ET DES TELECOMMUNICATIONS DE Mme WILLAME-BOONEN,
sur « les nouvelles politiques menées par La Poste »


DE M. LOONES,
sur « la fermeture de bureaux de poste »


DE M. POTY,
sur « la fermeture de bureaux de poste dans la région de Charleroi » et


DE M. VERGOTE,
sur « la fermeture imminente de 200 bureaux de poste locaux »

Mme Willame-Boonen (PSC). - Pour satisfaire aux critères de qualité du contrat de gestion, La Poste va remanier ses implantations. Le plan de restructuration vise à augmenter la productivité de 10 % en deux ans.

Au 1er mai 1998, 200 bureaux peu rentables seront fermés. Il n'y aura pas de perte d'emplois car La Poste va concentrer ses ressources dans les autres bureaux. Cela posera cependant des problèmes aux habitants des zones concernées qui ne bénéficieront plus d'un service de proximité.

Les facteurs prendront en charge un certain nombre d'opérations. J'ai peine à imaginer la faisabilité de la chose. De plus, qu'en sera-t-il des pensions ? Cela risque d'augmenter le nombre d'attaques de facteurs.

Le 2 mars dernier, La Poste bloquait les comptes courants de milliers de personnes en situation irrégulière. Cette mesure a touché les chômeurs et les allocataires sociaux. La Poste avait pourtant l'habitude d'aider les plus démunis.

L'Association belge des Banques possède une charte contre l'exclusion bancaire qui garantit un minimum de services.

Combien de comptes restent encore bloqués ? Le Postchèque adoptera-t-il désormais la même approche que les autres institutions financières privées ?

Je m'interroge sur ce changement de politique et sur l'estompement du rôle social de La Poste. Supprimera-t-on toute différence avec les services privés ?

M. Loones (VU) (en néerlandais). - Il est dommage que la direction de La Poste n'ait pas renoncé à la décision de fermer 200 bureaux. Nous ne pouvons plus rester indifférents face au malaise qui règne à La Poste. Contrairement aux autres pays, la rationalisation s'accompagne d'une dégradation du service. On ne compte plus les plaintes pour cause d'erreurs et de livraisons tardives. De plus, outre les 200 bureaux, en envisagerait également la fermeture ultérieure de plusieurs centaines de bureaux.

Jusqu'où ira la restructuration ? Est-il exact que l'on envisage de fermer ultérieurement plusieurs centaines d'autres bureaux ? La fermeture et les dysfonctionnements sont-ils compatibles avec les principes d'un service publique de qualité ? Une privatisation totale peut-elle encore être différée ? Le ministre est-il disposé à faire procéder à une évaluation approfondie du service dans les pays voisins et à en tirer les conclusions qui s'imposent ?

M. Poty (PS). - Les bureaux de poste de Marchienne 3, Dampremy 1, Goutroux et La Docherie seront fermés. Quels sont les critères choisis pour établir la liste des bureaux à supprimer ? Comme le conseil communal de Charleroi, je pense que ces fermetures sont arbitraires.

Cette décision ne tient pas compte des missions de service public imposées à La Poste. Les habitants économiquement défavorisés constituaient une clientèle fidèle. Que pense le ministre de cette situation ?

Ne pouvez-vous intervenir pour que l'on revoie ces fermetures ? Le conseil communal collaborerait pour relocaliser les bureaux de poste menacés à des endroits satisfaisants.

La Poste réalisera-t-elle un effort en ce qui concerne les heures d'ouverture pour accroître l'accessibilité et la rentabilité de ses bureaux ?

M. Vergote (VLD) (en néerlandais). - Au 1er mai, 200 bureaux de poste locaux fermeront. Or, ils remplissent une importante fonction sur le plan social. Ce sont essentiellement les régions à faible densité de population qui seront touchées, étant donné que la règle des cinq kilomètres pose davantage de problèmes dans ces régions qu'en milieu urbain. Les critères sur lesquels La Poste se fonde pour fermer certains bureaux font d'ores et déjà l'objet de critiques. Les petits bureaux de quartier ne seraient pas rentables et le service y est trop limité. Une évaluation fondée sur le critère du chiffre d'affaires est incomplète. L'intégration d'un paramètre social donnerait incontestablement d'autres résultats. Le ministre est-il disposé à le faire ?

Les fermetures s'inscriraient dans le cadre d'un plan de restructuration axé sur la modernisation et l'informatisation. On ne peut procéder à une réorganisation globale et accroître l'impact commercial que si l'on conserve une proximité suffisante avec les clients, a fortiori lorsqu'il s'agit d'un service de base tel que la distribution du courrier. Il existe d'autres méthodes que la fermeture de bureaux locaux pour faire des économies et augmenter le rendement.

Le ministre de tutelle est tenu d'intervenir lorsqu'une entreprise autonome risque de commettre une erreur irréparable. Le contrat de gestion dispose que La Poste doit dispenser un service universel de qualité. A cet effet, elle dispose d'un budget de 8,5 milliards. Le ministre évaluera-t-il le service de La Poste en fonction des exigences relatives à un service universel de qualité ? La fermeture de 200 bureaux entraîne une diminution des prestations. Il est logique que le budget soit également revu à la baisse.

Des protestations s'élèvent de toutes parts contre la fermeture des bureaux de poste locaux. De nombreuses administrations communales ont voté des motions unanimes en faveur du maintien des bureaux locaux. Un certain nombre d'entre elles veulent mettre des locaux à disposition pour pouvoir maintenir le service.

Le ministre a déclaré à la Chambre que La Poste n'envisage pas de nouvelles fermetures, mais il a ajouté que cela dépendra également d'un examen plus approfondi des différents points de vente, de la conjoncture économique et du rythme auquel s'effectue la libéralisation du marché européen.

Je voudrais dès lors soumettre les questions suivantes au ministre. Quels sont les critères appliqués pour la fermeture des bureaux de poste ? Combien y aura-t-il encore de phases de fermeture ? Combien de bureaux de poste seront en fin de compte maintenus ? Qu'advient-il de la règle des cinq kilomètres ? Dans quelle mesure les services actuellement offerts par La Poste répondent-ils aux critères du contrat de gestion ? La Poste « dégraissée » y satisfera-t-elle encore ? Prendra-t-on des mesures de protection en faveur des personnes socialement défavorisées et du troisième âge ? Si oui, lesquelles ? Comment le ministre justifie-t-il le fait que La Poste reçoit encore plus de 8 milliards à titre de compensation pour les tâches de service public qui lui sont imposées, alors qu'elle réduit constamment les services offers au public ? Le ministre ignorera-t-il les centaines de motions votées à l'unanimité par les conseils communaux ? Le ministre tiendra-t-il compte des propositions de nombreuses administrations communales visant à organiser des activités postales dans des bâtiments communaux ?

