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Belgische Senaat

Handelingen

DONDERDAG 31 MAART 2011 - NAMIDDAGVERGADERING

(Vervolg)

Mondelinge vraag van de heer Jacques Brotchi aan de vice-eersteminister en minister van Sociale Zaken en Volksgezondheid over «multiresistente tuberculose» (nr. 5-94)

M. Jacques Brotchi (MR). - Ma question s'inscrit dans le cadre de la Journée mondiale de la santé du 7 avril prochain et de la Journée mondiale de la tuberculose, qui a eu lieu le 24 mars dernier.

Cette journée est globalement placée sous le signe de l'optimisme à la suite de l'annonce de la mise au point d'un nouvel outil de diagnostic porteur de promesses de rapides progrès dans la lutte contre cette maladie.

Cette annonce témoigne de l'efficacité de la détermination internationale à sauver des vies humaines. Malheureusement, l'optimisme qu'elle suscite doit être tempéré par la menace que représentent les formes de tuberculose multirésistante aux médicaments standard.

Selon de récentes estimations, plus de 2 millions de nouveaux cas de tuberculose multirésistante apparaîtront entre 2011 et 2015. Ce signal doit nous encourager à poursuivre sans relâche le combat contre cette maladie.

L'initiative « Halte à la tuberculose » lancée par l'Organisation mondiale de la santé a permis de réaliser de grandes avancées. Le traitement de cette maladie s'est, notamment, considérablement amélioré.

Ces quinze dernières années, plus de 40 millions de personnes ont été soignées dans le cadre de cette initiative.

Malheureusement, les fonds alloués à la mise en oeuvre de l'initiative restent largement insuffisants, de même que ceux destinés à la recherche d'outils supplémentaires, dont le besoin se fait pourtant cruellement sentir.

Madame la ministre, je souhaite donc vous poser une série de questions.

La Belgique participe-t-elle à la mise en oeuvre de l'initiative « Halte à la tuberculose » et, le cas échéant, dans quelle mesure ? Quels moyens concrets notre pays investit-il sur les plans national et international afin de débarrasser la planète de l'une des maladies infectieuses les plus meurtrières pour l'humanité ?

Je sais qu'en France, les données nationales de surveillance de la tuberculose publiées par l'Institut de veille sanitaire pour 2009 mettent en évidence une forte baisse du nombre de cas de tuberculose. J'ai lu qu'en Belgique, depuis le début des années nonante, on assistait au contraire à un réel ralentissement de la décroissance du nombre de nouveaux cas. Me le confirmez-vous ? Disposons-nous de statistiques récentes et détaillées ? Au cours des dernières années, avons-nous, à l'instar d'autres États européens, renforcé nos mesures de contrôle et de lutte contre la tuberculose ? Quelles sont, dans notre pays, les cibles les plus fragiles de cette maladie ? Les autorités déploient-elles des moyens particuliers de dépistage et de soins à l'égard de ces cibles ?

Mme Laurette Onkelinx, vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de l'Intégration sociale. - Un registre belge de la tuberculose existe et résulte d'une mise en commun des registres de la Flandre, de la Wallonie et de la Région bruxelloise. Le rapport 2009 vient d'être publié. Il décrit la situation épidémiologique établie en 2009 sur la base des déclarations - obligatoires - des cas de tuberculose active opérées auprès des Communautés. II mentionne également les résultats du traitement de la cohorte de patients tuberculeux enregistrés en 2008.

La lutte contre la maladie, au stade préventif, est une compétence des Communautés, auxquelles je vous conseille donc de vous adresser pour obtenir de plus amples informations sur l'évolution de la maladie et les efforts mis en oeuvre pour contrôler celle-ci.

Quant au traitement, essentiel pour combattre la résistance, une réponse concrète a été formulée dans notre pays grâce au projet BELTA-TBnet, qui permet de soigner adéquatement tous les malades tuberculeux multi- et ultrarésistants. Ce projet pilote innovant pour le traitement et le diagnostic de la tuberculose a débuté en 2005. Il intervient également dans le financement de la médication utilisée pour le traitement de la tuberculose multirésistante ainsi que dans l'accompagnement social et infirmier des patients multirésistants.

En décembre 2010, en raison des excellents résultats, des réactions positives de tous les experts et des retombées internationales, l'INAMI a, à ma demande, transformé ce projet en un financement structurel. Ce projet a été conforté par un arrêté royal, publié le 23 décembre 2010.

Le projet est mené par l'association BELTA - Belgian Lung and Tuberculosis Association - qui chapeaute deux organisations soeurs : de Vlaamse Vereniging voor Respiratoire Gezondheidszorg en Tuberculosebestrijding - VRGT - et le Fonds des Affections Respiratoires - FARES. Un comité d'experts a été créé pour assurer le suivi de la problématique.

Au niveau international, les deux associations précitées collaborent de manière très active avec l'ECDC - European Centre for Disease Prevention and Control. Ils sont également impliqués dans la rédaction d'un nouveau plan appelé « Consolidated Action Plan for M/XDR-TB: setting a five year strategy to curb the TB drug resistance epidemic in the Region » avec la section européenne de l'OMS. Il existe aussi une collaboration avec des collègues des pays voisins et de l'Europe de l'Est.

En ce qui concerne la participation à l'initiative « Halte à la tuberculose », il s'agit d'un partenariat très large où les membres ne sont pas que des États mais également de nombreuses ONG dont des belges.

Dans le cadre de sa contribution tant obligatoire que volontaire, la Belgique soutient activement le programme de travail de l'OMS, même si cet appui n'est pas spécifiquement dédié à un programme particulier.

Le nombre de cas de tuberculose n'augmente pas « en tant que conséquence de la nouvelle forme résistante de la tuberculose ». Le facteur le plus important de la hausse du nombre de cas est la pauvreté et les très faibles conditions de vie.

La coopération internationale dans la lutte contre la pauvreté constitue donc le meilleur rempart contre l'apparition de la tuberculose.

M. Jacques Brotchi (MR). - Je prends bonne note de cette réponse très détaillée et je me réjouis que vous ayez répondu positivement à la plupart de mes interrogations. C'est de bon augure pour le futur, notamment pour tous ces malades qui ont une maladie difficile à traiter. Comme vous l'avez souligné, elle touche surtout les milieux défavorisés. Cette recrudescence est un facteur d'inquiétude, d'où l'importance de poursuivre dans cette voie.