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Sénat de Belgique

Annales

JEUDI 22 JANVIER 2009 - SÉANCE DE L'APRÈS-MIDI

(Suite)

Question orale de Mme Helga Stevens au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères sur «la situation des droits de l'homme en Russie» (nº 4-578)

Question orale de M. Josy Dubié au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères sur «l'hécatombe de personnes liées à la dénonciation des crimes commis en Tchétchénie» (nº 4-589)

M. le président. - Je vous propose de joindre ces questions orales. (Assentiment)

Mevrouw Helga Stevens (Onafhankelijke). - Begin deze week is in Moskou de Russische advocaat Stanislav Markelov op straat vermoord. Een stagiaire-journaliste, Anastasia Baburova van de Novaya Gazeta, die hem wilde helpen, werd eveneens neergeschoten. Markelov verdedigde zowel kritische journalisten die weigerden monddood gemaakt te worden, als Tsjetsjeense families die door de ongehoorde brutaliteiten van het Russische leger werden getroffen. Hij had net aangekondigd in beroep te zullen gaan tegen de absurde vervroegde vrijlating van de oorlogsmisdadiger, verkrachter en moordenaar kolonel Budanov. Desnoods zou hij de zaak bij het EHRM aanhangig maken.

Deze aanslag is geen alleenstaand feit. De moord op Anna Politkovskaya, een journaliste van dezelfde regeringskritische Novaya Gazeta, die onder meer de massale mensenrechtenschendingen in Tsjetsjenië aanklaagde, ligt nog vers in het geheugen. Sinds 2000 werden al meer dan 13 kritische journalisten vermoord. Ook politici die opkomen voor de mensenrechten of voor de vrijheid van meningsuiting of die gewoon kritisch zijn voor de regering, worden met de regelmaat van de klok vermoord of geïntimideerd. Al deze moorden en andere wandaden - en de lijst is eindeloos - kennen twee constanten: ze worden nooit opgehelderd door de Russische justitie en ze worden onveranderlijk in verband gebracht met de hoogste machthebbers in het Kremlin.

Het Human Rights Report van Human Rights Watch voor 2008 is duidelijk: Rusland voert op binnenlands en buitenlands vlak heel actief een antimensenrechtenbeleid. Deze situatie is onaanvaardbaar en een rechtsstaat onwaardig. Het Kremlin moet een diepgaand en onafhankelijk onderzoek bevelen naar de aanslag van maandag jongstleden. Wanneer dit nergens op uitdraait, moeten de Raad van Europa of de Organisatie voor veiligheid en samenwerking in Europa een dergelijk onderzoek gelasten en uitvoeren. Desnoods moet worden overwogen om Rusland uit de Raad en uit de OVSE te zetten. Beide organisaties voeren het mensenrechtenthema hoog in het vaandel en het kan niet dat een van de lidstaten deze rechten voortdurend en op grote schaal met voeten treedt.

Wat is de visie van de minister op de mensenrechtenproblematiek in Rusland? Wat denkt hij over mijn suggesties?

M. Josy Dubié (Ecolo). - Il y a quelques mois, de concert avec ma collègue Mme Defraigne, je me suis rendu en Ossétie du Sud pour mener une enquête sur ce qui s'était réellement passé dans la région. Nous avons rédigé un rapport « La vérité a ses droits » dans lequel nous affirmions, à la différence de ce que rapportaient la plupart des journalistes, que ce n'étaient pas les Russes qui avaient commencé le conflit mais les Géorgiens. Nous accusions même à l'époque le président Saakachvili de crimes de guerre. Ce rapport, vous l'aviez lu, monsieur le ministre. Vous nous avez dit que vous l'aviez apprécié. Nous le terminions en disant que nous étions partisans non d'une confrontation avec la Russie mais d'une collaboration critique avec ce pays.

Le moment est donc venu d'être extrêmement critique avec ce qui se passe en Russie. Il est clair que, comme les collègues qui m'ont précédé à la tribune, Mmes Van Ermen et Stevens, je considère la situation en Russie comme plus que préoccupante pour ce qui concerne le respect des droits de l'homme. En outre elle tend à s'aggraver.

On l'a dit et répété. Ce qui vient de se passer est totalement inacceptable. Voici un avocat de 34 ans, spécialisé dans la défense des droits de l'homme, qui est assassiné à la sortie d'une conférence de presse où il dénonçait le fait qu'un colonel de l'armée russe qui avait torturé et étranglé une jeune fille de dix-huit ans pendant la guerre en Tchétchénie était libéré pour bonne conduite après trois ans de prison alors qu'il avait été condamné à dix ans de détention. M. Markelov, l'avocat, annonce qu'il va aller en appel de cette libération et qu'il est prêt à porter l'affaire devant des instances européennes. Il sort de la conférence de presse, il est assassiné ; une journaliste essaie d'empêcher cet assassinat, elle est tuée.

Je rappelle que la journaliste Anna Politkovskaïa, assassinée en octobre 2006, était également une spécialiste de la Tchétchénie. Je suis content d'avoir entendu le ministre répondre à Mme Van Ermen tout à l'heure que la situation en Tchétchénie était très loin d'être normalisée, contrairement à ce qu'affirme l'ambassadeur de Russie. Il y règne toujours un climat de terreur. M. Kadyrov, le soi-disant président, est un véritable bandit, osons le mot, c'est un assassin. Avec ses milices privées, les kadyrovtsy, cet individu fait régner la terreur dans la région. Il est donc normal que des Tchétchènes viennent demander l'asile chez nous.

