4-16

4-16

Belgische Senaat

Handelingen

DONDERDAG 14 FEBRUARI 2008 - NAMIDDAGVERGADERING

(Vervolg)

Vraag om uitleg van mevrouw Joëlle Kapompolé aan de minister van Ontwikkelingssamenwerking over «het jaarverslag van Unicef» (nr. 4-88)

De voorzitter. - Mevrouw Inge Vervotte, minister van Ambtenarenzaken en Overheidsbedrijven, antwoordt.

Mme Joëlle Kapompolé (PS). - Comme chaque année, l'UNICEF a publié son rapport sur la situation des enfants dans le monde.

Même si une certaine amélioration se dessine - notamment par diverses campagnes de sensibilisation et de promotion à l'allaitement, à la vaccination, à la protection contre le paludisme ou à l'apport supplémentaire de vitamines A -, il n'en demeure pas moins que le constat de mortalité infantile reste inquiétant. En effet, selon les chiffres qui nous sont fournis, 18 enfants meurent chaque minute, soit 2600 décès par jour ou, pour que les chiffres soient encore plus parlants, 10 millions de victimes par an.

Sauver les enfants de la mortalité infantile n'est pas une question de monopole géographique ou économique mais avant tout une question de volonté politique !

À plusieurs reprises, que ce soit par voie de presse ou au sein de la commission des Relations extérieures, le ministre de la Coopération au développement a signifié sa volonté d'agir sur la problématique des enfants soldats. Je souhaite aussi insister sur les contextes environnementaux et sanitaires qui participent également à l'élaboration du triste bilan dressé par l'UNICEF.

Considérant également que la diminution de la mortalité infantile et de la mortalité maternelle constitue deux objectifs précis des Objectifs du Millénaire :

Existe-t-il un plan d'action spécifique à ce sujet dans notre politique de coopération au développement ? Si oui, dans le cadre de quel partenariat ?

Quelles actions seront-elles prochainement initiées pour tendre vers une amélioration durable des services de santé à l'attention des enfants et des mamans dans les pays ?

Peut-on envisager des programmes spécifiques d'assistance - ou financiers - visant à faciliter l'accessibilité des populations locales aux médicaments ainsi qu'aux moyens de prévention ?

Mme Inge Vervotte, ministre de la Fonction publique et des Entreprises publiques. - Je vous lis la réponse du ministre de la Coopération au développement.

La santé est un droit humain fondamental dont la réalisation passe nécessairement par la lutte contre la pauvreté sous toutes ses formes.

Bien d'autres aspects, comme l'enseignement, l'infrastructure, la sécurité alimentaire, la sécurité et le statut de la femme, ont une influence sur la santé des communautés. Seule une approche holistique peut aboutir à une amélioration de la santé des communautés. Cette approche globale constitue le socle de notre coopération en matière de renforcement des soins de santé axé sur le patient.

Pour répondre à votre première question concernant l'existence d'un cadre d'action spécifique, je peux vous signaler que pour relever le défi majeur que constitue l'amélioration de la santé maternelle et infantile, la Coopération au développement s'est dotée de lignes directrices présentées sous la forme de notes stratégiques et politiques.

La note stratégique Santé de 2002, notifiée à l'époque au Parlement dans le cadre de la loi de 1999 sur la Coopération internationale, place les soins de santé primaires de qualité, accessibles à tous, au coeur de la politique de coopération. Et ceci, non seulement parce que les soins de santé primaires de bonne qualité sont le meilleur garant d'une approche générale des affections maternelles et des maladies infantiles mais également parce qu'ils apportent une réponse globale aux problèmes de santé tout en tenant compte aussi bien des facteurs médicaux que des facteurs non médicaux influant sur la santé du groupe cible. Cette première note stratégique Santé fait l'objet en ce moment d'une réactualisation.

En mars 2007, une note politique sur la santé et les droits sexuels et reproductifs a été déposée à la Chambre des représentants. Cette note a été élaborée en concertation avec différents acteurs du monde scientifique et de la société civile, à la suite de la résolution de la Chambre relative à « l'engagement de la Belgique en ce qui concerne la santé et les droits en matière de sexualité et de reproduction dans le cadre de la Coopération internationale au développement ».

Se plaçant dans une perspective de droits humains, la note préconise une approche multidimensionnelle de la santé sexuelle et reproductive qui dépasse le cadre stricto sensu de la santé publique.

Elle s'applique donc à tous les secteurs d'intervention.