M. Mahoux (PS). - Nombre de citoyens auront à vivre les mesures prises de façon linéaire. Les conseils communaux votent à l'unanimité des motions contestant la fermeture de certains bureaux de poste. Les critères appliqués pour les fermetures ont-ils pris en compte l'aspect social en ce qui concerne les habitants et les communications ?

En tout état de cause, le conseil communal de Namur a voté une motion contestant la fermeture des bureaux de Temploux et de La Plante. Qu'en est-il du bureau de Falisolle où l'emploi semble particulièrement menacé ?

J'espère que chaque suppression sera évaluée en fonction de l'ensemble des critères prévus et que des informations seront fournies aux usagers et aux autorités locales.

M. Di Rupo, vice-premier ministre et ministre de l'économie et des télécommunications (en néerlandais). - La Poste est une entreprise publique autonome qui est tenue aux principes d'une saine gestion. L'entreprise est en outre confrontée à un environnement en pleine évolution. La décision de fermer plusieurs bureaux de poste s'inscrit dans le cadre de la préparation de la libéralisation du marché postal européen. Un projet de loi sera déposé au Parlement sous peu afin de transposer les directives européennes en droit belge. Ce projet définit le service universel. Les directives européennes limitent déjà actuellement le monopole de La Poste en ce qui concerne le poids et le prix des envois adressés. Des produits de qualité et efficaces sont nécessaires pour répondre aux défis, ce qui implique la fermeture des bureaux qui ne satisfont pas aux normes de qualité.

La fermeture de 200 bureaux est nécessaire parce qu'il s'agit de petits bureaux qui ne satisfont pas à ces normes.

En contrepartie, on investira dans la formation des guichetiers et des facteurs. Le réseau est en pleine expansion. Certains bureaux sont fermés, mais d'autres seront ouverts.



(Poursuivant en français.)

Les critères utilisés pour sélectionner les bureaux qui doivent être supprimés sont multiples. Outre le volume d'activités, l'étendue de la zone desservie, l'état des bâtiments et la présence d'un bureau par commune fusionnée, on a également tenu compte de la concurrence interne qui doit être évitée et on s'est refusé à fermer un bureau lorsqu'aucun autre n'était ouvert dans un rayon de 5 kilomètres.

Le service à la clientèle sera amélioré. Certains bureaux seront ouverts le samedi ou un jour par seamine jusqu'à 18 h 30 m. Sur un simple coup de fil ou grâce à une affichette apposée à la fenêtre, toute personne pourra bénéficier de différents services à domicile assurés par le facteur. Celui-ci disposera d'ailleurs de plus de temps dans les localités dont le bureau a été fermé. En outre, il a été prévu d'étendre le réseau actuel des 1 546 débits de timbres, de cartes postales, etc.

Aucune fermeture additionnelle n'est prévue par La Poste. La fermeture des bureaux n'a pas été influencée par un critère de sécurité des facteurs.

Vous demandez souvent au ministre de se mettre à la place de l'administrateur délégué de La Poste. Vous avez cependant voté la loi de 1991 qui crée les entreprises autonomes.

Sur base de cette loi, le ministre peut uniquement vérifier, grâce à un commissaire gouvernemental siégeant au sein du conseil d'administration, si les actes posés par l'entreprise autonome sont légaux et correspondent bien au contrat de gestion. Je n'ai donc aucune autorité pour intervenir.

La Poste est une entreprise qui bénéficie d'une excellente réputation. Le réseau des bureaux de poste dans notre pays est extraordinairement dense, malgré la fermeture de 200 petits bureaux. Sur le plan technologique, La Poste ne peut qu'opter pour l'informatisation, avec les conséquences que cela implique. Le fax et les e-mails ont bouleversé ses missions traditionnelles.

Le marché des services postaux ne sera pas intégralement ouvert avant 2003. Pour les services express et pour la publicité non-adressée, La Poste doit déjà subir la concurrence de ses homologues hollandais, français ou allemand. Le marché belge est en effet convoité par tout le monde.

Dans ces circonstances, La Poste doit entamer un dialogue permanent avec son personnel.

Si elle ne bouge pas, la situation des 45 000 collaborateurs actuels deviendra catastrophique.

Ne pas bouger, c'est se condamner à disparaître. La Poste est tenue à des services déficitaires comme la franchise postale, la distribution des journaux et périodiques et le paiement des pensions à domicile qui font partie du service universel et que l'Etat prend en charge.

Le Postchèque a décidé de procéder à la mise à zéro des comptes débiteurs irréguliers, dits « comptes dormants ». Les clients concernés ont été informés en février dernier et il n'existe désormais plus de comptes dont la clôture pourrait porter préjudice au titulaire sauf s'il est parti sans laisser d'adresse.

L'ouverture d'un compte courant postal sans facilité de crédit est un droit garanti à tous.

Mme Willame-Boonen (PSC). - Je remercie le ministre pour sa réponse très complète qui ne m'a toutefois pas entièrement convaincue en ce qui concerne la sécurité des facteurs chargés du paiement des pensions à domicile et qui devront transporter des sommes plus importantes. De plus, les bureaux moins nombreux détiendront eux aussi plus d'argent dans leurs caisses.

M. Loones (VU) (en néerlandais). - Selon le ministre, la fermeture de 200 bureaux de poste est une décision dictée par les impératifs de bonne gestion. Il a notamment mis l'accent sur la vétusté des locaux. Il n'y a aucune raison valable de procéder à cette fermeture. En effet, plusieurs administrations communales ont proposé de mettre des locaux et du personnel à disposition. La fermeture des bureaux doit être évaluée au cas par cas.

Le ministre déclare ne pas avoir connaissance d'une nouvelle vague de fermetures. J'espère qu'il insistera pour obtenir davantage d'explications.

La Poste est une entreprise publique autonome. Dotée de ce statut, elle était censée devenir une entreprise plus performante. L'objectif n'est pas atteint. Les entreprises publiques autonomes demeurent des entreprises publiques avec tous les inconvénients que cela comporte : elles sont aux mains de syndicats politisés.