Je tiens à vous signaler également le meurtre commis il y quelques jours à Vienne sur la personne de M. Oumar Israïlov. C'était un témoin accablant dans une affaire pendante devant la Cour européenne des droits de l'homme et dans laquelle le président tchétchène était directement impliqué pour des actes d'enlèvement et de torture. M. Israïlov avait été membre de la garde rapprochée du président Kadyrov, les kadyrovtsy, avant d'en dénoncer les méthodes sanglantes et de demander l'asile en Autriche.

Ces assassinats illustrent les attaques violentes de plus en plus systématiques perpétrées contre ceux qui se dressent contre l'impunité croissante dont jouissent les auteurs de violation des droits de l'homme dans la Fédération de Russie.

Monsieur le ministre, je me joins aux questions de mes collègues. Comment faire comprendre aux autorités russes que la situation est inacceptable ?

Dans une dépêche datée d'hier, j'ai lu que la Commission européenne réclamait que ces assassinats soient rapidement élucidés. Je lis aussi que la présidence tchèque de l'Union européenne, par la voix du ministre des Affaires étrangères tchèque, s'insurge contre ces assassinats. Qu'avez-vous l'intention de faire au nom de la Belgique ? Allez-vous convoquer l'ambassadeur de la Fédération de Russie pour lui faire part de notre indignation ? La Russie est membre de l'OSCE et à ce titre se doit de respecter les droits de l'homme. Soumettrez-vous dès lors le problème à cette organisation ?

De heer Karel De Gucht, vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken. - Ik ben op de hoogte van het feit dat de bekende advocaat Stanislav Markelov en stagiair-journaliste Anastasia Baburova op 19 januari werden neergeschoten en dat beiden zijn overleden. Ik betreur ten zeerste deze trieste feiten.

De algemene mensenrechtensituatie in Rusland blijft erg onrustwekkend. Ik denk onder meer aan de toenemende uitingen van racisme en xenofobie, de bescherming van de nationale minderheden en de blijvende moeilijkheden waarmee vele ngo's kampen. De naleving van de persvrijheid en de vrijheid van meningsuiting in het algemeen blijven ook problematisch.

De Europese Unie heeft, gesteund door België, reeds op 20 januari met ontzetting gereageerd en de Russische autoriteiten verzocht deze zaak zo spoedig mogelijk volledig op te helderen. Het is nu uitkijken naar de resultaten van het onderzoek dat door de Russische procureur-generaal werd ingesteld en waarvan het parket heeft aangekondigd dat het objectief en grondig zal verlopen.

Ook in het verleden heeft ons land al de problematiek van de vrijheid van meningsuiting met de Russische autoriteiten besproken. Zo werd de moord op mevrouw Politkovskaya zowel in het kader van het Belgisch OVSE-voorzitterschap in 2006, als persoonlijk door toenmalig premier Verhofstadt bij toenmalig president Poetin aangekaart. De rechtszaak tegen de beschuldigden van de moord op Politkovskaya is momenteel nog lopende.

La situation des droits de l'homme en Russie sera également examinée le 4 février prochain par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU dans le cadre d'un nouveau mécanisme appelé l'examen périodique universel. La Belgique jouera un rôle actif à cette occasion en posant des questions sur des problèmes spécifiques à la Russie.

Il importe de poursuivre un dialogue actif et direct avec les autorités russes sur la question des droits de l'homme, notamment dans le cadre du Conseil de l'Europe et de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe. Un dialogue direct avec la Russie sur ces questions offre à mon avis de meilleures possibilités d'améliorer la situation qu'une suspension du dialogue.

M. Josy Dubié (Ecolo). - Je remercie le ministre de sa réponse. Je regrette néanmoins qu'il n'ait pas abordé la situation en Tchétchénie car ces faits y sont évidemment liés. Contrairement aux affirmations russes, notamment de l'ambassadeur, la situation n'est pas normalisée sur place. En outre, tous ceux qui essaient d'informer en Russie sur ce qui s'y passe risquent leur vie.

La terreur que fait régner le président Kadyrov implique tout ce que nous voyons aujourd'hui. J'espère, monsieur le ministre, que vous aurez l'occasion de le faire savoir aux autorités russes.

Mevrouw Helga Stevens (Onafhankelijke). - Ik dank de minister voor zijn antwoord. Ik begrijp volledig dat het opblazen van de dialoog geen oplossing is. Na de moord op mevrouw Politkovskaya en vele andere incidenten is het wel duidelijk dat Rusland systematisch de mensenrechten blijft schenden. Aangezien de dialoog en de diplomatie geen enkele vooruitgang opleveren, moeten wij besluiten trekken en Rusland duidelijk maken dat het niet tot Europa kan horen wanneer het de fundamentele mensenrechten niet respecteert. We vragen de Raad van Europa en de OVSE sterker op te treden tegen de moorden die Rusland begaat.

M. Karel De Gucht, vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères. - Pour répondre à M. Dubié, je renvoie à la réponse que j'ai donnée à Mme Van Ermen sur ce sujet en début de séance. Je crois que M. Dubié n'était pas encore présent.

J'ai dit que la situation en Tchétchénie n'était pas du tout normalisée et que des problèmes continuaient à se poser concernant les droits de l'homme.