Questions et Réponses

Sénat de Belgique

SESSION DE 1995-1996


Bulletin 1-8

16 JANVIER 1996

Questions auxquelles il n'a pas été répondu dans le délai réglementaire
(Art. 66 du règlement du Sénat)

(Fr.): Question posée en français - (N.): Question posée en néerlandais


Ministre de la Justice

Question nº 66 de M. Anciaux du 24 novembre 1995 (N.) :
Violation de l'article 314 bis du Code pénal par le chef du service général du renseignement de l'armée et de la sécurité (SGR).

L'article 314bis du Code pénal sanctionne désormais le fait d'écouter ou de faire écouter par un subalterne le contenu de conservations ou de communications. C'est seulement dans le cadre d'une enquête judiciaire qu'un juge d'instruction peut, le cas échéant, procéder à des écoutes.

Outre l'article 314bis du Code pénal, la Loi Belgacom de 1991 sanctionne également l'enregistrement de conversations ou de communications. La loi de 1979 relative aux communications radio qualifie d'illégale l'utilisation non autorisée d'appareils d'écoute. Le chef du SGR, le général Paul Georis, a pourtant déclaré que son service d'espionnage continuerait à travailler dans l'illégalité au cas ou une nouvelle loi ne légaliserait pas son système d'écoute.

L'honorable ministre pourrait-il me dire si le SGR se trouve au-dessus de la loi, si le Code pénal est applicable à tous les citoyens de notre pays ? Peut-il donner l'ordre à l'auditorat militaire d'ouvrir une enquête ? Si cette affaire relève exclusivement de la compétence de son collègue le ministre de la Défense nationale, le ministre de la Justice va-t-il le consulter à propos de cette affaire ? N'estime-t-il pas que la personne qui souligne publiquement, et ce, de manière provocante, une volonté de violer le Code pénal, a un comportement inacceptable, et ce, quelle que soit cette personne ? L'honorable ministre insistera-t-il pour que l'on engage des poursuites judiciaires ? Quelles mesures entend-il prendre pour arrêter les écoutes illégales ?