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Question écrite n° 8-467

de Özlem Özen (PS) du 7 mai 2026

au vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté

Santé mentale - Solitude comme déterminant majeur - Santé sociale - Publics les plus exposés - Soutien - Réintégration sociale - Mesures - Acteurs de santé mentale indirects - Refinancement - Prescription sociale - Indicateurs d'isolement social

Chronologie

7/5/2026Envoi question (Fin du délai de réponse: 11/6/2026)

Question n° 8-467 du 7 mai 2026 : (Question posée en français)

En Belgique, la solitude s'impose désormais comme un déterminant majeur, bien qu'encore largement sous-estimé, de la santé mentale.

Une étude récente et d'une ampleur inédite menée par les Mutualités libres, basée sur le suivi de plus de 300 000naffiliés entre 2017 et 2024, vient confirmer par les chiffres une réalité sociale préoccupante: le contexte de vie influence directement le recours aux soins psychiques.

Le constat est lourd: les personnes isolées ou sans enfants, voire les deux, présentent une probabilité nettement plus élevée de recourir à des traitements psychotropes et aux soins psychiatriques.

Les données révèlent notamment que les personnes sans partenaire sont 77 % plus susceptibles de consulter un psychiatre que celles vivant en couple.

L'étude souligne également une dimension de genre marquée: les femmes présentent un risque deux fois plus élevé de consommer des antidépresseurs que les hommes, une tendance qui s'accentue drastiquement pour les femmes seules et sans enfants.

Toutefois, les chercheurs nous appellent à une analyse fine: le statut familial administratif ne reflète pas toujours le vécu subjectif de la solitude. On peut être entouré et souffrir d'isolement, tout comme on peut vivre seul sans être isolé. Surtout, la relation est circulaire: si l'isolement fragilise la santé mentale, la maladie mentale elle-même est souvent un vecteur puissant de rupture sociale. C'est donc la qualité des interactions sociales qui apparaît comme le véritable levier de bien-être.

Au regard de ces conclusions des Mutualités libres, voici mes questions:

1) Le gouvernement entend-il intégrer la santé sociale comme un axe transversal de la santé publique, en reconnaissant que la qualité du lien social est un facteur protecteur aussi crucial que les facteurs biomédicaux?

2) Quelles mesures spécifiques comptez-vous prendre avec les entités fédérées pour soutenir les publics les plus exposés selon cette étude, à savoir les femmes seules sans enfants et les personnes isolées financièrement précaires?

3) Sachant que les troubles psychiques mènent souvent à l'isolement social (qui aggrave à son tour la pathologie), quelles initiatives sont prévues pour favoriser la réintégration sociale et citoyenne des patients psychiatriques afin de briser ce cercle vicieux?

4) Avez-vous eu des échanges avec vos homologues des Communautés et Régions pour évoquer l'importance des acteurs de terrain (sport, culture, associations de quartier) comme des acteurs de santé mentale indirects? Un refinancement ou une meilleure coordination entre ces secteurs et le monde médical (via la prescription sociale) est-il à l'ordre du jour?

5) Le service public fédéral (SPF) Santé dispose-t-il d'indicateurs permettant de mesurer non seulement la structure familiale des patients, mais aussi leur degré réel d'isolement social, afin d'affiner nos politiques de prévention? Le cas échéant, ces indicateurs sont-ils ventilés par Région ou Communauté?

Le caractère transversal de cette question est indéniable: si la santé publique et l'assurance maladie relèvent du niveau fédéral, la médecine préventive et l'aide sociale incombent aux entités fédérées.