Enfin, une note stratégique sur les droits de l'enfant sera prochainement déposée au parlement. La rédaction de cette note fait suite à la décision prise en 2005 par le parlement de transposer dans le contexte belge les engagements internationaux découlant de la ratification par notre pays de la Convention internationale des droits de l'enfant.

Outre une série de recommandations politiques, la note émettra des recommandations techniques pour les cinq secteurs de concentration de la coopération belge, en ce compris le secteur de la santé.

En cohérence avec les lignes directrices définies dans les notes stratégiques, la coopération belge finance de nombreuses activités dont le but est de contribuer à l'atteinte des objectifs du millénaire pour le développement 4 et 5 relatifs à la réduction de la mortalité infantile et l'amélioration de la santé maternelle.

Parmi les projets soutenus sur le plan bilatéral, je peux citer l'exemple du Projet intégré de santé publique dans la wilaya de Tamanrasset que la Belgique finance depuis 2004 dans le cadre de sa coopération gouvernementale avec l'Algérie. L'objectif spécifique de l'intervention est de contribuer à l'amélioration de la santé des populations en se focalisant plus spécifiquement dans les domaines suivants : la lutte contre la mortalité maternelle et périnatale, la planification familiale, la santé des adolescents et des jeunes et la lutte contre les infections sexuellement transmissibles comme le VIH/Sida.

Au Pérou, la coopération belge apporte un appui financier au Système Intégral de Santé - SIS- créé par le ministère de la Santé, qui finance les soins préventifs et curatifs en faveur des populations les plus démunies. La particularité du programme d'appui financier sectoriel au SIS dans les départements d'Ayacucho, Apurimac et Cajamarca est son apport direct à la réduction de la mortalité des enfants et à l'amélioration de la santé maternelle.

Au Rwanda, dans le cadre de l'appui apporté par la Belgique au programme national intégré de lutte contre le paludisme, 1,4 million de moustiquaires durables imprégnées d'insecticide ont été distribuées aux enfants du Rwanda au cours d'une semaine de campagne de vaccination contre la rougeole, amenant le taux de couverture de 17,4% en 2005 à 91% en 2006, parmi les enfants de moins de 5 ans.

Dans le cadre de sa coopération multilatérale, la Belgique contribue aux budgets des différentes agences des Nations unies actives dans le domaine des soins de santé primaires et de la santé reproductive et sexuelle.

Au niveau de la coopération indirecte, la coopération belge soutient entre autres le programme pluriannuel de l'ONG Médecins du monde qui a fait de la réduction de la mortalité et de la morbidité maternelle un objectif principal de son action.

Enfin, à travers le Fonds belge de survie, la coopération belge cofinance actuellement des programmes de l'UNICEF pour un montant total d'environ 14 millions d'euros. Outre l'objectif d'amélioration de la sécurité alimentaire et de réduction de la pauvreté, ces programmes contribuent à la pérennisation des services de santé. D'autres actions du même type sont réalisées à travers le FIDA - Fonds International de Développement agricole -, le FENU - Fonds d'Équipement des Nations unies - et la Coopération technique belge.

S'agissant des actions futures, le Fonds belge de Survie dispose encore de dotations prévues par la loi pour engager des nouveaux projets en 2008.

Par ailleurs, je tiens à vous préciser que dans le cadre de notre coopération bilatérale, huit commissions mixtes sont prévues pour cette année. Ces commissions, résultat d'une concertation entre la Belgique et ses pays partenaires, définiront le programme indicatif de coopération pour les quatre années á venir. De nouvelles actions ayant pour but d'améliorer durablement les services de santé à l'intention des enfants et des femmes pourront donc être initiées dans le cadre de ces nouveaux programmes de coopération en fonction des secteurs d'intervention retenus comme prioritaires.

En ce qui concerne la mise en place éventuelle de programmes spécifiques d'assistance, comme précisé dans mon introduction, la coopération belge a plutôt pris le parti de développer une approche intégrée visant à renforcer les systèmes de santé dans leur globalité.

Partant du constat que seule une approche holistique peut offrir une solution durable en matière d'amélioration des soins de santé, y compris et surtout au bénéfice des femmes et des enfants, la prise en charge de la santé globale est ainsi préférée en règle générale à des programmes et des actions spécifiques.

Je terminerai en vous signalant que notre appui au secteur santé dépassait en 2006 les 110 millions d'euros, dont 32 millions étaient consacrés à la santé reproductive. Ces budgets sont, depuis 2003, en progression continue.

De voorzitter. - De agenda van deze vergadering is afgewerkt.

De volgende vergadering vindt plaats donderdag 21 februari om 15 uur.

(De vergadering wordt gesloten om 19.50 uur.)