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De voorzitter. - De heer Jaak Gabriëls, minister van Landbouw en Middenstand, antwoordt namens de heer Marc Verwilghen, minister van Justitie, die in Stockholm is.
Mme Anne-Marie Lizin (PS). - Bien que je regrette l'absence d'un des deux ministres compétents, je remercie les ministres présents pour la réponse qu'ils voudront bien m'apporter.
Je vais vous relater des faits au sujet desquels je crains que les ministres ici présents ne soient assez éloignés. Ces faits se sont déroulés sur le territoire belge et révèlent le niveau catastrophique de la criminalité contre les personnes et de l'absence de protection des personnes arrivant sur le territoire. En l'occurrence, il s'agit d'une jeune fille de nationalité mongole qui, arrivée le 15 janvier et envoyée au Petit Château, se rend au Commissariat général pour y compléter ses documents et qui, deux jours plus tard, se voit accoster au Petit Château même par des ressortissants ivres originaires des pays de l'Est - Russes et Mongols - qui, même s'ils n'ont plus rien à faire à cet endroit, repèrent probablement leurs victimes parmi les femmes se présentant devant le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides et qui, par conséquent, savent très bien qu'elles sont seules ou en tout cas, qu'elles ne se trouvent pas sous le contrôle d'un ressortissant d'un pays de l'Est.
Le ministre Vande Lanotte, responsible de la sécurité du Petit Château, s'est-il au moins inquiété de ce problème ?
Peut-on imaginer la ténacité don't a dû faire preuve l'autre jeune Mongole pour obtenir que la police veuille bien s'intéresser à ce cas ?
Sait-on, par exemple, combien de jeunes filles ou de femmes disparaissent du Petit Château ? Tient-on un registre de ces disparitions considérées, j'en suis sûre, comme « sans grande importance » ?
Après avoir été entraînée de force, menacée et victime de violences, la jeune Mongole a été violée par une trentaine d'hommes originaires des pays de l'Est, dans un appartement visiblement connu de tous ceux qui traînent à l'entrée du Petit Château. A l'arrivée de la police de Bruxelles, on n'a arrêté que sept de ces hommes. Cette enquête, actuellement en cours, est considérée comme une agression et ne relève pas de la traite des êtres humains. Or, il est fort probable que ces femmes, attirées par les petites annonces, passent par Oulan Bator avant d'aboutir chez nous, où elles sont d'emblée considérées comme un véritable marché aux bestiaux. Ces hommes ont déclaré à la jeune femme qu'elle était la cinquantième à y passer. Si tel est le cas, il s'agit d'une très lourde responsabilité humaine même si cela n'a aucune valeur diplomatique. Ce n'est évidemment pas à vous que s'adresse cette question, Monsieur le ministre, mais à celui qui a en charge la protection des plus faibles parmi les plus faibles que compte une société comme la nôtre. La jeune Mongole a reçu un ordre de quitter le territoire. Il est probable que ses violeurs ont introduit un recours au Conseil d'État et on peut même penser que certains d'entre eux détiennent des papiers leur permettant de séjourner chez nous dans le cadre de l'opération de régularisation. Une telle situation serait parfaitement inacceptable. Je considère ce cas comme représentatif des drames humains qui se jouent à Bruxelles, boulevard Jacqmain. Je crois que nous sommes tous concernés par cette question.
M. Jaak Gabriëls, ministre de l'Agriculture et des Classes moyennes. - Compte tenu de la brièveté du délai imparti, le cabinet du ministre de la Justice n'a pas reçu du parquet concerné une réponse à votre question. Dès qu'elle sera en sa possession, le cabinet de mon collègue vous la transmettra sans délai.