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Question écrite n° 8-479

de Nadia El Yousfi (PS) du 27 mai 2026

au vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté

Cancer du pancréas - Thérapeutiques futures - Essais cliniques de phase 3 - Hôpitaux belges - Soutien - Mécanismes de remboursement anticipé - Protocoles de dépistage - Sensibilisation aux symptômes précoces - Régions et Communautés - Concertation

Chronologie

27/5/2026Envoi question (Fin du délai de réponse: 25/6/2026)

Question n° 8-479 du 27 mai 2026 : (Question posée en français)

Le cancer du pancréas demeure l'un des plus redoutables en Belgique, avec plus de 2 200 nouveaux diagnostics en 2023.

Son taux de survie à cinq ans reste dramatiquement bas (16,7 %), principalement en raison d'un diagnostic souvent trop tardif.

Néanmoins, des avancées scientifiques majeures, portées notamment par l'Institut Jules Bordet (Hôpital universitaire de Bruxelles – HUB), ouvrent aujourd'hui des perspectives inédites via le ciblage de la mutation du gène KRAS («Kirsten rat sarcoma virus oncogene homologue») et l'utilisation de vaccins personnalisés à ARN (acide ribonucléique) messager.

L'enthousiasme suscité par les essais cliniques du daraxonrasib (inhibiteur de KRAS) et les vaccins personnalisés du laboratoire BioNTech suggère que nous atteignons probablement un tournant thérapeutique.

Pour les patients ne répondant plus à la chimiothérapie, ces traitements pourraient peut-être doubler l'espérance de vie, voire davantage dans le cadre de thérapies combinées dès la première intention.

Dans ce cadre, je suis particulièrement attentive à l'accessibilité future de ces innovations de pointe pour l'ensemble de la population belge, une fois les essais cliniques conclus. Et je voudrais vous poser les questions suivantes:

1) Comment le gouvernement fédéral soutient-il spécifiquement la participation des hôpitaux universitaires belges aux essais cliniques de phase 3 concernant les inhibiteurs de KRAS et les vaccins à ARN messager contre le cancer?

2) Des mécanismes de remboursement anticipé sont-ils envisagés pour permettre aux patients belges en phase critique de bénéficier de ces molécules avant leur mise sur le marché généralisée?

3) Compte tenu de l'importance d'un diagnostic précoce pour l'efficacité de ces nouveaux traitements (notamment le vaccin post-opératoire), une concertation est-elle prévue avec les Régions et Communautés pour affiner les protocoles de dépistage ou de sensibilisation aux symptômes précoces du cancer du pancréas?

4) Ces thérapies personnalisées étant extrêmement coûteuses à produire, quelle stratégie le service public fédéral (SPF) Santé publique adopte-t-il pour garantir que l'innovation ne crée pas une médecine à deux vitesses et que le remboursement par la sécurité sociale soit soutenable à long terme?

Le caractère transversal de cette question est indéniable: si la santé publique et l'assurance maladie relèvent du niveau fédéral, la médecine préventive et l'aide sociale incombent aux entités fédérées.