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Mme Dominique Tilmans (MR). - Monsieur le ministre, mes questions ont été rédigées bien avant notre rencontre à votre cabinet et je n'ai pas eu le temps de les actualiser.
Je ne reviendrai pas sur le plan pluriannuel d'investissement de la SNCB puisque nous avons eu l'occasion d'en discuter. Je voudrais vous interroger sur un dossier très précis, à savoir les retards et suppressions à répétition du train 7471 au départ de Virton.
Depuis la mise en service des nouvelles rames Desiro, la situation, déjà désastreuse pour les voyageurs, se détériore à une allure fulgurante ! Entre le 14 et le 24 janvier, les étudiants et travailleurs ont subi jusqu'à quatre suppressions de train. Et quand train il y a eu, des retards furent au menu. Dernièrement, les voyageurs ont dû attendre trente-quatre minutes dans le froid, sans un mot d'explication. C'est inacceptable ! Outre les problèmes pratiques que ces retards ou suppressions engendrent, il faut ajouter les complications au quotidien. En proie au ras-le-bol journalier, les voyageurs, démunis, reprennent leur voiture puisqu'ils n'ont pas d'autre solution.
La désertification des navetteurs du rail devient un phénomène important. L'association « Les amis du rail » va jusqu'à tenir bénévolement des permanences aux guichets pour promouvoir l'utilisation du train. Vous comprendrez qu'ils sont, eux-aussi, extrêmement découragés par cette situation déplorable.
Monsieur le ministre, je suis profondément déçue par la tournure des événements ferroviaires dans le sud du pays. De telles conditions sont inadmissibles ! Il y a un minimum de service à prester pour des entreprises chargées d'une mission de service public et financées par le contribuable. Quelles mesures comptez-vous mettre en oeuvre pour remédier à la situation ?
M. Jean-Pascal Labille, ministre des Entreprises publiques et de la Coopération au développement, chargé des Grandes Villes. - Je partage pleinement vos propos ; cette situation est regrettable.
Selon les informations qui m'ont été fournies et qui corroborent les vôtres, il est exact que la circulation des trains de voyageurs sur cette ligne Athus-Meuse a été fortement perturbée ces derniers jours, d'abord par les conditions hivernales. Le givre présent sur les caténaires a causé de nombreux problèmes sur les équipements électriques. De plus, les nouvelles automotrices Desiro ont connu des défaillances.
La ponctualité du train P 7471 a été analysée du 1er au 25 janvier, soit une période de dix-huit jours ouvrables, à l'arrivée à Arlon. Il en ressort que ce train est arrivé à douze reprises à l'heure ou avec un retard de moins de six minutes - je demanderai des éléments plus précis sur la ventilation de ces données. Ce même train est arrivé à deux reprises avec un retard de six minutes et une fois avec un retard de trente-cinq minutes. Ce train a également été supprimé à trois reprises. Ce bilan n'est pas particulièrement flatteur, j'en conviens.
La raison du retard le plus important était la maladie d'un conducteur, ce qui a nécessité de lui trouver un remplaçant au dépôt d'Arlon.
Jusqu'à présent, soixante et une automotrices Desiro ont été livrées à la SNCB. Au cours de la première année d'exploitation, elles ont rencontré un certain nombre de problèmes qui ont donné lieu à des retards et des suppressions de train.
La SNCB m'informe qu'elle entretient des contacts permanents avec le constructeur de ces rames, la firme Siemens. Des réunions sont organisées quotidiennement dans les ateliers d'entretien chargés du suivi de la situation. Mensuellement, tous les incidents sont synthétisés, afin d'en déterminer le caractère systématique.
La SNCB m'informe également qu'elle a suspendu la livraison des Desiro, le 24 décembre, à la suite des problèmes rencontrés. Tant que la fiabilité de ce matériel ne sera pas améliorée, les autorails de type 41 seront maintenus, en remplacement des Desiro.
Mme Dominique Tilmans (MR). - Je remercie M. le ministre pour sa réponse et pour sa compréhension.
Je prenais le train mais je n'arrivais jamais à l'heure. Dès lors, je ne le prends plus. Les voyageurs, ne connaissant pas la raison du retard et ne sachant pas combien de temps ils devront attendre, retournent rapidement à leur voiture pour essayer d'arriver à l'heure. L'information est donc un point important.
Les rames Desiro connaissent un problème technique qu'il faut résoudre. Les habitants de la province du Luxembourg sont doublement pénalisés : ils doivent utiliser leur voiture et les trajets sont longs.