(Fr.): Question posée en français - (N.): Question posée en néerlandais
Le 23 avril 1996, je vous avais déjà adressé une question relative à la secte brésilienne « Igreja Universal do Reino de Deus », ou « Église universelle du royaume de Dieu », et ce à l'occasion de l'ouverture d'une église de cette secte à Anvers (cinéma Rubens). J'estimais devoir poser une question parlementaire, étant donné que cette secte est accusée, à l'étranger, de fraude fiscale et de trafic de drogue. J'indiquais que cette secte ne compte que peu d'adeptes en Belgique, mais qu'elle peut se permettre de louer l'ancien cinéma Rubens pour une somme mensuelle de quelque 200 000 francs. Comme je n'ai pas encore reçu de réponse du ministre, j'aimerais lui poser une série de questions nouvelles.
Cette secte n'a pas encore beaucoup de succès en Belgique. J'ai appris qu'aux cérémonies qu'elle organise à Anvers, on ne dénombre qu'une trentaine de participants, pour la plupart d'expression portugaise. Comme le loyer est très élevé, je suppose que la branche belge de la secte est sponsorisée au moyen d'argent étranger. Mais, comme cette secte est accusée à l'étranger de financer ses activiés avec de l'argent « criminel », l'on peut se demander si elle n'utilise pas aussi de l'argent criminel, notamment en Belgique, pour financer ses activités. La secte est déjà étroitement surveillée dans plusieurs pays et l'on y intervient effectivement contre elle. L'association pour la défense de la personne et de la famille fait savoir que le leader de la secte, M. Edir Macedo Bezerra, avait été emprisonné au Brésil en 1992 pour blanchiment d'argent noir, contrebande et charlatanisme. Selon le journal brésilien Folha De Sao Paulo du 17 septembre 1995, la secte a repris, en 1990, une station de télévision pour le prix de 45 millions de dollars, dont 1 million de dollars auraient été empruntés auprès de la narco-maffia colombienne. La secte a donc tenté de blanchir de l'argent issu de la drogue. Selon le journal américain The O Global du 30 décembre 1995, le F.B.I. a entamé une enquête sur les agissements de la secte, ce qui permet de supposer qu'elle s'adonne à la corruption, entretient des liens avec la maffia de la drogue et s'occupe de blanchiment d'argent. En 1994, Interpol aurait mené une enquête sur la secte au Portugal et aux États-Unis. J'ai appris également que Mario Justino, un ancien membre de la secte, confesse, dans un livre paru en 1996 sur l'« Église universelle du royaume de Dieu » qu'il s'est lui-même adonné au blanchiment d'argent, et ce sur l'ordre de la secte.
Interpol a-t-elle déjà pris contact avec la Sûreté de l'État ou d'autres services de police ? Comment se déroule la collaboration entre ces instances ? La secte est-elle effectivement surveillée par la Sûreté de l'État ? Quelles sont les autres sectes que la Sûreté de l'État surveille également de près ? Ces sectes ou autres ont-elles déjà fait l'objet d'enquêtes judiciaires ? Si oui, quelles sont les sectes en question ?
L'honorable ministre vérifie-t-il les flux financiers à destination de cette secte et au départ de celle-ci en Belgique ?
L'honorable ministre estime-t-il acceptable que s'établisse en Belgique une secte dont on soupçonne sérieusement qu'elle tire son avoir en capital du trafic de la drogue et d'autres pratiques douteuses ?
Quelles démarches l'honorable ministre fera-t-il lorsqu'il s'avérera que la secte est impliquée dans le tafic de drogue ?