En ce qui concerne la compétitivité, le ministre a compris la gravité de la situation. Dans d'autres pays, tels que les Pays-Bas, par exemple, le service est bien meilleur. Chez nous, La Poste n'est soumise à aucun engagement de résultat en ce qui concerne la livraison du courrier express. Il est affligeant que l'Etat belge injecte plus de huit milliards par an dans La Poste pour un service minimum, à l'heure où celle-ci supprime une partie de ses services là où les besoins sociaux sont les plus pressants.

M. Vergote (VLD) (en néerlandais). - Je regrette que la décision de fermeture ce 1er mai soit irrévocable. Je suis convaincu qu'il eut été possible d'atteindre un niveau de rentabilité satisfaisant, par une meilleure gestion.

Si La Poste est autonome, est-il encore besoin de désigner un ministre compétent ? La réponse du ministre est le meilleur plaidoyer en faveur de la privatisation de La Poste.

M. Di Rupo, vice-premier ministre et ministre de l'économie et des télécommunications. - Les derniers propos de notre collègue ne sont pas du tout à l'ordre du jour.

- Les incidents sont clos.





DEMANDE D'EXPLICATIONS DE Mme WILLAME-BOONEN AU SECRETAIRE D'ETAT A LA COOPERATION AU DEVELOPPEMENT, ADJOINT AU PREMIER MINISTRE,
sur « les premiers résultats de la mise en oeuvre de la réforme du statut des ONG et de leur cofinancement »


Mme Willame-Boonen (PSC). - Voici plus de deux ans, monsieur le secrétaire d'Etat, que vous vous êtes lancé avec idéalisme et dynamisme dans la réforme de notre coopération au développement. Le développement est une nécessité morale, économique et politique qui profite à tous dans un contexte de mondialisation des échanges.

Le chiffre mythique des 0,7 % du PNB reste un idéal. Vous avez proposé un plan de réforme majeur de l'AGCD par la création de la CTB. Sans doute aussi êtes-vous le plus « ONGiste » des responsables de la coopération puisque par l'arrêté royal du 18 juillet 1997 et l'arrêté ministériel du 11 septembre 1997, vous avez amplifié le rôle des organisations non gouvernementales dans la réalisation de notre action de solidarité internationale.

Cette réforme a toutefois généré une surcharge administrative importante au point que de nombreuses ONG, surtout celles de petite taille, craignent de se retrouver dans l'impossibilité de poursuivre leurs activités. La question du cofinancement reste donc posée.

Nous sommes préoccupés du sort des petites ONG qui ne correspondent pas au modèle prévu par la réforme. A ce problème, s'ajoute celui de la répartition des fonds.

Pouvez-vous présenter un bilan de l'application de la réforme en ce qui concerne l'acceptation des demandes d'agrément et celle des programmes pour 1998 ? Etes-vous optimiste ? Quels sont les procédures et les critères mis en oeuvre ? Qui a appliqué ces procédures ? Les choix ne seraient pas transparents et certains refus n'ont pas été motivés.

Les petites ONG ont été encouragées à former des consortiums afin de bénéficier d'un financement plus intéressant. Or, il semble que les financements des consortiums soient inférieurs à la somme de ceux obtenus antérieurement par leurs membres.

Les demandes de subsides ont dépassé l'enveloppe disponible. Qui a réalisé les expertises sur les programmes ? Comment ont été effectués les arbitrages, avec quels modes de calculs et selon quels critères ? Les avis de l'administration n'auraient pas été suivis. Les ONG ne comprennent pas les calculs.

Depuis 1991, les ONG de taille importante ont été privilégiées. Les ONG francophones de taille réduite ont subi ce déséquilibre. La nouvelle réforme l'accentue encore. Que comptez-vous faire pour le corriger ?

Le calcul des subsides est basé sur la moyenne de ceux obtenus durant les trois années précédentes. Ces bases de calcul sont faussées car des projets ont été repoussés d'années en années. Il faut en tenir compte.

Certaines ONG vont éprouver des difficultés financières en 1998 si la situation n'est pas rectifiée. Il faut dégager des compléments pour ne pas porter préjudice aux actions de développement. Disposez-vous de moyens supplémentaires pour corriger les effets pervers, les maladies de jeunesse, de la réforme ?

Je souhaiterais que la réponse contienne des données chiffrées et des statistiques.

M. Mahoux (PS). - La demande d'explication de Mme Willame développe les questions orales posées il y a trois semaines. Les réponses ont-elles évoluées ?

Nous sommes nombreux à nous interroger avec les ONG francophones sur la distorsion dans la distribution des fonds entre les deux communautés. Cette allocation des ressources suscite aussi des critiques d'ONG néerlandophones.

Je crois savoir que des contacts ont été rétablis entre les représentants des ONG et le secrétariat d'Etat. Je m'en réjouis. Il est indispensable que les critères s'appliquent de la même façon à tous car c'est la seule manière d'améliorer le travail des ONG au bénéfice des habitants des pays en voie de développement.

La continuité de l'action sur le terrain est garante de son efficacité. Il ne faut pas qu'elle soit mise en péril par les décisions prises ici. Après les corrections prévues pour 1998, il faudra envisager aussi de rectifier la répartition des subsides pour le futur. J'espère que le dialogue entre le parlement, le secrétariat d'Etat et les ONG permettra une modification de la répartition des subsides.

M. Moreels, secrétaire d'Etat à la coopération au développement. - En ce qui concerne les ONG, 156 ont introduit une demande d'agrément et, à ce jour, 129 ont été agréées. Par ailleurs, 79 programmes s'échelonnant de 1998 à 2002, ont été introduits, ce qui indique qu'un nombre important d'ONG se sont groupées en consortium. Au total, après des procédures de recours, 65 programmes ont été approuvés en tout ou en partie sur les 79 programmes présentés. Ces programmes ont été examinés par des experts indépendants et les avis ont été confrontés et synthétisés au cours de réunions communes. Pour les programmes approuvés, les demandes de financement de 63 plans d'action ont été rencontrées.

Budgétairement, les activités de financement réclamaient un montant de 2,6 milliards sur base de l'examen de qualité d'actions acceptables alors que seulement 1,6 milliard était disponible.



M. Mahoux, premier vice-président,
remplace M. Swaelen au fauteuil présidentiel


De ce fait, il a fallu procéder à une réduction des subsides entre deux valeurs limites, soit une augmentation maximale de 35 % pour les petites ONG et de 5 % pour les plus grandes et une augmentation zéro pour les autres.

