(Fr.): Question posée en français - (N.): Question posée en néerlandais
Il me revient que certaines gares fermeraient leurs guichets prochainement lors des week-ends. En effet, un plan de restructuration est en cours : certaines gares risquent de fermer du vendredi à partir de 22 heures — voir plus tôt — jusqu'au lundi à 5 heures du matin.
La SNCB a annoncé que la gare de Leuze-en-Hainaut est concernée par ce projet.
Si cela s'avère exact, il en résultera de graves inconvénients pour les personnes dont la mobilité est déjà hypothéquée et qui n'ont aucune autre alternative que le train pour leurs déplacements.
En effet, actuellement, elles sont soumises à une procédure relativement lourde :
1° les personnes handicapées doivent arriver une demi-heure avant le départ afin que le personnel de la gare prévienne l'autre gare pour effectuer un changement de voie étant donné que l'élévateur se trouve en voie 2;
2° pour se rendre en voie 2, les personnes handicapées ont besoin d'un accompagnement pour traverser la voie en toute sécurité, l'escalier souterrain leur étant inaccessible;
3° une fois le train arrivé, une manipulation de l'élévateur est nécessaire pour monter dans le train;
4° enfin, le chef de gare doit prévenir la gare de destination afin que les mêmes manipulations soient effectuées.
Cette procédure a au moins le mérite d'exister et de permettre l'usage du train.
S'il n'y a plus de personnel les week-ends et jours fériés, l'accessibilité au train est supprimée pour les moins-valides ! Suggérer par ailleurs à ces personnes de prendre le train dans une autre gare équipée n'est pas une solutions dans la mesure où si elles choisissent de prendre le train, c'est qu'elles n'ont pas d'alternative et donc pas de véhicule personnel pour les conduire à un autre point de départ.
Il va de soi que cette décision ne sanctionnerait pas uniquement les personnes handicapées de l'entité de Leuze-en-Hainaut mais également toutes les personnes en chaise roulante d'autres entités en visite à Leuze-en-Hainaut (cf. 4°).
Les personnes en chaise roulante doivent se battre chaque jour contre leur maladie. Il semble que cela soit suffisant sans que ne s'ajoute le fait de devoir se battre pour avoir accès à un transport en commun.
Cette « stratégie » de la SNCB pose en outre d'autres questions.
En effet, alors que la sécurité de certaines gares est déjà précaire, l'absence de personnel le week-end n'arrangera rien. On peut craindre également une dégradation des bâtiments, laissés sans surveillance.
La prise de ticket dans les trains entraînera également une plus grande insécurité des contrôleurs, ces derniers devant, par la force des choses, manipuler plus d'argent.
Si, selon la presse, « aucune décision officielle n'est prise à ce jour même s'il est vrai qu'une étude est en cours », une restructuration semble donc bien à l'ordre du jour, d'autant plus qu'à Trois-Pont la direction SNCB a officiellement confirmé au collège échevinal la fermeture des guichets. Il me revient que le critère de fermeture envisagé pour les gares est un nombre d'usagers inférieur à 150 par jour.
Ces problèmes relevant de l'intérêt général, je vous demande ceci :
1. Pourriez-vous m'expliquer où en est l'ensemble du projet ? Quelle place a-t-elle été réservée à l'action « handicapés » dont fait partie ce projet ? Quelles gares seront restructurées en Belgique, dans quelles proportions ?
2. Pourriez-vous vous engager à ne pas supprimer les facilités octroyées, bien légitimement, aux personnes en chaise roulante ?
3. Dans le cas où la restructuration serait effective :
a) quelles alternatives pourriez-vous offrir pour garantir aux personnes en chaise roulante une même autonomie d'action;
b) quelles alternatives proposez-vous pour faire face à la menace d'insécurité qui pèse aussi bien sur les voyageurs que sur les contrôleurs de trains et les bâtiments ?
Réponse: En réponse à ses questions, j'ai l'honneur de communiquer les éléments suivants à l'honorable membre.
La SNCB n'envisage pas de modifier les heures d'ouverture de guichet à Leuze.
En ce qui concerne la diminution des prestations organisées pour la surveillance des installations en gare de Leuze, les conclusions de l'étude de rationalisation de cette activité menée au niveau du réseau, conclusions soumises au Comité de Direction pour approbation, ne justifient pas l'organisation des prestations de nuit et de week-end du personnel de surveillance.
En effet, les chiffres de fréquentation sont nettement en dessous de la norme minimale fixée pour prévoir l'organisation des prestations concernées. Par ailleurs, l'équipement de la gare au niveau de la sonorisation et des abris installés sur les quais permet un accueil convenable de la clientèle.
Quant à l'accueil des personnes à mobilité réduite, la politique actuelle de la SNCB est de cibler un certain nombre restreint d'installations bien situées géographiquement par rapport à la demande globale et dans lesquelles la SNCB pourra garantir un service de qualité pour l'accueil des personnes à mobilité réduite aussi bien au niveau de la présence du personnel que des moyens disponibles (rampes d'embarquement, signalétique, etc.).
Ces installations désignées sont actuellement au nombre de 93 et la gare de Leuze ne figure pas dans cette liste.
Nonobstant ce fait, une rampe d'embarquement a effectivement été mise à disposition dans cette installation pour permettre l'assistance aux personnes à mobilité réduite lorsque les circonstances permettant de garantir la sécurité de ces personnes et du personnel SNCB sont réunies, c'est-à-dire que du personnel est prévu et disponible en suffisance à ce moment (en principe un minimum de deux agents).
En l'absence de ce personnel, la sécurité des opérations d'embarquement ne peut être garantie et l'accueil doit être reporté en gare d'Ath qui dispose de ces moyens comme mentionné dans la brochure éditée à cet effet à l'attention de la clientèle.