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Question écrite n° 8-499

de Thierry Witsel (PS) du 29 mai 2026

à la ministre de la Justice, chargée de la Mer du Nord

Voitures autonomes - Mise à jour à distance - Cyberattaque - Cause d'un accident - Responsabilités - Obligations de cybersécurité - RGPD - Respect - Données de conduites - Accès - Conditions

Chronologie

29/5/2026Envoi question (Fin du délai de réponse: 2/7/2026)
2/7/2026Réponse

Question n° 8-499 du 29 mai 2026 : (Question posée en français)

L'émergence des voitures autonomes marque une transformation profonde de la mobilité contemporaine. Ces véhicules, reposant sur l'intelligence artificielle, les capteurs et les données massives, promettent une réduction des accidents, une optimisation du trafic et une accessibilité accrue pour les personnes à mobilité réduite. Selon la Commission européenne, l'automatisation des transports pourrait contribuer à diminuer significativement les erreurs humaines, responsables de près de 90 % des accidents de la route.

Toutefois, cette évolution technologique soulève des enjeux majeurs en matière de responsabilité juridique. En cas d'accident impliquant un véhicule autonome, la distinction entre conducteur, constructeur et concepteur du logiciel devient floue. Le cadre juridique actuel, fondé sur la responsabilité du conducteur, semble inadapté à ces nouvelles réalités.

Le règlement européen 2019/2144 «Global Safety Regulation 2» (GSR2, règlement (UE) 2019/2144 du Parlement européen et du Conseil du 27 novembre 2019 relatif aux prescriptions applicables à la réception par type des véhicules à moteur et de leurs remorques, ainsi que des systèmes, composants et entités techniques distinctes destinés à ces véhicules, en ce qui concerne leur sécurité générale et la protection des occupants des véhicules et des usagers vulnérables de la route) impose dès 2026 des dispositifs de sécurité avancés, dont les enregistreurs de données («Event Data Recorder», EDR), afin de mieux comprendre les accidents.

Par ailleurs, les véhicules autonomes collectent une quantité massive de données, soulevant des inquiétudes en matière de protection de la vie privée. Le règlement général sur la protection des données (RGPD) impose des règles strictes, mais leur application concrète dans le contexte des véhicules connectés reste complexe, notamment concernant l'anonymisation des données et leur accès par les autorités.

Enfin, l'acceptabilité sociale constitue un défi. Selon l'Institut Vias, une partie importante de la population belge reste méfiante vis-à-vis des véhicules autonomes. Cette défiance souligne la nécessité d'un accompagnement pédagogique et réglementaire.

À ces enjeux s'ajoutent également des questions de cybersécurité et de souveraineté numérique. Les véhicules autonomes étant connectés en permanence, ils peuvent devenir des cibles potentielles de cyberattaques ou de captation massive de données sensibles.

Cette approche technologique converge vers un même impératif: la nécessité d'un cadre politique cohérent et anticipatif. La sécurité juridique, la protection des données, la cybersécurité et la responsabilité doivent être clarifiées pour garantir la confiance des citoyens.

Ainsi, la voiture autonome ne doit pas être pensée uniquement comme une innovation industrielle, mais comme un outil de politique publique nécessitant une coordination entre les niveaux belge et européen.

1) Si une mise à jour à distance («Over-The-Air», OTA) introduit un défaut entraînant un accident, le cadre légal belge prévoit-il clairement la responsabilité du constructeur ou de l'éditeur du logiciel?

2) En cas de cyberattaque ayant causé un accident, quelles responsabilités juridiques pourraient être engagées? Quelles obligations de cybersécurité seront d'ailleurs imposées aux constructeurs?

3) Comment le gouvernement entend-il concilier le respect du RGPD avec la nécessité pour les autorités d'accéder à certaines données en cas d'accident?

Réponse reçue le 2 juillet 2026 :

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