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Question écrite n° 8-482

de Nadia El Yousfi (PS) du 27 mai 2026

au vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté

Neurodivergence chez l'adulte - Augmentation - Données - Parcours de diagnostic - Remboursement - SEPPT - Aménagement du poste de travail - Psychiatres et médecins généralistes - Formation continue - Notion de neurodiversité - Campagne de sensibilisation

Chronologie

27/5/2026Envoi question (Fin du délai de réponse: 25/6/2026)

Question n° 8-482 du 27 mai 2026 : (Question posée en français)

Un dossier récent de la presse (dans l'hebdomadaire «Le Vif» du 23 avril 2026) souligne un phénomène sociétal majeur: l'explosion des demandes de diagnostics de neurodivergence chez les adultes (pour trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité – TDAH, troubles «dys» (dyslexie, dysorthographie, dyspraxie, dyscalculie, dysphasie, dysgraphie), trouble du spectre de l'autisme – TSA, haut potentiel intellectuel – HPI).

Longtemps considérées comme des problématiques purement infantiles, ces particularités neurologiques concernent, selon les experts, environ 20 % de la population.

Et le constat est alarmant: de nombreux adultes découvrent leur (dys)fonctionnement à la suite d'un diagnostic posé pour leur enfant ou en raison d'un épuisement professionnel («burn-out»).

Ce diagnostic tardif n'est pas un effet de mode, mais un enjeu de santé publique et d'inclusion sociale.

Le manque de structures adaptées et le coût élevé des bilans neuropsychologiques (souvent peu – voire pas – remboursés pour les adultes) créent une injustice sociale forte.

Dans ce cadre, je souhaite vous poser les questions suivantes:

1) Disposez-vous de données chiffrées sur l'augmentation des diagnostics de neurodivergence chez les adultes en Belgique au cours des cinq dernières années? Le cas échéant, existe-t-il une ventilation des chiffres selon les Régions et Communautés? Existe-t-il une distinction par genre, sachant que les femmes sont souvent diagnostiquées plus tardivement en raison de stratégies dites «de camouflage» («masking»)?

2) Le coût d'un bilan complet (neuropsychologue, psychiatre, logopède) représente souvent plusieurs centaines d'euros. Quelles mesures sont envisagées pour améliorer le remboursement des parcours de diagnostic pour adultes, afin d'éviter que la santé mentale ne devienne un luxe?

3) L'article du «Vif» mentionne que le défaut de diagnostic mène souvent à l'épuisement professionnel («burn-out»), à la dépression ou aux addictions. Une concertation est-elle prévue avec le ministre de l'Emploi pour sensibiliser les services de prévention et protection au travail (SEPPT) à l'aménagement des postes pour les profils neuroatypiques?

4) On observe encore une méconnaissance de certains psychiatres et médecins généralistes sur les formes adultes du TDAH ou de l'autisme. Le gouvernement soutient-il des programmes de formation continue spécifiques pour ces praticiens?

5) Comme le suggère le professeur Oswald dans l'article cité, le handicap résulte souvent de l'inadéquation entre une personne et son environnement. Comment le service public fédéral (SPF) Santé publique compte-t-il intégrer la notion de «neurodiversité» dans ses campagnes de sensibilisation et d'information pour passer d'une vision purement médicale à une vision sociétale? Quels échanges avez-vous eus avec vos collègues des entités fédérées pour organiser les campagnes de sensibilisation et d'information?

Le caractère transversal de cette question est indéniable: si la santé publique et l'assurance maladie relèvent du niveau fédéral, la médecine préventive et l'aide sociale incombent aux entités fédérées.