(Fr.): Question posée en français - (N.): Question posée en néerlandais
Lors du Sommet mondial de l'enfance en 1990 et de la Conférence alimentaire mondiale en 1992, on a formulé à plusieurs reprises l'objectif de réduire de moitié la sous-alimentation au cours des années 90. Selon le Rapport sur le développement humain 1997, quelque 160 millions d'enfants souffrent de sous-alimentation. En Asie du sud-est, leur nombre, qui est de 85 millions, reste assez stable, mais en Afrique subsaharienne surtout, il augmente de manière effrayante. Globalement, la sous-alimentation est en recul dans le monde entier, mais, proportionnellement, elle ne diminue pas suffisamment pour compenser l'augmentation rapide de la population mondiale. Si on ne prend pas rapidement des mesures, on ne pourra pas atteindre l'objectif que l'on s'est fixé, à savoir réduire le nombre des personnes souffrant de sous-alimentation. Plusieurs pays en développement ont actuellement des stratégies à court terme pour améliorer leur situation, mais ils ne disposent pas de moyens financiers suffisants.
L'honorable secrétaire d'État pourrait-il répondre aux questions suivantes :
1. Quels montants a-t-on prévus au budget 1997 et au budget 1998 pour lutter spécifiquement contre la sous-alimentation des enfants dans les pays en développement ?
2. Existe-t-il des projets particuliers, soutenus par les autorités belges, qui ont pour objet de lutter contre la sous-alimentation des enfants dans les pays en développement ? Si oui, dans quels pays et avec quels moyens ?
3. Y a-t-il une concertation au niveau international visant à déployer davantage d'efforts dans la lutte contre la sous-alimentation et à actualiser les objectifs que l'on s'était fixés ?
Réponse : 1. L'AGCD contribue à combattre la sous-alimentation des enfants dans les pays à faible revenu via des contributions annuelles à l'Unicef. En 1997 et 1998 il s'agissait d'une contribution de 80 millions de francs.
L'AGCD contribue également depuis 1995 au projet andin Unicef « micro-nutrients » à raison de 20 millions de francs par an pendant cinq ans.
Le programme du Fonds de survie, avec objectif principal l'amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages, a financé en 1997 quatre projets pour un montant total de 462,5 millions de francs dont 145,5 millions sont spécifiquement allés à l'amélioration des services de santé primaires et de la nutrition. En 1998, le Fonds belge de survie finance quatre projets pour un montant total de 465 millions de francs dont jusqu'à maintenant 127,5 sont allés à l'amélioration des soins de santé primaires et de la nutrition.
En général, les projets du Fonds belge de survie envisagent une amélioration durable des productions agricoles, les revenus des ménages permettant d'acquérir les vivres nécessaires. Chaque projet comprend aussi une composante améliorant les services de santé primaires qui englobe des actions de sensibilisation nutritionnelle des mères et de suivi de la croissance des enfants. La lutte contre la malnutrition des enfants s'inscrit donc dans une approche globale.
Lorsque les projets répondent à un déficit alimentaire chronique, au taux de malnutrition des enfants, au faible accès aux services de base, ils sont alors sélectionnés pour le Fonds belge de survie.
2.a) Beaucoup d'ONG ont des programmes ou des projets financés par l'AGCD ayant un volet de lutte contre la sous-alimentation en général et contre la sous-alimentation chez les enfants en particulier. Il n'existe pas d'inventaire de ces actions.
b) Les opérations subventionnées par les crédits « d'aide d'urgence et de réhabilitation à court terme » de l'AGCD ont pour objectif de satisfaire les besoins vitaux (eau, aliments, abri, soins de santé, hygiène,...) des populations qui sont affectées soit par des catastrophes naturelles soit par des conflits armés. Elles comprennent souvent un volet alimentaire ou nutritionnel en faveur des groupes vulnérables (enfants de moins de cinq ans, femmes enceintes et donnant le sein, ...), mis en oeuvre par quelques ONG spécialisées dans ce domaine.
Dans le cas de malnutrition modérée ou légère, la mère reçoit une ration alimentaire supplémentaire pour son enfant sous-alimenté. En cas de situations de catrastrophes, il s'avère souvent nécessaire de fournir provisoirement une aide alimentaire à tous les membres de la famille. Lorsque la situation s'améliore, certaines opérations visent à donner aux familles sinistrées, les moyens de réhabilitation (semences, outils agricoles...) qui leur permettent de retrouver leur autonomie alimentaire.
Dans le cas de malnutrition sévère, l'enfant reçoit, sous surveillance médicale, une alimentation thérapeutique (aliments hyperénergétiques et hyperprotéiques) dans des centres nutritionnels prévus à cet effet. Les aliments thérapeutiques sont soit envoyés sous forme de kits soit fabriqués localement à partir d'aliments importés (lait en poudre, huile,...) et d'aliments locaux (farines locales,...).
3. Le travail de coordination avec les organisations internationales pour influencer les stratégies nationales des pays à faible revenu, cible davantage une amélioration durable de la sécurité alimentaire des ménages plutôt que la problématique de la malnutrition des enfants.