3-152

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Belgische Senaat

Handelingen

DONDERDAG 23 FEBRUARI 2006 - NAMIDDAGVERGADERING

(Vervolg)

Mondelinge vraag van de heer Berni Collas aan de minister van Sociale Zaken en Volksgezondheid over «de vogelgriep» (nr. 3-1021)

Mondelinge vraag van de heer Jacques Germeaux aan de minister van Sociale Zaken en Volksgezondheid over «de vaccinatie tegen het vogelgriepvirus» (nr. 3-1025)

De voorzitter. - Ik stel voor deze mondelinge vragen samen te voegen. (Instemming)

De heer Jacques Germeaux (VLD). - Uit het feit dat ik elke week een vraag stel over dit thema, mag de minister niet afleiden dat ik zijn bekwaamheid in twijfel trek.

De minister weet dat ik de communicatie over dit onderwerp het belangrijkste probleem terzake vind. Er leeft veel onbegrip bij de bevolking over de ziekte. De pers wijst te snel op het gevaar van een mogelijke menselijke infectie. Nochtans is vogelpest een ziekte die voor 99,999 procent een aandoening is van vogels en niet van mensen. In Turkije en China werden wel mensen ziek, maar dat gebeurde in bijzondere omstandigheden. De pers legt daar onvoldoende de nadruk op en dat leidt tot paniek en onbegrip bij de bevolking.

Dat de communicatie niet erg duidelijk is, is geen kritiek op de minister. Hij beheerst dit dossier zeer goed.

Mocht het vogelgriepvirus ook in België toeslaan en zich transformeren in een variant die ook van mens tot mens overdraagbaar is, zou naar schatting 25 tot 30% van onze bevolking door de ziekte kunnen worden getroffen. Voor een behoorlijke verzorging van al die zieken heeft België drie en een half miljoen antivirale behandelingen nodig. Het Zwitserse farmaconcern Roche zal onmogelijk voldoende Tamiflu kunnen produceren om op korte termijn aan de vraag te voldoen.

Inmiddels zijn aan de Gentse universiteit de laboratoriumtests van een universeel griepvaccin achter de rug. Het vaccin zou een levenslange immuniteit tegen alle mogelijke griepvirussen kunnen garanderen. Ik weet ook wel dat dit toekomstmuziek is, maar dat alles draagt bij aan de onduidelijke communicatie.

België heeft voor de vaccinatie van pluimvee tegen het oprukkende vogelgriepvirus het standpunt van de Europese Unie afgewacht. De regeringen van de Europese lidstaten blijken echter niet eensgezind te zijn.

Zal de minister alternatieven voor Tamiflu zoeken als zich een grieppandemie aandient, bijvoorbeeld door het recht op import van generische geneesmiddelen, geproduceerd onder dwanglicentie, opnieuw in te voeren?

Overweegt hij de ontwikkeling van het universele griepvaccin op actieve wijze te steunen, bijvoorbeeld door meer middelen ter beschikking te stellen of door de nieuwe techniek van de Reverse Genetics aan te wenden mocht een pandemie uitbreken?

Hoe staat hij tegenover een Belgisch vaccinatieplan voor pluimvee, nu men op Europees niveau aan Frankrijk en Nederland de toelating heeft gegeven om preventief te vaccineren?

Ik weet dat die vragen vandaag misschien nog niet dringend zijn, maar het is voor artsen interessant om te weten wat ons in de toekomst te wachten staat.

M. Berni Collas (MR). - Monsieur le ministre, la grippe aviaire touche de plus en plus de pays européens. Bien que la Belgique ne connaisse pas encore, que je sache, de cas d'oiseaux ou de volailles contaminés, l'angoisse des gens s'accroît de jour en jour. Cependant, je tiens à dire que j'apprécie beaucoup la campagne de sensibilisation ou d'information lancée, hier, dans la presse et la mise à disposition, que vous avez annoncée, dans les maisons communales et bureaux de poste de dépliants informant de manière très compréhensible nos citoyens.

