Questions et Réponses

Sénat de Belgique


Bulletin 3-10

SESSION DE 2003-2004

Questions posées par les Sénateurs et réponses données par les Ministres

(Fr.): Question posée en français - (N.): Question posée en néerlandais


Ministre de la Fonction publique, de l'Intégration sociale et de la Politique des grandes villes (Fonction publique)

Question nº 3-595 de M. Brotcorne du 12 janvier 2004 (Fr.) :
Selor. ­ Activités culturelles.

À la page 4 du rapport annuel du Selor on peut lire : « Malgré toutes ces turbulences, nous avons néanmoins réussi à réaliser des initiatives originales telles que le projet culturel. Il s'agit pour Selor d'un projet crucial qui a été particulièrement apprécié par nos clients, la presse spécialisée et les milieux culturels. Le premier vernissage a dès lors connu un succès retentissant. De tels évènements feront partie désormais de la culture de recrutement de Selor et soutiendront sa nouvelle image. Par le projet culturel, Selor veut démontrer que l'administration fédérale ouvre ses portes aux talents. Les salles d'attente ont ainsi été décorées de manière utile et agréable. »

Le business process re-engineering de 2001 avait pourtant considéré la sélection et le recrutement comme mission centrale du Selor en préconisant d'ailleurs le rejet de toute autre activité tel que l'organisation de sélections pour les communautés, les régions ainsi que les examens linguistiques ou les sélections pour tiers.

L'honorable ministre pourrait-elle m'indiquer si la vocation de promotion culturelle que s'attribue le Selor est conciliable avec sa mission centrale telle que fixée par le business process re-engineering ? Existe-t-il un rapport entre l'organisation d'activités culturelles et l'organisation de sélections ? Connaît-on l'impact de cette activité sur l'intérêt porté à la mission principale de Selor ?

N'y a-t-il aucun risque que l'infrastructure, les moyens budgétaires et les heures de travail nécessaires à l'organisation de ces expositions aient été soustraits à la réalisation optimale de la mission principale de Selor ?

Ne doit-on pas considérer les dépenses engagées pour cette activité comme une forme de non-respect du principe de « spécialité » du budget ?

Comment le Selor va-t-il perpétuer cette initiative après son déménagement prévu en décembre 2003 vers des locaux nettement plus exigus dans lesquels un espace culturel ne pourra être organisé ?

En outre, je souhaiterais savoir quelles sont les autres « initiatives originales » auxquelles il est fait allusion dans le rapport annuel.

Enfin, ne serait-il pas plus utile de laisser aux institutions culturelles le soin de faire connaître les créations artistiques et, qui plus est, au grand public et pas uniquement aux candidats ?

Réponse : En 2001, le BPR de Selor était un exercice indicatif visant à améliorer les processus d'organisation au sein de celui-ci. En outre, le BPR se basait sur la situation de 2001. L'objectif d'un BPR n'est pas de déterminer le contenu de la mission d'une organisation. Cette tâche incombe aux dirigeants, et ce en concertation avec le ministre.

En effet, le recrutement et la sélection font partie des missions de base de Selor. C'est pourquoi le Projet culturel s'inscrit parfaitement dans l'approche de recrutement différenciée de Selor. Le dessein du Projet culturel comprend deux parties. D'une part, le Selor entend développer son principe de recrutement « Révéler votre talent » et offrir un forum aux artistes pour exposer leur talent; pour les candidats, on vise à leur communiquer ainsi le message que leur talent ne passera pas inaperçu chez Selor. D'autre part, l'angle d'incidence du Projet culturel est déterminé par le choix de l'un des groupes cibles minoritaires. Étant donné que 2003 était « l'année des handicapés » le choix d'oeuvres de personnes handicapées s'imposait. En même temps, Selor parvient à toucher un de ses groupes cibles, difficile à approcher par le biais des canaux de recrutement réguliers.

Par ailleurs, le Selor concourt ainsi à l'image positive des pouvoirs publics. La publicité qu'entraîne ce projet ne se limite pas aux candidats, il touchera également le grand public. L'exposition n'est donc pas limitée aux candidats qui en prennent connaissance; toute personne qui le désire peut y avoir accès.

Le coût de ce projet, tant financier, logistique, que personnel, est dès lors tout à fait justifiable dan le budget de la communication de recrutement et des missions de base de Selor.

En raison des réactions positives que le projet suscite, Selor opte pour la continuation de ce projet dans son nouvel emplacement. À nouveau, une salle d'attente au rez-de-chaussée sera destinée à la continuation du Projet culturel.

Néanmoins, on ignore toujours à l'heure actuelle les autres initiatives à venir. Selor satisfait aux thèmes sociaux, aux besoins actuels ainsi qu'aux propositions émanant des différents composants de la société. Selor veillera toujours à vérifier la valeur ajoutée pour son organisation et si l'initiative s'inscrit dans son approche de recrutement. Dans bien des cas, Selor sera obligé d'agir assez vite. En outre, on risque de perdre l'aspect original de ces initiatives si on les rend publiques trop longtemps à l'avance.

Enfin, le Selor entend être respectueux de la loi spéciale du 8 août 1980 et, aussi longtemps que celle-ci n'est pas modifiée, effectuer les sélections pour les communautés et les régions après consultation des responsables politiques respectifs.