Un certain nombre d'éléments ont été pris en compte : la notion de consortium, l'analyse qualitative, la présence dans les PMA, les subsides arrivant à échéance en 1998 et, enfin, en application de l'article 6 de l'arrêté royal, un niveau de protection des petites ONG de 2 millions de francs pour le financement de partenaires et de 1,5 million pour l'éducation et la prestation de services.

Ces critères ont été transmis pour information aux fédérations des ONG dès le 13 mars.

Cependant, il faut admettre qu'une réforme d'une telle ampleur implique certains devoirs : la volonté de l'administration de respecter des délais particulièrement courts, l'information de l'ensemble des ONG dans l'immédiat, la comparaison des subsides entre ONG susceptibles de provoquer des réactions négatives et, enfin, la procédure appliquée par les experts en vue d'approfondir certains aspects des programmes des ONG.

La collaboration des ONG entre elles a été reconnue comme opportune par les milieux concernés. Cependant, les consortiums récemment constitués ont connu des difficultés, notamment budgétaires. J'admets donc qu'un certain nombre de programmes d'adaptation doivent être remis au point et j'entamerai une concertation avec la fédération des ONG à partir du 6 mai prochain.

Aucun critère d'ordre linguistique n'a été utilisé. Si l'on examine les plans d'action 98, la répartition est la suivante : 15,88 % de francophones, 48,71 % de néerlandophones, 35,41 % de bilingues.

Rien, dans les textes légaux, n'impose de tenir compte du rôle linguistique des ONG pour l'affectation des subsides et j'ai toujours été attentif à ne pas créer de déséquilibre. Le déséquilibre du passé a été créé par la pratique du recours au cofinancement, le volume de l'apport propre, la participation à d'autres programmes et à la recherche de subsides auprès d'autres bailleurs de fonds.

En résumé, j'entamerai une concertation avec les fédérations d'ONG à partir du 6 mai tout en m'efforçant d'obtenir un geste politique et budgétaire de la part du gouvernement pour 1999. En outre, j'indiquerai clairement que les ONG en fonction peuvent avoir recours à des lignes budgétaires spécifiques encore disponibles pour 1998 et que je traiterai au cas par cas les problèmes cruciaux, notamment les pertes d'emploi. Enfin, j'invite les deux coupoles, soit le Comité national de coopération au développement et son pendant néerlandophone, à réfléchir à la tenue d'Etats généraux.

Mme Willame-Boonen (PSC). - Je vous remercie pour votre réponse. Je désirerais connaître précisément la ligne budgétaire adoptée pour 1998.

- L'incident est clos.





QUESTION ORALE

Convention sur la torture


Mme de Bethune (CVP) (en néerlandais). - Le cinquantième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme nous invite à poursuivre la lutte contre la torture. La conférence mondiale sur les droits de l'homme invite chaque pays à ratifier les conventions sur l'abolition de la torture. Au 31 décembre 1997, seulement 104 des 193 Etats membres des Nations Unies ont ratifié la déclaration de Vienne du 25 août 1993. La Belgique n'a pas encore fait les démarches nécessaires à cet effet.

Quels actes politiques le ministre posera-t-il pour rendre possible la ratification, par le parlement belge, de la convention des Nations Unies concernant l'abolition de la torture ?

Quels sont les obstacles éventuels à une telle procédure ? Quel est le point de vue du gouvernement concernant l'article 20, qui reconnaît la compétence d'un comité pour dépister les cas de torture, et l'article 22 où l'on examine les plaintes individuelles. Il est essentiel que les conventions soient adoptées sans réserve.

M. Derycke, ministre des affaires étrangères (en néerlandais). - Le dossier de ratification concernant l'abolition de la torture m'a été transmis récemment par mon collègue de la justice. Le gouvernement a la ferme intention de ratifier la convention. Le dossier est actuellement étudié par mon administration en vue de l'avis à émettre par le Conseil d'Etat et de la ratification ultérieure par le Parlement.

Le fait que la ratification n'ait pas encore eu lieu s'explique par la nécessité de modifier au préalable la loi pénale belge.

En ce qui concerne l'article 20, je puis affirmer que si le comité obtient des informations sérieuses sur des violations de la convention, cela peut donner lieu à l'échange de données, à une enquête et à un rapport. Cette procédure est confidentielle et doit se faire avec la collaboration de l'Etat visé. L'article 22 ne vise que des communications particulières en matière de violations. Le comité ne peut traiter de telles plaintes que si l'Etat concerné a reconnu au préalable la compétence du comité. La Belgique fera une déclaration dans ce sens lors du dépôt des instruments de ratification.

Je confirme que la ratification de ces instruments des Nations Unies est une priorité du gouvernement, entre autres en égard au cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l'homme.

Mme de Bethune (CVP) (en néerlandais). - J'espère que le parlement ratifiera la convention avant le 26 juin 1998, proclamé « Journée internationale contre la torture ». Je suivrai de près les déclarations du ministre sur l'article 22.





DEMANDES D'EXPLICATIONS JOINTES DE M. OLIVIER AU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES,
sur « l'assassinat de la missionnaire Anna Desrumeaux, originaire de Flandre occidentale, à Nganza, le jeudi saint »


DE MONSIEUR PH. CHARLIER AU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES,
sur « les accusations de responsabilité des autorités locales de Kananga (RDC) dans le meurtre d'une religieuse belge »


ET DE MONSIEUR HOSTEKINT AU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES,
sur « l'assassinat d'une missionnaire belge à Kananga (Congo) »

M. Olivier (CVP) (en néerlandais). - Le jeudi saint, la soeur missionnaire Anna Desrumeaux a été assassinée à Nganza.

Quatre soeurs ont pu échapper à la mort. D'après leur témoignage il s'agit d'un complot. Soeur Desrumeaux aurait refusé d'abandonner la direction de l'école. Hier, cinq soldats accusés du meurtre ont été arrêtés, ce qui confirme l'idée du complot. Lundi dernier, lors d'un vol avec effraction à Kinshasa, Mme Koustoff est décédée alors qu'elle rendait visite à ses fils.

