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Question écrite n° 8-468

de Hasan Koyuncu (PS) du 12 mai 2026

au ministre de la Sécurité et de l'Intérieur, chargé de Beliris

Saint-Gilles - Escalade de violence - Zone de police Midi - Manque d'effectifs - Solutions - Établissements scolaires en zones sensibles - Sécurisation - Concertation avec la Communauté française - Approvisionnement en armes - Fillières - Démantèlement

Chronologie

12/5/2026Envoi question (Fin du délai de réponse: 11/6/2026)

Question n° 8-468 du 12 mai 2026 : (Question posée en français)

La commune de Saint-Gilles a traversé une période de tension extrême marquée par une succession d'actes de violence liés au narcotrafic, touchant désormais des infrastructures scolaires:

– le dimanche 12 avril 2026, des tirs visent une adresse spécifique rue de Bosnie. L'école communale «Les Quatre Saisons» est touchée par des balles perdues. Un projectile se loge dans le châssis du secrétariat et un autre dans le double vitrage d'une classe de maternelle;

– la nuit du mercredi 15 au jeudi 16 avril 2026, vers 2 heures 30 du matin, une violente explosion secoue la même rue. La déflagration, probablement causée par un engin explosif ou des pièces d'artifice de haute puissance, brise de nombreuses vitres et endommage une dizaine de véhicules stationnés;

– le samedi 18 avril 2026, une nouvelle explosion est signalée devant un bar à chicha de la commune. Les premiers éléments de l'enquête renforcent la thèse d'une «guerre de territoires» et de vengeances entre bandes rivales de revendeurs de drogue (dealers).

L'école «Les Quatre Saisons» est au cœur de l'inquiétude. Bien qu'aucune victime ne soit à déplorer (les faits ayant eu lieu la nuit), le traumatisme est réel pour les enseignants et les parents. Le bourgmestre a dû se rendre sur place pour rassurer le personnel éducatif face à ce qu'il qualifie de «miracle» qu'aucun enfant n'ait été présent.

Ces incidents ne sont pas isolés. Ils s'inscrivent dans une hausse de la criminalité liée à la drogue qui frappe également les communes voisines (le quartier de Cureghem à Anderlecht, le quartier de la porte de Hal). La stratégie des «hotspots» (zones de surveillance renforcée) mise en place par la Région est aujourd'hui remise en question par certains élus qui la jugent insuffisante face à la mobilité des trafiquants.

L'escalade de la violence liée à Saint-Gilles met en évidence une problématique transversale, impliquant des compétences relevant à la fois de l'autorité fédérale (police, justice, lutte contre le trafic d'armes et de stupéfiants), des Régions (prévention et sécurité urbaine) et des Communautés (enseignement et protection des infrastructures scolaires). L'objectif est de sanctuariser les établissements scolaires et de renforcer la lutte contre la circulation des armes de guerre.

Ce dossier soulève des inquiétudes quant à la capacité actuelle à garantir l'ordre public et la sécurité des citoyens, et appelle à une coopération interinstitutionnelle renforcée.

1) Le bourgmestre de Saint-Gilles alerte sur le manque d'effectifs au sein de la zone de police Midi. Envisagez-vous le déploiement de renforts fédéraux structurels, au-delà des opérations ponctuelles?

2) Le cadre de personnel de la zone de police Midi est-il jugé suffisant par vos services pour permettre au bourgmestre d'exercer ses missions de sécurité? Le mécanisme de solidarité entre zones de police est-il activé?

3) Quel est le plan du gouvernement pour résorber le déficit de policiers à Bruxelles face à des réseaux criminels de plus en plus structurés et armés?

4) Des impacts de balles ont été constatés dans une école maternelle. Quelles mesures spécifiques seront prises pour sécuriser les établissements scolaires situés en zones sensibles?

5) Une coordination renforcée est-elle prévue avec la Fédération Wallonie-Bruxelles pour la protection des infrastructures scolaires face aux menaces criminelles?

6) Face à l'usage d'armes lourdes et d'explosifs, quelles actions sont mises en œuvre pour démanteler les filières d'approvisionnement en armes?

7) Comment la stratégie interfédérale drogues se traduira-t-elle concrètement sur le terrain afin de cibler les têtes de réseau?

8) Quelles mesures seront prises pour améliorer la coordination entre parquet, police fédérale et autorités régionales afin d'éviter le déplacement des activités criminelles d'une commune à l'autre?