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Belgische Senaat

Handelingen

DONDERDAG 18 JULI 2013 - NAMIDDAGVERGADERING

(Vervolg)

Mondelinge vraag van de heer Jacques Brotchi aan de vice-eersteminister en minister van Sociale Zaken en Volksgezondheid over «het coronavirus en de pelgrimstocht naar Mekka» (nr. 5-1108)

De voorzitter. - De heer Philippe Courard, staatssecretaris voor Sociale Zaken, Gezinnen en Personen met een handicap, belast met Beroepsrisico's, en voor Wetenschapsbeleid, antwoordt.

M. Jacques Brotchi (MR). - Cette année, le pèlerinage à La Mecque, ville sainte la plus sacrée de l'Islam, est compromis par le coronavirus.

La Direction générale de la Santé française vient en effet d'annoncer que les personnes ágées, les femmes enceintes et les personnes souffrant de maladies chroniques - cardiaques, diabétiques - ne pourront pas obtenir de visa pour se rendre à La Mecque.

Les restrictions imposées par la France concernent à la fois le petit pèlerinage qui a débuté le 10 juillet, et le grand pèlerinage qui aura lieu en octobre. Elles font suite aux recommandations du ministère saoudien de la Santé, inquiet de la circulation du coronavirus, aussi appelé syndrome respiratoire du Moyen-Orient.

Ce nouveau coronavirus, le sixième connu à ce jour, est apparu en Arabie saoudite en 2012. Il a causé quarante-cinq morts dans le monde pour quatre-vingt-un cas répertoriés. Le royaume saoudien comptabilise à lui seul trente-huit décès. Le virus a également fait un mort en France à la fin du mois de mai.

Les informations relatives à ce nouveau virus restent clairsemées. Son origine est inconnue. Il semblerait que le virus puisse être transmis d'homme à homme en cas de contact prolongé. La perspective du rassemblement de millions de pèlerins musulmans venus des quatre coins du globe, cet été et à l'automne, suscite donc l'inquiétude.

En effet, même si les données actuellement disponibles font état d'un virus relativement peu contagieux, le problème est présent et mondial.

Les manifestations de ce nouveau virus ne sont pas encore établies de manière très précise. Cependant, les premiers cas sont des pneumonies, des pneumopathies, des infections respiratoires basses. Cela étant, d'autres cas peu symptomatiques pourraient ne pas encore avoir été découverts. Aucune épidémie ne serait actuellement en cours. Seuls deux cas de contamination secondaire auraient été relevés. Le réservoir de contamination semble être circonscrit à une zone bien précise de la péninsule arabique.

Mis à part le probable foyer d'origine, nous manquons de recul sur cette pathologie. Les premiers signalements remontent à neuf mois et peu de cas auraient, à ce jour, été rapportés, malheureusement avec un taux élevé de décès.

Il convient donc d'être vigilant, d'autant que nous ne disposons pour le moment d'aucun traitement et d'aucun vaccin.

Les autorités sanitaires internationales sont-elles mobilisées pour tenter d'en savoir plus sur ce nouveau virus ? L'Organisation mondiale de la Santé, dont la dernière réunion d'urgence sur le sujet s'est tenue mardi dernier, ne formule pas de restrictions de voyage, mais demande aux autorités sanitaires de suivre avec la plus grande attention tout cas de personne présentant les symptômes propres à cette pathologie : toux, essoufflement, gêne respiratoire, fièvre supérieure à 38 degrés, voire insuffisance rénale. Ce sont des symptômes banals, que n'importe qui peut présenter, mais il est évident que si vous revenez du pèlerinage à la Mecque, il faut vous en inquiéter.

Pour le moment, notre Institut scientifique de Santé publique ne recommande aucune restriction et s'en tient aux recommandations de l'OMS concernant les mesures élémentaires d'hygiène.

Il est vrai qu'aucun cas n'a encore été découvert en Belgique mais ne serait-il pas opportun d'appliquer le principe de précaution et, à l'instar de nos voisins français, d'adopter une position de prudence à l'égard de certaines catégories de voyageurs, les plus faibles et les plus fragiles, en attendant d'en savoir plus sur ce virus ?

M. Philippe Courard, secrétaire d'État aux Affaires sociales, aux Familles et aux Personnes handicapées, chargé des Risques professionnels, et à la Politique scientifique. - À la suite de la dernière réunion du Risk Assessment Group et conformément aux recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé, un communiqué actualisé a été adressé aux services Saniport (services du SPF Santé publique dans les aéroports), aux imams des mosquées de Belgique, aux inspecteurs d'hygiène et infectiologues, aux agences de voyage, aux organisations de rapatriement, aux cliniques du voyage, aux hôpitaux et aux médecins généralistes pour leur rappeler les recommandations en la matière. Tous ont été explicitement informés, en ce compris les voyageurs au moyen d'un dépliant spécialement créé à leur intention, qu'il n'y avait pas d'avis négatif pour les voyages vers la péninsule arabique, mais qu'il était recommandé de les postposer ou, au moins, de consulter un médecin en cas de santé déficiente (áge avancé, cancer, maladie chronique, etc.).

Toutes ces informations se retrouvent également à la une du site internet du SPF. Une page a été spécialement créée à l'attention des professionnels.

Nous avons donc adopté une attitude prudente, conformément aux recommandations de l'OMS avec qui nous collaborons étroitement dans la gestion de cette crise. Par ailleurs, j'ai pris connaissance de la dépêche de l'AFP dans laquelle on pouvait lire que la Direction générale de la Santé française avait annoncé qu'à la suite de la décision du ministère saoudien de la Santé, certaines personnes plus fragiles ne pourraient pas obtenir de visa cette année pour le pèlerinage.

Je vous invite à interroger mon collègue Didier Reynders pour savoir si l'on envisage de prendre des mesures similaires dans notre pays.

M. Jacques Brotchi (MR). - Je vous remercie, monsieur le secrétaire d'État, de m'avoir livré les réponses de Mme la ministre.

En ce qui concerne les visas, l'objectif de ma question n'allait pas dans ce sens.

Je note que l'information circule et qu'une mise en garde a été émise à destination de toutes les personnes concernées.

Ma question visait essentiellement à protéger nos compatriotes musulmans de retour de la Mecque. Les symptômes que j'ai décrits devraient attirer leur attention immédiatement et les inciter à se soigner, avant que leur état ne se dégrade trop. De plus, dans le cas où ce virus serait contaminant, leur réaction rapide permettrait de prendre les mesures d'isolement adéquates, afin d'éviter une propagation de la maladie.