Quelles sont les précautions que la Belgique a prises ? Un confinement est prévu à partir du 1er mars prochain. D'autres mesures sont-elles envisagées en concertation avec les autorités européennes ?

À ce jour, la Belgique n'a pas encore décidé de procéder à des vaccinations. Je lisais hier que le recours à la vaccination n'est valable que si l'on applique un système de suivi garanti indispensable, lequel s'annonce lourd. Il faut en effet identifier chaque animal et le suivre tout au long de sa vie, notamment grâce à un dépistage sanguin pour vérifier s'il est contaminé ou pas. C'est du moins ce qu'a déclaré le commissaire Vanthemsche. Celui-ci a même précisé que, pour un particulier qui élève deux ou trois poulets, un tel système coûterait de 100 à 200 euros. Il ne se dit pas opposé par principe à la vaccination mais ajoute qu'il ne faut pas sous-estimer la surcharge administrative et les conséquences sur l'économie du secteur agricole. La viande provenant de volailles vaccinées est en effet plus difficilement exportable.

Monsieur le ministre, envisagez-vous de procéder à des vaccinations ? Si non, pour quels motifs ? Le coût est bien sûr un facteur important mais des considérations médicales, que je ne maîtrise pas assez, interviennent également. Quel est votre point de vue sur la perspective d'une vaccination ?

Pouvez-vous me donner une estimation du coût de cette opération ?

Pouvez-vous tirer un premier bilan de la ligne téléphonique spéciale que votre service public fédéral met à la disposition du citoyen pour répondre à ses questions ?

M. Rudy Demotte, ministre des Affaires sociales et de la Santé publique. - Je vais inverser l'ordre de mes réponses car les questions de M. Collas sont plus générales que celles de M. Germeaux.

Tout d'abord, je tiens à préciser que je préfère utiliser le mot « peste » aviaire plutôt que « grippe » aviaire. Il s'agit en effet d'une maladie restant, jusqu'à présent, animale. C'est une zoonose qui, dans certaines circonstances très précises, peut être transmise à l'homme mais il n'existe actuellement aucune voie de passage d'homme à homme.

Sur le plan épidémiologique, que savons-nous aujourd'hui ? Nous savons que les migrations printanières sont imminentes et que les mesures en vigueur ont été programmées selon une matrice d'actions très précise qui n'est nullement politique. Il ne s'agit pas d'un choix arbitré entre quelques individus, quel que soit leur savoir, mais d'une matrice construite avec l'avis d'experts et avalisée sur une base purement scientifique. Cette matrice prévoit qu'au 1er mars 2006, nous entrerons dans la zone à risque le plus élevé et qu'il faudra donc, à partir de ce moment, intensifier certaines mesures.

Un premier problème rencontré à cet égard a été celui de l'identification des zones dans lesquelles les mesures seraient intensifiées.

Le comité scientifique prônait la mise en oeuvre d'un confinement, mais un débat de nature sémantique a eu lieu. En effet, deux mots ont été utilisés en néerlandais : ophokplicht et afschermingsplicht. Le français ne connaissait pas cette difficulté puisqu'il utilisait le mot « confinement », qui tient un peu des deux termes néerlandais. Nous avons donc dû définir pour commencer ce que l'on entendait exactement par « portée des mesures de confinement ».

Je rappelle que le confinement est une mesure par laquelle, quand on le peut, on doit placer les volailles dans un enclos totalement fermé et dans des conditions telles qu'elles connaissent une qualité de vie suffisante ; quand ce n'est pas possible, il faut protéger les volailles au moyen de filets mais les nourrir et les abreuver dans des endroits abrités, pour éviter que les fientes d'oiseaux sauvages puissent contaminer l'eau ou les aliments.

