3-1072/1 | 3-1072/1 |
3 MARS 2005
En dépit des condamnations dont ils font l'objet sur le plan international comme sur le plan national, le racisme et la xénophobie sont loin d'être éradiqués.
Le 60e anniversaire de la libération du camp de concentration d'Auschwitz doit être pour les pouvoirs publics l'occasion de condamner une fois encore vigoureusement ce genre de pratiques et de prendre de nouvelles initiatives en vue de promouvoir la tolérance à l'égard des immigrés, des minorités et de ceux qui pensent autrement que nous.
| André VAN NIEUWKERKE. |
Le Sénat,
A. vu la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée par l'assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1948;
B. vu la Convention européenne des droits de l'homme, et ses Protocoles additionnels, approuvée par la loi du 13 mai 1955;
C. vu la loi du 30 juillet 1981 tendant à réprimer certains actes inspirés par le racisme ou la xénophobie;
D. vu l'adoption par le Sénat, le 9 février 1995, de la résolution relative à la lutte contre le racisme, la xénophobie, l'antisémitisme et l'intolérance;
E. vu l'adoption par le Sénat, le 21 décembre 1995, de la résolution relative à la journée commémorative du génocide perpétré par l'Allemagne nazie;
F. vu l'approbation par le Parlement européen, le 27 janvier 2005, de la résolution sur l'antisémitisme;
G. considérant que le 27 janvier 2005, date du 60e anniversaire de l'ouverture des portes du camp d'extermination d'Auschwitz, en Pologne, est l'occasion de condamner sans réserve toute forme de racisme, de xénophobie et d'antisémitisme, ainsi que la persécution des minorités;
H. considérant que l'on assiste encore aujourd'hui à des manifestations d'antisémitisme à l'encontre de membres des communautés juives en Europe, notamment sous la forme d'agressions et de profanations de sites religieux et d'institutions publiques tels que les synagogues, les cimetières, les centres culturels, etc.;
I. considérant que le racisme et la xénophobie ont pris des apparences et des formes d'expression nouvelles et extrêmement préoccupantes, qui pourraient mettre en danger la démocratie et les droits fondamentaux;
J. considérant que des actes racistes et xénophobes sont commis depuis 1945 contre les immigrés, les étrangers et les minorités;
K. considérant que cette recrudescence du racisme, de la xénophobie et de l'antisémitisme contribue à créer un climat d'angoisse et d'insécurité;
L. considérant que la discrimination fondée sur la religion ou sur l'origine ethnique existe encore à divers niveaux;
M. considérant que la tolérance est une condition fondamentale à respecter pour que tous les citoyens puissent vivre ensemble;
demande au gouvernement :
1. de condamner sans relâche tout acte d'intolérance et d'incitation à la haine raciale, ainsi que tout acte d'intimidation et de violence raciste;
2. de condamner sans réserve et sans relâche toute forme d'antisémitisme, quelle que soit la manière dont elle s'exprime;
3. de condamner tous les actes de violence inspirés par la haine religieuse ou raciale ou par l'intolérance, y compris les attaques contre les lieux saints, les sites religieux et les sanctuaires appartenant aux juifs, aux musulmans ou à d'autres confessions;
4. de condamner tous les courants extrémistes qui prennent prétexte des conditions économiques existantes pour focaliser les tensions sociales sur les immigrés, les réfugiés et les minorités;
5. de promouvoir l'action éducative au sujet de l'holocauste, en soutenant toutes les institutions qui s'attachent à en perpétuer la mémoire;
6. d'encourager, notamment dans les écoles et dans les médias, les initiatives positives visant à sensibiliser, en particulier, les jeunes aux dangers découlant des idéologies totalitaires et racistes.
10 février 2005.
| André VAN NIEUWKERKE. |