Où en sont les deux enquêtes ? Ces événements pèsent-ils sur les relations diplomatiques entre le Congo et notre pays ? Quels ont été les contacts avec les autorités congolaises ? Le ministre a-t-il convoqué l'ambassadeur du Congo ? A-t-on obtenu des garanties que cet assassinat ne déclenchera pas de nouveaux actes de violence contre d'autres missions ? Le ministre a-t-il obtenu des garanties en ce qui concerne la sécurité de nos compatriotes au Congo ? Dans la négative, quelles mesures prendra-t-il ?

M. Ph. Charlier (PSC). - Les religieuses survivantes ont accusé les autorités locales d'être responsables de la mort de leur consoeur lors de l'attaque de leur mission à Nganza. Les incidents s'étaient multipliés au cours du mois d'avril et ils se poursuivent toujours. Le régime de Kabila tente d'effacer les traces. Quelles sont les dispositions prises à l'égard des autres Belges se trouvant au Congo ? Quelles sont les conséquences du sentiment anti-belge qui s'y développerait ?

Il semble que le crime n'était pas de nature crapuleuse mais que l'école privée gérée par les religieuses soit l'enjeu des incidents. Pouvez-vous, monsieur le ministre, nous informer plus complètement sur les circonstances de ce meurtre et nous indiquer les dispositions que vous avez prises pour tirer au clair les accusations répercutées par les médias ?

M. Hostekint (SP) (en néerlandais). - Nous connaissons les faits. Ils s'inscrivent dans une nouvelle situation de crise entre la Belgique et le Congo. Au début de ce mois déjà, il y eut un incident diplomatique, lorsque notre pays fut accusé d'être un Etat terroriste après la découverte d'armes au consulat.

D'autres événements alimentent notre méfiance à l'égard du Congo. La principale organisation de défense des droits de l'homme a été mise hors-la-loi. Tshishekedi est en résidence surveillée et des listes noires ont été découvertes. La démocratie s'étiole donc un peu plus jour après jour. La mission de l'ONU a été rappelée et hier, cinq militaires ont été arrêtés. Les tensions persistent. Nous devons réévaluer de manière approfondie nos relations avec le Congo.

A cet égard, la sécurité de nos compatriottes est un aspect essentiel.

Le ministre a-t-il eu un entretien personnel avec les quatre soeurs qui ont survécu à l'attaque de leur mission ? Quelles mesures envisage-t-on à l'égard des citoyens belges au Congo ?

Le ministres a-t-il demandé une enquête aux autorités congolaises ? Demandera-t-il, si nécessaire, à l'ambassade belge de mener sa propre enquête ?

M. Derycke, ministre des affaires étrangères (en néerlandais). - Il n'est pas excessif d'affirmer que l'assassinat de soeur Desrumeaux et de Mme Koustoff détériore encore davantage les relations déjà difficiles entre la Belgique et le Congo. Toutefois, le gouvernement belge veut conserver son calme parce que la situation pénible de la population congolaise constitue sa première préoccupation. Il est de notre devoir d'enquêter sur cette affaire.



(Poursuivant en français.)

On envisagea d'abord l'hypothèse d'un crime crapuleux. Le manque de confidentialité des transmissions ne permit pas une information correcte rapide. Ce n'est qu'au retour de certains intéressés en Belgique que mention fut faite de la tension existante.



(Poursuivant en néerlandais.)

Nous avons chargé notre ambassadeur de demander aux autorités congolaises de nous fournir des informations détaillées. Nous l'avons également chargé de déclarer que le gouvernement belge est gravement préoccupé par le fait que les autorités n'assurent pas suffisamment la sécurité et que les soeurs n'ont pas été suffisamment protégées après la première attaque du 8 avril. Avant-hier, j'ai rappelé à l'ambassadeur que nous voulons que les assassinats soient élucidés. L'ambassadeur congolais à Bruxelles, Mme Kasavubu, est de bonne volonté mais il y a lieu de se demander si elle peut parler librement. J'ai également évoqué d'autres problèmes avec l'ambassadeur, entre autres la déclaration des autorités congolaises selon laquelle la Belgique est un état terroriste. Cette déclaration est incompréhensible, étant donné que la Belgique est le seul pays qui accorde une aide au Congo.

Entre-temps, la radio congolaise a annoncé que cinq militaires ont été arrêtés. Cette nouvelle doit encore être vérifiée.

Lors de ma rencontre du 22 avril avec les soeurs, nous avons convenu que les circonstances exactes de l'assassinat seraient révélées. Des démarches juridiques seront éventuellement entreprises.

La semaine prochaine, l'ambassadeur belge s'informera sur place des circonstances du meurtre.

Une deuxième raison de mon entretien avec l'ambassadeur est d'examiner s'il y a un lien entre l'assassinat de la soeur et celui de Mme Koustoff.



(Poursuivant en français.)

Il semble que des voleurs se soient introduits dans l'appartement avec l'intention d'y dérober certains biens. Les causes exactes de la mort de la victime ne sont pas encore déterminées.



(Poursuivant en néerlandais.)

Les assassinats ont eu lieu à des milliers de kilomètres l'un de l'autre. Il n'y a pas de raison de supposer l'existence d'un lien entre les deux assassinats. Ces assassinats n'auront pas d'effet sur les relations diplomatiques parce que nous estimons important d'entretenir de bonnes relations diplomatiques. L'image du Congo est évidemment ternie par ces assassinats. Nous voulons que la politique congolaise soit conforme à la volonté du Parlement. Le gouvernement veut cependant continuer à investir dans l'aide bilatérale.

Nous sommes inquiets à propos de la sécurité des Belges au Congo en général. Nous conseillons aux Belges d'être prudents. D'autre part, nous ne voulons pas sonner l'alarme. Toutefois, il est recommandé à ceux qui visitent le Congo de se présenter à l'ambassade de Belgique.

M. Olivier (CVP). - Les explications du ministre sont plutôt limitées. J'ai compris qu'on suit l'affaire et qu'une prudence particulière s'impose pour éviter de perturber les relations.

Il est étonnant que notre ambassadeur ne se rendra sur place que la semaine prochaine. Pourquoi cela ne peut-il pas se faire plus tôt ?

M. Ph. Charlier (PSC). - Même si le pays est grand, j'espère que tout sera mis en oeuvre pour que de tels incidents, hautement préjudiciables à la coopération entre le Congo et la Belgique, ne se reproduisent plus.

M. Hostekint (SP) (en néerlandais). - Le ministre est-il d'avis qu'un climat anti-belge se développe au Congo ? Les propos négatifs de Kabila peuvent-ils s'expliquer par la comparaison qu'il effectue entre la politique belge au temps de Mobutu et ce qu'elle est actuellement ?

