Cancers de la peau - Explosion du nombre - Prévention - Fausses informations sanitaires - Diffusion - Réseaux sociaux - Crédibilité médicale en ligne - Campagne de sensibilisation auprès de jeunes - Dépistage précoce du cancer - Mesures
| 7/5/2026 | Envoi question (Fin du délai de réponse: 11/6/2026) |
Le constat des dermatologues et de la Fondation contre le cancer est sans appel: nous faisons face à une véritable crise de santé publique.
En Belgique, un cancer sur trois diagnostiqué est une forme de cancer de la peau. En vingt ans, le cancer de la peau a connu une accélération fulgurante: le nombre de nouveaux cas a bondi de 500 %.
Désormais, un Belge sur cinq développera cette maladie avant ses septante-cinq ans.
Pourtant, malgré l'évidence médicale, une contre-culture dangereuse s'installe sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques (TikTok, Instagram, Snapchat, etc.), où 85 % de nos jeunes sont actifs.
Les médecins constatent avec effroi une perte de crédibilité au profit d'influenceurs sans aucune qualification.
Sur les réseaux, la désinformation se propage plus vite que la prévention. On y prône la toxicité supposée des crèmes solaires. On encourage des pratiques aberrantes comme le «tatouage solaire» ou les «burn lines». On instrumentalise la synthèse de la vitamine D pour justifier une exposition aux rayons ultraviolets (UV) à outrance.
Et le résultat est alarmant: un jeune sur deux (chez les seize à vingt-quatre ans) pense, à tort, que le bronzage protège du soleil.
Pire, le coup de soleil est devenu un critère esthétique, alors qu'il n'est rien d'autre qu'une réaction de défense face à des dommages irréversibles de l'ADN des cellules cutanées.
Les experts sont clairs: tout se joue avant trente ans, après la peau prend sa revanche.
Face à cette «épidémie de fausses informations sanitaires» qui fragilise notre système de santé, je souhaite vous poser les questions suivantes:
1) Concernant la crédibilité médicale en ligne, comment le gouvernement fédéral compte-t-il, avec les entités fédérées et les acteurs concernés, soutenir les médecins et les institutions pour qu'ils investissent davantage l'espace numérique et redeviennent des sources d'information légitimes face à des influenceurs non qualifiés?
2) Compte tenu de l'échec avéré des messages classiques de sensibilisation auprès des seize à vingt-quatre ans, une campagne de sensibilisation nationale et spécifique est-elle prévue, en utilisant les codes des jeunes pour déconstruire le mythe de la peau bronzée comme critère de santé?
3) En ce qui concerne l'éducation aux médias et à la santé, un dialogue est-il engagé avec vos collègues compétents pour ces matières tant au niveau fédéral que dans les entités fédérées pour intégrer la prévention solaire et le décryptage des fausses informations médicales de manière plus structurelle?
4) Enfin, étant donné que les adolescents ne poussent la porte des dermatologues que pour l'acné, quelles mesures comptez-vous prendre pour favoriser le dépistage précoce chez ce public à risque, avant que les dommages de l'ADN des cellules de la peau ne deviennent des cancers avérés?
Le caractère transversal de cette question est indéniable: si la santé publique et l'assurance maladie relèvent du niveau fédéral, la médecine préventive et l'aide sociale incombent aux entités fédérées.