5-230COM

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Commission des Affaires sociales

Annales

MARDI 4 JUIN 2013 - SÉANCE DE L'APRÈS-MIDI

(Suite)

Demande d'explications de M. André du Bus de Warnaffe à la vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique sur «les antidépresseurs» (no 5-3490)

M. André du Bus de Warnaffe (cdH). - Les antidépresseurs et les hypertenseurs sont moins chers depuis le 1er mai. Cette baisse des prix est une bonne chose pour l'INAMI qui espère ainsi réaliser une économie annuelle de quinze millions d'euros et pour les patients qui verront leur contribution personnelle diminuer gráce à une baisse du ticket modérateur.

Mais cette baisse des prix ne doit pas masquer une autre réalité qui est la surconsommation des antidépresseurs dans notre pays : 1,1 million de patients seraient, semble-t-il, sous antidépresseurs en Belgique et, l'an dernier, les Belges auraient consommé six millions de boîtes d'antidépresseurs. Cette très large consommation est problématique et des mesures devraient être prises pour lutter contre ce phénomène.

Madame la ministre, pourriez-vous nous informer du travail mené par la cellule « Politique de Santé Drogues » dont font partie les sept ministres de la Santé de notre pays, étant donné l'importance de la concertation dans ce domaine ? Quelles mesures sont-elles envisagées par cette cellule pour lutter contre ce phénomène de surconsommation d'antidépresseurs : des campagnes de prévention destinées aux citoyens, comme cela a été le cas pour les somnifères et les calmants ? Des campagnes d'information ciblant les prestataires de soins, campagnes qui pourraient avoir un impact important sur la consommation d'antidépresseurs ?

En juin 2012, vous annonciez la mise en place d'une plate-forme scientifique, au ministère de la Santé, chargée d'élaborer et de mener des campagnes sur la consommation problématique de psychotropes. Cette structure devrait mener ses premières actions concrètes en 2013 : des guides de bonne pratique seraient diffusés auprès des médecins et des pharmaciens. Pourriez-vous nous informer des travaux réalisés jusqu'à présent par cette plate-forme et des travaux en cours ?

Mme Laurette Onkelinx, vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de Beliris et des Institutions culturelles fédérales. - Les antidépresseurs n'entrent pas dans le cas spécifique de la CIM Drogues ; celles-ci sont définies comme des substances psychoactives illégales ou légales, ces dernières étant limitées au tabac, à l'alcool, aux somnifères et aux calmants. En revanche, la plate-forme scientifique Psychotropes est bien compétente en la matière.

Il importe de rappeler qu'il existe de nombreux canaux d'information vers les prestataires et qu'il est nécessaire de conserver une forte cohérence et une grande lisibilité. C'est pourquoi la plate-forme s'est penchée dans un premier temps sur la rédaction d'un projet de vision globale.

Deux projets transversaux ont été décidés, à savoir le développement d'une stratégie de communication et la mise en place d'un monitoring effectif de la consommation de psychotropes. La problématique de la consommation d'antidépresseurs ayant été jugée prioritaire, la plate-forme a lancé une série d'actions - toutes encore en phase préparatoire. Un budget a été obtenu auprès de l'INAMI afin de mener auprès des prescripteurs une campagne d'information et de sensibilisation au bon usage des antidépresseurs. Cette campagne repose sur des directives en cours de rédaction ; elles seront diffusées en 2014. La plate-forme a également proposé et obtenu l'inscription au programme 2013 du Centre fédéral d'Expertise des soins de santé (KCE) d'une étude sur la pratique clinique relative aux antidépresseurs et à la psychothérapie dans le traitement de la dépression majeure.

Aucune action « grand public » n'est prévue à ce stade ; une campagne de sensibilisation comme celle menée pour les calmants et les somnifères que vous évoquez ne serait pas forcément pertinente. Les experts s'accordent notamment pour considérer que le les antidépresseurs sont sous-utilisés dans le traitement des dépressions les plus sévères. Une campagne « grand public » visant à diminuer la consommation n'est sans doute pas adéquate.

M. André du Bus de Warnaffe (cdH). - J'entends qu'on est en train de mettre en oeuvre les conclusions de la plate-forme ; il est donc difficile de juger de la pertinence des actions proposées. Je suppose que les actions prévues en 2013-2014 seront évaluées en 2015.

Vous avez évoqué le caractère non pertinent des campagnes d'information « grand public ». Cette opinion découle-t-elle d'une concertation avec le KCE, avec l'INAMI, avec les médecins... ?

Mme Laurette Onkelinx, vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de Beliris et des Institutions culturelles fédérales. - C'est l'avis des experts.

M. André du Bus de Warnaffe (cdH). - J'en prends bonne note et vous remercie.