M. Derycke, ministre des affaires étrangères (en néerlandais). - Il a fallu un certain temps avant que les soeurs ne quittent le Congo. L'ambassadeur les a reçues et devrait recevoir sous peu un rapport du gouvernement. Toutefois, l'ambassadeur n'est pas un juge d'instruction. L'arrestation de cinq soldats peut être également une manoeuvre pour torpiller l'enquête.

Je ne crois pas qu'un climat anti-belge se développe dans la population congolaise, au contraire. Une partie des congolais auraient même tendance à attendre un peu trop de nous. Nous devons nous efforcer de faire preuve d'objectivité dans nos relations avec le Congo, comme nous l'avons fait au cours des dix dernières années. Certains ministres congolais nourrissent encore des sentiments de revanche à notre égard. Ils estiment pouvoir nous faire chanter à la moindre occasion, comme au temps de Mobutu.



(Poursuivant en français.)

Le plan du FMI doit être suivi pour éviter d'être exclu du système de financement. La Belgique a donné des conseils au Congo pour conserver ses contacts avec le FMI.

Il est cependant étrange qu'un pays ami qui soutient le Congo pour la première fois dans l'histoire sans s'ingérer dans ses affaires intérieures devienne le bouc émissaire. La patience du gouvernement et du parlement belges a cependant une fin.



(Poursuivant en néerlandais.)

Le gouvernement congolais doit se rendre compte que le chantage n'est plus admissible dans les contacts bilatéraux et multilatéraux.

- Les incidents sont clos.





ORDRE DES TRAVAUX



M. le Président. - Le Bureau propose que le Sénat se réunisse en séance plénière le jeudi 7 mai, à 10 heures, avec à l'ordre du jour des prises en considération de proposition de loi, des questions orales et une demande d'explications de M. Ceder, au vice-premier ministre et ministre des finances, au ministre des affaires sociales et au ministre de la justice, sur une fraude à grande échelle dans des groupements d'inspiration socialiste, et de 14 h 30 m à 17 h 30 m, pour un débat sur la situation politique et les réformes à réaliser. (Assentiment.)





DEMANDE D'EXPLICATIONS DE M. HOSTEKINT AU SECRETAIRE D'ETAT A LA COOPERATION AU DEVELOPPEMENT, ADJOINT AU PREMIER MINISTRE,
sur « l'évolution des relations entre la Belgique et le Congo »


M. Hostekint (SP) (en néerlandais). - Les relations avec le Congo connaissent un nouveau refroidissement. Lors d'une tentative de rapatriement de deux caisses d'armes, notre pays a été accusé de terrorisme. En guise de réaction, les affaires étrangères ont refusé de délivrer un visa au ministre Ghenda. Ensuite, il y eut l'assassinat mystérieux d'une femme à Nganza. Les nombreux incidents inquiètent la communauté internationale. L'organisation de défense des droits de l'homme la plus importante a été interdite. Le chef de l'opposition Tshisekedi a été exilé à l'intérieur du pays, 250 hommes et femmes politiques ne sont pas autorisés à participer aux élections, la presse fait l'objet de brimades et les ONG suspectées. La commission des Nations Unies, qui devait enquêter sur les tueries de réfugiés hutus rwandais, a rédigé un rapport accablant.

Il ne reste pratiquement plus rien des options politiques de notre gouvernement. Le ministre a fait savoir la semaine dernière que la coopération bilatérale est exclue dans les circonstances actuelles. L'aide sera limitée aux actions humanitaires. Le SP estime que nos liens historiques avec le Congo ne justifient pas un traitement privilégié. Les relations doivent au contraire faire l'objet d'une évaluation approfondie. L'aide doit en premier lieu bénéficier à la population. Quelles sont les conséquences de l'évolution actuelle pour la coopération au développement ? La Belgique a déjà accordé une aide d'un demi-milliard. Qu'en est-il de la coopération future avec les organisations non gouvernementales congolaises ?

M. Moreels, secrétaire d'Etat à la coopération au développement (en néerlandais). - Le Conseil des ministres a approuvé la semaine dernière une note sur l'actualisation des relations avec le Congo. Depuis 1994, l'aide est axée sur la santé publique et l'enseignement dans différentes régions. La Belgique soutient en outre d'importantes actions de lutte contre le SIDA et la maladie du sommeil.

Le Conseil des ministres a également libéré 60 millions de francs pour la réforme monétaire dans le cadre des accords avec le FMI. Un montant de 2 millions de dollars est tenu à la disposition du Trust fund de la banque mondiale. Le VLIR et le CIUF ont rencontré les quatre universités congolaises. Une aide est accordée aux ministères de la santé publique, de l'agriculture et de la justice.

L'aide belge ne vise donc pas à maintenir le régime.

Actuellement, il n'est pas question de reprendre de manière structurelle la coopération directe avec le Congo.

Nous optons pour un dialogue franc et ouvert, une présence constructive et critique et une réaction rapide si nécessaire.

Le Congo ne sera jamais pour notre pays un pays comme un autre. Le lien émotionnel subsistera toujours. Les Belges sont désirés par la majorité de la population et également par certaines forces politiques au sein du gouvernement congolais.

- L'incident est clos.





PRISE EN CONSIDERATION ##/##

Propositions soumises à la prise en considération


A. Propositions de loi :

Article 81 :

Proposition de loi portant interdiction du clonage des êtres humains, et des interventions ayant pour but d'introduire des modifications dans le génome de la descendance, de Mme Milquet et consorts (Doc. 1-877/1).

Proposition de loi portant des dispositions en matière d'impositions communales, de M. Caluwé et Mme Lizin (Doc. 1-908/1).

Proposition de loi modifiant la loi du 30 décembre 1963 relative à la reconnaissance et à la protection du titre de journaliste professionnel, de MM. Foret et consorts (Doc. 1-918/1).

Proposition de loi modifiant l'arrêté royal du 30 janvier 1989 fixant les normes complémentaires d'agrément des hôpitaux et des services hospitaliers et précisant la définition des groupements d'hôpitaux et les normes particulières qu'ils doivent respecter et l'arrêté royal du 25 avril 1997 précisant la description d'une association d'hôpitaux et des normes particulières qu'elle doit respecter, de M. D'Hooghe (Doc. 1-957/1).

Proposition de loi organisant la prostitution, de Mme Dua (Doc. 1-958/1).