Le débat a également porté sur la question des zones de confinement. Fallait-il partir, comme le recommandait le comité scientifique, des zones prédéterminées et négociées avec les régions ? Savez-vous que les sites de l'AFSCA ou www.influenza.be allaient jusqu'à indiquer les quartiers, les rues et les numéros des maisons dans les zones à protéger ? Il s'agit d'un excellent travail, mais il pose un problème. Si les scientifiques affirment que 99% des risques se courent dans lesdites zones, que se passe-t-il si le cas initial se trouve en dehors de celles-ci ? Étant donné la taille réduite de notre pays et l'existence de cas de contamination dans les pays voisins, j'ai proposé de faire un pas de plus que ne le souhaitait le comité scientifique, lequel a parfaitement compris ma démarche, en imposant les mesures de confinement dès le 1er mars sur tout le sol belge. En effet, notre tâche est de protéger les volailles partout où elles se trouvent. Dès lors que le virus est en train de connaître une progression sur notre continent, les volailles sont menacées dans toutes les régions.

Beaucoup de stratégies ont été déployées ou vont l'être dans le cadre des recommandations pertinentes du comité scientifique, mais aussi du commissariat interministériel qui a été mis sur pied et qui réunit tous les niveaux de pouvoir et toutes les compétences du pays : sanitaire, agricole, etc.

Notre premier souci concernant l'utilisation du vaccin est de type scientifique. Le vaccin que l'on administre aujourd'hui à la volaille couvre non pas le virus de type H5N1, mais un type de virus H5, dont on ne définit pas nécessairement la neuraminidase par le « 1 ». On peut ainsi inoculer un vaccin H5N2. Si l'animal vacciné venait à développer ou être porteur de la pathologie H5N1, on aurait la faculté, dans les tests biologiques pouvant être réalisés, d'identifier à partir de la neuraminidase la différence entre ceux qui auraient été vaccinés et ceux qui auraient été infectés par la souche virale N1 dont je viens de parler.

Ce n'est cependant pas une mesure simple. Il faut prélever du sang chez ces animaux et assurer leur suivi.

Chaque dose de vaccin coûte environ 0,80 euro mais le prix grimpe à cause de tous les frais annexes. Ainsi, le coût total de la vaccination et du suivi, pour un éleveur amateur possédant trois poules, atteindrait 200 euros, ce qui n'est pas négligeable.

Il y a aussi un doute sur la vaccination : les volailles ne sont en effet pas vaccinées dans des conditions qui offrent une garantie absolue. Les souches virales du vaccin de type H5N2 ont été expérimentées essentiellement sur un type de volaille, les poules. L'impact sur les autres espèces peut être différent. En d'autres termes, les protections peuvent varier en fonction du type de volaille.

Par ailleurs, ce vaccin crée les conditions d'une mise en sourdine de la maladie. Un animal peut être vecteur de cette maladie sans en être affecté, ce qui est très grave.

Nous nous demandons toujours si notre stratégie de vaccination est appropriée, d'autant plus que nos pays voisins ont adopté des stratégies vaccinales extrêmement différentes.

En ce qui concerne le nombre d'appels parvenus à la centrale, jusqu'au 14 février, on en comptait une vingtaine par jour. Chaque fois que la presse a évoqué le thème de la grippe aviaire, leur nombre a augmenté. Jusqu'au 18 février inclus, on comptait entre 40 et 70 appels par jour et après que nos pays voisins, la France et l'Allemagne, ont révélé l'apparition de cas et annoncé des mesures, nous sommes passés à 230 appels le 20 février, 309 le 21, 1.200 le 22 février et cela va continuer à augmenter, d'autant plus que nous faisons maintenant de la publicité pour le numéro vert destiné à informer la population. Si certaines des questions posées sont très intéressantes sur le plan épidémiologique, d'autres sont beaucoup plus légères : certaines personnes se demandent comment faire pour attraper leurs canards.

Wat de antivirale middelen betreft, hebben we een stock van afgewerkte producten, meer in het bijzonder van Tamiflu en Relenza, besteld, alsmede een voorraad van meer dan twee miljoen doses actieve bestanddelen.

Bovendien heb ik het wetenschappelijk comité opgedragen de literatuur omtrent het bestaan en het gebruik van geneesmiddelen bestemd voor de bescherming of behandeling van personen die besmet zijn met het vogelgriepvirus van nabij op te volgen.

