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Question écrite n° 8-474

de Thierry Witsel (PS) du 21 mai 2026

au vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté

Secteur de la santé - Impact environnemental - Décarbonation - Stratégie interministérielle intégrée - Financement des hôpitaux - Objectifs climatiques - Gaz anesthésiants - Réduction - Déchets médicaux - Incinération - Alternatives

Chronologie

21/5/2026Envoi question (Fin du délai de réponse: 25/6/2026)

Question n° 8-474 du 21 mai 2026 : (Question posée en français)

Le Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE) alerte sur l'impact environnemental important du système de santé belge, qui représente environ 5 % des émissions de gaz à effet de serre du pays. Une première analyse, encore exploratoire, montre une situation préoccupante: sur seize indicateurs étudiés, la moitié sont défavorables, ce qui révèle un secteur encore loin d'être durable.

L'un des constats majeurs est que la majorité de l'empreinte carbone est indirecte (plus de

80 %), principalement liée à la production et à l'utilisation de médicaments et de matériel médical. Les hôpitaux sont les plus grands contributeurs, tandis que les infrastructures et l'énergie (souvent fossile) jouent aussi un rôle significatif.

Certaines pratiques médicales ont un impact direct:

– les inhalateurs et les gaz anesthésiants contribuent notablement aux émissions;

– les déchets médicaux sont très importants et majoritairement incinérés.

Le rapport souligne aussi un manque important de données fiables, ce qui limite encore la capacité d'évaluation globale du problème.

Enfin, le KCE insiste sur un point essentiel: une partie de l'impact environnemental est évitable, car elle provient d'actes inutiles ou d'une surconsommation de soins.

La question de l'empreinte environnementale du système de santé dépasse le seul secteur médical et nécessite une approche transversale entre santé publique, environnement, économie et énergie. Les hôpitaux et les chaînes d'approvisionnement (notamment pharmaceutiques) constituent les principales sources d'émissions, ce qui implique d'agir à la fois sur les pratiques de soins et sur l'organisation du système. Il est également essentiel de renforcer la coordination entre politiques climatiques et politiques de santé afin de réduire les émissions évitables liées à la surconsommation de soins. La transition vers un système plus durable suppose aussi une évolution des infrastructures, de la gestion des déchets et des achats publics. Enfin, cette transformation requiert une gouvernance intégrée et des indicateurs fiables pour piloter efficacement la décarbonation du secteur.

1) Le gouvernement envisage-t-il une stratégie interministérielle intégrée (santé, climat, énergie, économie) spécifiquement dédiée au secteur des soins?

2) Des objectifs climatiques seront-ils intégrés dans le financement des hôpitaux et des prestataires de soins?

3) Le financement des infrastructures hospitalières sera-t-il conditionné à des critères de performance énergétique ou de neutralité carbone?

4) Comment concilier la liberté thérapeutique avec les objectifs de réduction des soins non pertinents?

5) Une stratégie nationale de réduction des gaz anesthésiants est-elle prévue? Quelles mesures seront prises pour accélérer la transition vers des inhalateurs moins émissifs?

6) Quelles alternatives à l'incinération des déchets médicaux sont envisagées?

7) La collecte standardisée de données environnementales sera-t-elle rendue obligatoire dans les hôpitaux?

8) Quels moyens seront mobilisés pour combler le manque actuel de données fiables?

9) La formation des professionnels de santé intégrera-t-elle systématiquement l'impact environnemental des soins?

10) Comment le gouvernement arbitrera-t-il entre les coûts financiers à court terme et les bénéfices climatiques à long terme dans le secteur de la santé?