Proposition de loi spéciale :

Article 77 :

Proposition de loi spéciale réglant la responsabilité pénale des membres de gouvernement de communauté ou de région, de M. Vandenberghe et consorts (Doc. 1-969/1).

B. Proposition de résolution :

Proposition de résolution relative à la question du Kurdistan et aux réfugiés kurdes, de Mme Thijs et consorts (Doc. 1-914/1).

Les propositions sont prises en considération.





DEPOT DE PROPOSITIONS



M. le Président. - Les propositions ci-après ont été déposées :

A. Propositions de loi :

Article 81 :

Proposition de loi modifiant l'article 331octies du Code civil visant à limiter les tests génétiques après le décès en vue d'établir la filiation, de M. Mahoux (Doc. 1-960/1).

Proposition de loi instituant une évaluation des effets de l'émancipation, de Mme de Bethune (Doc. 1-961/1).

B. Proposition de résolution :

Proposition de résolution relative à la nomination de Melchior Wathelet à la Cour européenne de justice, de M. Verreycken et consorts (Doc. 1-962/1).





COMPOSITION DES COMMISSIONS



M. le Président. - Le Sénat est saisi de demandes tendant à modifier la composition de certaines commissions :

à la commission des affaires institutionnelles, M. Van Goethem remplacerait M. Tobback comme membre suppléant;

à la commission de la justice, Mme Merchiers remplacerait Mme Maximus comme membre effectif; Mme Maximus remplacerait Mme Merchiers comme membre suppléant;

à la commission des affaires étrangères, M. Verhofstadt remplacerait M. Coene comme membre suppléant; M. Van Goethem remplacerait M. Tobback comme membre suppléant;

à la commission des finances et des affaires économiques, M. Van Goethem remplacerait Mme Van der Wildt comme membre effectif; Mme Van der Wildt remplacerait M. Hostekint comme membre suppléant;

à la commission des affaires sociales, Mme Van der Wildt remplacerait Mme Merchiers comme membre effectif; Mme Merchiers remplacerait Mme Van der Wildt comme membre suppléant;

au comité d'avis fédéral chargé des questions européennes, M. Van Goethem remplacerait M. Hostekint comme membre effectif; M. Hostekint remplacerait Mme Sémer comme membre suppléant. (Assentiment.)





DEMISSION ET NOMINATION
DE MEMBRES DU GOUVERNEMENT



M. le Président. - Par lettres du 24 avril 1998, le premier ministre m'a transmis une copie de l'arrêté royal de cette date portant démission de membres du gouvernement et de l'arrêté royal de la même date portant nomination de membres du gouvernement.





SENATEUR CESSANT DE SIEGER



M. le Président. - Par arrêté royal du 24 avril 1998 M. Louis Tobback, sénateur élu par le collège électoral néerlandais, a été nommé vice-premier ministre et ministre de l'intérieur. En conséquence, il cesse de siéger en tant que sénateur à partir de cette date.





EVOCATIONS



M. le Président. - Par messages des 23 et 27 avril 1998, le Sénat a informé la Chambre des représentants de la mise en oeuvre, ce même jour, de l'évocation :

Projet de loi portant confirmation des arrêtés royaux relatifs au précompte professionnel (Doc. 1-924/1).

Le projet de loi a été envoyé à la commission des finances et des affaires économiques;

Projet de loi modifiant certaines dispositions du Code judiciaire relatives à la procédure en matière de louage des choses et à la loi du 30 décembre 1975 concernant les biens trouvés en dehors de propriétés privées ou mis sur la voie publique en exécution de jugements d'expulsion (Doc. 1-926/1).

Le projet de loi a été envoyé à la commission de la justice;

Projet de loi sur le certificat complémentaire de protection pour les produits phytopharmaceutiques (Doc. 1-930/1).

Le projet de loi a été envoyé à la commission des finances et des affaires économiques.





NON-EVOCATIONS



M. le Président. - Par messages du 28 avril 1998, le Sénat a retourné à la Chambre des représentants, en vue de la sanction royale, les projets de loi non évoqués qui suivent :

Projet de loi abrogeant l'article 3 de la loi du 17 juillet 1991 modifiant les lois sur les pensions de réparation, coordonnées le 5 octobre 1948, en ce qui concerne la pension de réparation du conjoint survivant d'un invalide militaire (Doc. 1-925/1).

Projet de loi modifiant l'article 58, alinéa 2 de la loi du 8 avril 1965 relative à la protection de la jeunesse (Doc. 1-927/1).

Projet de loi complétant l'article 1580 du Code judiciaire (Doc. 1-928/1).

Projet de loi modifiant l'article 116 de la loi du 14 février 1961 d'expansion économique, de progrès social et de redressement financier (Doc. 1-933/1).





COUR D'ARBITRAGE



M. le Président. - En application de l'article 77 de la loi spéciale du 6 janvier 1989 sur la Cour d'arbitrage, le greffier de la Cour d'arbitrage a notifié au Président du Sénat :

les questions préjudicielles relatives à l'article 93 de la loi du 14 février 1961 d'expansion économique, de progrès social et de redressement financier, posées par la Cour d'appel de Liège (numéro du rôle 1295);

la question préjudicielle concernant l'article 80, § 1er, alinéa 3, de la loi du 9 juillet 1975 relative au contrôle des entreprises d'assurances, posée par le tribunal de police de Charleroi (numéro du rôle 1311);

la question préjudicielle relative aux articles 14 et 17 des lois coordonnées sur le Conseil d'Etat, posée par le Conseil d'Etat (numéro du rôle 1314).