Indien een pandemie uitbreekt, maakt artikel 73 van het TRIPS-akkoord het voor elke lidstaat van de Wereldhandelsorganisatie mogelijk om maatregelen ter bescherming van de volksgezondheid te nemen. Een vrijwillige licentie van de licentiehouder is de beste oplossing. Alleen als de onderhandelingen met de licentiehouder mislukken, kan men overgaan tot het uitvaardigen van dwanglicenties, mits het betalen van een schadevergoeding aan de licentiehouder.

Ik hecht veel belang aan de resultaten van de onderzoeken die de Universiteit Gent heeft uitgevoerd in verband met de ontwikkeling van een universeel griepvaccin. Ik heb de onderzoekers uitgenodigd en zal hen binnenkort ontmoeten.

Het is en blijft een uitzondering dat Frankrijk en Nederland de toestemming hebben gekregen om preventief te vaccineren.

In Nederland blijft de ophokplicht gelden. Alleen wanneer dat onmogelijk te realiseren is, mogen privé-personen hun veearts om een vaccinatie vragen. De vogels zullen worden geringd en de eigenaars worden geïdentificeerd.

Voor de harmonisatie is dat allicht niet de beste keuze, maar ze vormt alleszins geen bedreiging voor de controle en het beheer van een eventuele epidemie.

België blijft erbij dat vaccinatie, behalve voor vogels van een belangrijk genotype, niet opportuun is. Vaccinatie verhindert immers niet de circulatie van het virus. Bovendien bemoeilijkt ze het toezicht, aangezien gevaccineerde vogels besmet kunnen zijn. Wanneer beslist wordt tot vaccinatie over te gaan, moet dat voor heel Europa gelden.

De bij wijze van uitzondering genomen maatregelen leveren alleszins heel wat problemen op. Uit volgende voorbeelden blijkt dat de keuze onevenwichtig is.

In Frankrijk mogen ganzen en eenden in bepaalde regio's worden gevaccineerd. In Nederland worden dan weer kippen van privé-personen gevaccineerd. In Frankrijk is het verboden duivenwedstrijden te organiseren, maar dat is niet het geval in Spanje en in België. Hoe moeten duiven die in Spanje worden gelost dan naar België vliegen? Dergelijke beslissingen hebben geen enkele zin.

De heer Jacques Germeaux (VLD). - Ik dank de minister voor zijn uitgebreid en wetenschappelijk goed onderbouwd antwoord. Hij begreep wel degelijk dat mijn vraag niet zozeer over de griep ging, maar dat ze ook `Nieuw-Zeelandse' kantjes had. Hij heeft daar duidelijk en concreet op geantwoord.

Ik wil hem enkel nog vragen of hij bij zijn ontmoeting met de Gentse professoren ook een delegatie van het parlement kan uitnodigen. Uiteindelijk komen daar nog andere problemen bij kijken, onder meer wat de financiering betreft. Bij deze nodig ik dus eigenlijk mezelf uit.

M. Berni Collas (MR). - Je tiens à remercier le ministre pour ses propos. Je salue la sérénité et la vigilance qui caractérisent l'action du gouvernement et des autorités belges.

Je voudrais poser une question subsidiaire. Les dépliants sont-ils déjà disponibles dans les maisons communales ? (Signe d'assentiment du ministre)

Enfin, je coiffe ma casquette de sénateur de la Communauté germanophone. J'ai consulté le site www.influenza.be. L'information y est disponible de manière identique dans les trois langues. La qualité de l'allemand y est très bonne. Je salue donc le souci d'informer tous les citoyens de notre pays dans les trois langues. Toutefois, en consultant l'autre site, www.health.fgov.be, j'ai constaté un certain retard de la mise à jour de l'information disponible en allemand. Je serais donc très heureux que vous combliez cette lacune.

M. Rudy Demotte, ministre des Affaires sociales et de la Santé publique. - Je remercie la Communauté germanophone de l'aide qu'elle nous a fournie, notamment pour la traduction des pages du site www.influenza.be. Si demain, avec l'aide de cette Communauté, nous pouvions encore parfaire la communication sur d'autres sites, nous en serions très heureux.