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Question écrite n° 8-493

de Thierry Witsel (PS) du 27 mai 2026

au vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté

Faux médicaments - Trafic - Sites de vente illégale - Détection et fermeture - Action des autorités - Coordination - Pénurie de médicaments - Prévention - Ordonnances numériques - Traçabilité - Contrôle - Mécanismes européens

Chronologie

27/5/2026Envoi question (Fin du délai de réponse: 25/6/2026)

Aussi posée à : question écrite 8-494

Question n° 8-493 du 27 mai 2026 : (Question posée en français)

Le trafic de faux médicaments connaît une forte expansion en Belgique et en Europe, principalement via des sites internet illégaux, régulièrement bloqués ou redirigés vers des nouvelles pages. Ces plateformes proposent des médicaments très divers et à haut risque: somnifères, antibiotiques, hormones, produits dopants, traitements de la dysfonction érectile, et parfois des substances liées à des usages particulièrement dangereux. Ces produits sont souvent mal dosés, falsifiés, inefficaces ou toxiques, constituant un risque direct pour la santé publique.

Les enquêtes révèlent une organisation criminelle internationale structurée, reposant sur une chaîne globale: production en Asie ou dans des zones de transit, reconditionnement parfois en Europe, puis distribution par colis postaux via l'internet. Les réseaux exploitent massivement les réseaux sociaux, les faux sites d'e-commerce et les messageries pour contourner les contrôles.

Ce trafic génère des profits considérables pour les réseaux criminels, tandis que les autorités procèdent chaque année à des saisies massives de produits à travers le monde.

En parallèle, la Belgique est confrontée à des cas de falsification ou de vol d'ordonnances électroniques, permettant l'obtention illégale de médicaments coûteux ou rares, ensuite revendus à l'étranger.

Les pénuries structurelles de médicaments en Europe (antibiotiques, insuline, traitements oncologiques, médicaments cardiovasculaires ou du système nerveux) fragilisent le système légal et favorisent le recours à des circuits parallèles. Dans ce contexte, la demande est alimentée par l'urgence thérapeutique, la recherche de solutions rapides, ou encore la difficulté d'accès aux soins.

Les conséquences sont multiples:

– danger sanitaire direct (toxicité, inefficacité des traitements);

– aggravation de la résistance aux antibiotiques;

– affaiblissement du contrôle du circuit pharmaceutique officiel;

– montée en puissance de réseaux criminels transnationaux;

– et normalisation de l'achat de médicaments hors cadre légal via internet.

Ainsi, le faux médicament ne constitue plus un phénomène marginal mais une industrie criminelle mondiale en expansion, qui s'insère dans les failles combinées du système de santé, du numérique et des chaînes d'approvisionnement mondialisées.

Cette question relève d'une transversalité entre santé publique, lutte contre la criminalité organisée, cybersécurité et contrôle du commerce numérique. Elle implique également les compétences des douanes, de la justice et de la coopération européenne en matière de traçabilité pharmaceutique et de lutte contre les réseaux transnationaux de faux médicaments.

1) Quelles mesures supplémentaires le gouvernement envisage-t-il pour renforcer la détection et la fermeture des sites de vente illégale de médicaments, notamment sur les plateformes étrangères?

2) Comment le gouvernement entend-il mieux coordonner les actions entre autorités sanitaires, douanes, police et acteurs numériques afin de lutter contre ces réseaux transnationaux?

3) Quelles initiatives sont prévues pour réduire les pénuries de médicaments, identifiées comme un facteur aggravant majeur de ce trafic?

4) Des mécanismes européens renforcés de traçabilité ou de contrôle des ordonnances numériques sont-ils envisagés ou soutenus par la Belgique?

5) Enfin, une évaluation spécifique de l'impact sanitaire des médicaments falsifiés en circulation en Belgique est-elle programmée afin d'adapter la réponse publique?