MV Hondius - Incident sanitaire - Enseignements - Menaces infectieuses - Préparation sanitaire nationale - Capacités hospitalières - Évaluation - Critères - Information de la population - Renforcement - Mécanisme européen «urgences sanitaires»
| 27/5/2026 | Envoi question (Fin du délai de réponse: 25/6/2026) |
Le navire de croisière «MV Hondius», battant pavillon néerlandais et exploité par la société Oceanwide Expeditions, a quitté Ushuaïa en Argentine le 1er avril 2026 pour une croisière vers les Canaries. Au cours du voyage, plusieurs passagers ont développé des symptômes graves liés à un hantavirus, provoquant rapidement une alerte sanitaire internationale.
Trois décès ont été signalés à bord et plusieurs cas confirmés ou suspects ont été recensés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon les mises à jour épidémiologiques les plus récentes, le nombre de cas confirmés aurait été réévalué à la hausse par les autorités sanitaires internationales, portant l'incident à une dimension plus large qu'initialement estimée. L'OMS suit désormais l'événement dans le cadre du Règlement sanitaire international (RSI), tout en maintenant que le risque pour la population générale reste faible.
Les investigations menées ont permis d'identifier le virus des Andes, seule souche connue de hantavirus pouvant se transmettre entre humains, même si cette transmission reste rare et nécessite généralement des contacts étroits et prolongés. Des analyses complémentaires menées par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC, «European Centre for Disease Prevention and Control») évoquent également la surveillance de possibles transmissions secondaires lors de rapatriements internationaux, notamment aériens.
Face à cette situation, les passagers du navire ont été placés en quarantaine stricte dans leurs cabines tandis qu'un mécanisme européen de solidarité et de coordination sanitaire a été activé, notamment via le système d'alerte précoce et de réaction de l'Union européenne (EWRS, «Early Warning and Response System»).
En Belgique, le «Risk Management Group» (RMG) s'est réuni le 8 mai 2026 afin d'évaluer les risques sanitaires et de coordonner les mesures de prévention. Le service public fédérale (SPF) Santé publique a alors annoncé que les deux ressortissants belges présents à bord bénéficieraient d'un suivi médical renforcé à leur retour. Les autorités belges ont toutefois insisté sur le fait que le risque pour la population générale demeurait «très faible».
Parallèlement, une vaste opération internationale de traçage des contacts a été menée. En Belgique, quatre personnes – trois en Wallonie et une à Bruxelles – ont été identifiées comme cas contacts et placées en quarantaine préventive sous le suivi de l'Agence wallonne pour une vie de qualité (AVIQ) et de Vivalis, l'administration bruxelloise de la Santé et de l'Aide aux personnes. Elles ne présentaient aucun symptôme mais devaient respecter une période d'isolement correspondant à la durée d'incubation du virus, soit jusqu'à six semaines. Quelques jours plus tard, le SPF Santé publique a finalement levé cette quarantaine après avoir établi qu'aucun contact à haut risque n'avait eu lieu avec une personne infectée.
Le 10 mai 2026, le «MV Hondius» a finalement accosté à Tenerife, dans les îles Canaries, permettant le débarquement progressif des passagers. Les deux voyageurs belges ont ensuite été rapatriés par avion vers l'aéroport d'Eindhoven aux Pays-Bas avant d'être transférés en Belgique par un transport médical de la Défense. À leur arrivée, ils ont été pris en charge à l'Hôpital universitaire d'Anvers sous la supervision de la professeure Erika Vlieghe.
Les autorités sanitaires ont indiqué que les deux passagers étaient asymptomatiques mais qu'ils devaient subir un examen clinique complet, des analyses sanguines ainsi que des tests PCR («polymerase chain reaction» ou réaction en chaîne par polymérase) spécifiques au hantavirus. Les autorités européennes et nationales ont également confirmé la poursuite d'un suivi épidémiologique renforcé, incluant la surveillance des cas secondaires potentiels liés aux flux de rapatriement. Selon le SPF Santé publique, si les résultats restent négatifs et qu'aucun symptôme n'apparaît, ils pourront poursuivre leur quarantaine à domicile; en revanche, tout résultat positif entraînerait leur maintien en isolement hospitalier.
Cette situation met en lumière:
– la coordination entre les niveaux de pouvoir en matière de santé publique;
– la préparation de la Belgique face aux maladies émergentes importées;
– la coopération sanitaire européenne;
– les procédures de rapatriement médical en situation de crise;
– la capacité des ports et aéroports à gérer des urgences infectieuses;
– ainsi que la communication publique autour des risques sanitaires afin d'éviter à la fois la panique et la banalisation.
Elle interroge également la surveillance des croisières internationales, la traçabilité des contacts à l'échelle transfrontalière et l'adaptation des protocoles belges face aux maladies rares mais potentiellement graves.
1) Le gouvernement peut-il préciser les enseignements qu'il tire de cette crise en vue de renforcer la préparation sanitaire nationale face à de futures menaces infectieuses?
2) Les capacités hospitalières belges actuelles sont-elles jugées suffisantes pour faire face à l'introduction sur le territoire d'un foyer de maladie infectieuse émergente? Selon quels critères cette évaluation est-elle établie?
3) Le gouvernement envisage-t-il de renforcer ou d'adapter les dispositifs d'information à destination de la population en cas de crise sanitaire, afin de garantir une communication rapide, cohérente et proportionnée, tout en évitant toute situation de psychose collective?
4) Une évaluation indépendante de la gestion de cette crise est-elle prévue ou envisagée? Dans l'affirmative, selon quelles modalités et quel calendrier?
5) Le gouvernement soutient-il l'instauration d'un mécanisme européen permanent de coordination et de réponse aux urgences sanitaires transfrontalières, notamment en ce qui concerne les transports maritimes et aériens internationaux? Quelle position la Belgique défend-elle à ce sujet au niveau européen?
6) Les hôpitaux disposent-ils aujourd'hui de stocks suffisants de seringues, masques, équipements de protection individuelle (EPI) et matériels de prise en charge infectieuse? Le gouvernement peut-il préciser l'état de ces stocks stratégiques ainsi que leur mécanisme de réapprovisionnement en cas de crise sanitaire?