En application de l'article 113 de la loi spéciale du 6 janvier 1989 sur la Cour d'arbitrage, le greffier de la Cour d'arbitrage a également notifié au président du Sénat :

l'arrêt n° 42/98, rendu le 22 avril 1998, en cause les questions préjudicielles relatives à l'article 440 du Code judiciaire, posées par le Conseil d'Etat (numéro du rôle 1049);

l'arrêt n° 43/98, rendu le 22 avril 1998, en cause le recours en annulation partielle ou totale des articles 6, 7, 11, 22, 55, 58, 59, 60, 65 et 69, § 3, de la loi du 15 juillet 1996 modifiant la loi du 15 décembre 1980 sur l'accès au territoire, le séjour, l'établissement et l'éloignement des étrangers et la loi du 8 juillet 1976 organique des centres publics d'aide sociale, introduit par l'asbl Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie et autres (numéro du rôle 1073);

l'arrêt n° 44/98, rendu le 22 avril 1998, en cause les recours en annulation de l'article 1er du décret de la Communauté française du 2 décembre 1996 modifiant la législation dans le domaine de l'enseignement et de l'article 58 du décret de la Communauté française du 9 septembre 1996 relatif au financement des hautes écoles organisées ou subventionnées par la Communauté française, introduits par l'asbl Fédération des étudiants francophones et A. Tounquet (numéros du rôle 1078 et 1079, affaires jointes);

l'arrêt n° 45/98, rendu le 22 avril 1998, en cause le recours en annulation des articles 15 et 16 du décret de la Communauté française du 9 septembre 1996 relatif au financement des Hautes Ecoles organisées ou subventionnées par la Communauté française, introduit par l'asbl Haute Ecole Galilée (numéro du rôle 1083);

l'arrêt n° 46/98, rendu le 22 avril 1998, en cause les questions préjudicielles relatives à l'article 57, § 2, de la loi du 8 juillet 1976 organique des centres publics d'aide sociale, modifié par l'article 65 de la loi du 15 juillet 1996, posées par les tribnaux du travail d'Anvers et de Bruxelles et par la Cour du travail de Bruxelles (numéros du rôle 1091, 1107 et 1147);

l'arrêt n° 47/98, rendu le 22 avril 1998, en cause la question préjudicielle relative à l'article 5, § 2, du décret de la Région wallonne du 25 juillet 1991 relatif à la taxation des déchets en Région wallonne, posée par le juge de paix du deuxième canton de Namur (numéro du rôle 1094);

l'arrêt n° 48/98, rendu le 22 avril 1998, en cause le recours en annulation de l'article 1er, § 5, du décret de la Communauté française du 4 février 1997 modifiant la législation dans le domaine de l'enseignement réformant l'organisation et le financement de l'enseignement supérieur, introduit par G. Petit (numéro du rôle 1152).





ENTREPRISES PUBLIQUES ECONOMIQUES



M. le Président. - En application de l'article 46 de la loi du 21 mars 1991 portant réforme de certaines entreprises publiques économiques, le Service Médiation de La Poste a transmis au président du Sénat, son rapport annuel pour l'exercice 1997.





MESSAGES DE LA CHAMBRE



M. le Président. - Par messages du 28 avril 1998, la Chambre des représentants a transmis au Sénat, tels qu'ils ont été adoptés en sa séance du 28 avril 1998 :

Article 77 :

projet de loi modifiant l'article 519 du Code judiciaire et abrogeant les articles 520 et 522 du même Code (Doc. 1-819/1).

Le projet de loi a été envoyé à la commission de la justice;

projet de loi relative à l'organisation judiciaire en matière fiscale (Doc. 1-967/1).

Le projet de loi a été envoyé à la commission des finances et des affaires économiques.

Article 78 :

projet de loi modifiant l'arrêté royal n° 22 du 24 octobre 1934 portant interdiction à certains condamnés et aux faillis d'exercer certaines fonctions, professions ou activités et conférant aux tribunaux de commerce la faculté de prononcer de telles interdictions (Doc. 1-963/1).

Le projet de loi a été reçu le 29 avril 1998; la date limite pour l'évocation est le jeudi 14 mai 1998;

projet de loi portant création d'un Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles et créant une Cellule administrative de coordination (Doc. 1-965/1).

Le projet de loi a été reçu le 29 avril 1998; la date limite pour l'évocation est le jeudi 14 mai 1998;

projet de loi relative au contentieux en matière fiscale (Doc. 1-966/1).

Le projet de loi a été reçu le 29 avril 1998; la date limite pour l'évocation est le jeudi 14 mai 1998;

projet de loi modifiant diverses dispositions légales en matière d'instruments financiers et de systèmes de compensation de titres (Doc. 1-968/1).

Le projet de loi a été reçu le 29 avril 1998; la date limite pour l'évocation est le jeudi 14 mai 1998.



Notification


Projet de loi modifiant les articles 55, 60, 61(1) et 61(2) du Code des droits d'enregistrement, d'hypothèque et de greffe, de M. Philippe Charlier (Doc. 1-290/1).

La Chambre a adopté le projet le 28 avril 1998 tel qu'il lui a été transmis par le Sénat;

projet de loi portant assentiment à la Convention sur l'assistance en cas d'accident nucléaire ou de situation d'urgence radiologique, faite à Vienne le 26 septembre 1986 (Doc. 1-683/1).

La Chambre a adopté le projet le 28 avril 1998 tel qu'il lui a été transmis par le Sénat;

projet de loi portant assentiment à la Convention sur la notification rapide d'un accident nucléaire, faite à Vienne le 26 septembre 1986 (Doc. 1-697/1).

La Chambre a adopté le projet le 28 avril 1998 tel qu'il lui a été transmis par le Sénat;

projet de loi portant assentiment au Traité d'entente et de coopération entre le Royaume de Belgique, la Communauté française de Belgique, la Communauté flamande de Belgique, la Communauté germanophone de Belgique, la Région wallonne de Belgique, la Région flamande de Belgique, la Région de Bruxelles-Capitale de Belgique et l'Ukraine, signé à Bruxelles le 23 avril 1997 (Doc. 1-794/1).

La Chambre a adopté le projet le 28 avril 1998 tel qu'il lui a été transmis par le Sénat;

projet de loi portant assentiment à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, faite à Montego Bay le 10 décembre 1982 et à l'Accord relatif à l'application de la partie XI de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer du 10 décembre 1982, fait à New York le 28 juillet 1994 (Doc. 1-796/1).

La Chambre a adopté le projet le 28 avril 1998 tel qu'il lui a été transmis par le Sénat;

projet de loi portant assentiment à l'Accord de siège entre le Royaume de Belgique et l'Agence de Coopération culturelle et technique, signé à Bruxelles le 16 novembre 1995 (Doc. 1-830/1).

La Chambre a adopté le projet le 28 avril 1998 tel qu'il lui a été transmis par le Sénat.

- Le séance est levée à 18 h 20 m.

- Prochaines séances, jeudi à 10 et 14 h 30 m.





EXCUSES



MM. Verhofstadt, Coveliers et Goovaerts, pour devoirs professionnels, demandent d'excuser leur absence à la séance de cet après-midi.





Le Compte rendu analytique est un résum des débats


Le compte rendu in extenso est publié aux Annales parlementaires