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Question écrite n° 8-457

de Anne Lambelin (PS) du 5 mai 2026

au vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté

PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) - Exposition précoce - Femmes enceintes, fœtus et nourrissons - Limitation - Mesures - Biosurveillance - Résultats - Base de données nationale - Accessibilité - Formation spécifique des médecins - Initiatives

Chronologie

5/5/2026Envoi question (Fin du délai de réponse: 4/6/2026)

Question n° 8-457 du 5 mai 2026 : (Question posée en français)

L'accumulation de polluants dits éternels chez le fœtus et le nourrisson soulève des préoccupations importantes en matière de santé publique. Cette exposition précoce est associée à un risque accru de prématurité, de faible poids de naissance, d'altération de la taille cérébrale et de perturbations du neurodéveloppement (cognitif, comportemental, moteur).

Trois caractéristiques principales définissent la dangerosité des PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées): leur extrême persistance, leur mobilité environnementale (volatilité, solubilité dans l'eau) et leur capacité de bioaccumulation dans les plantes, les animaux et les humains.

Comme le souligne Catherine Bouland, experte à l'École de santé publique de l'Université libre de Bruxelles (ULB), ces substances chimiques de synthèse sont produites depuis les années 1950 pour leurs propriétés industrielles uniques, telles que l'antiadhésivité, l'imperméabilisation et la résistance au feu.

Certains PFAS présentent un potentiel cancérogène. D'autres perturbent le système endocrinien, provoquent des troubles cardiovasculaires, rénaux et hépatiques, et traversent la barrière placentaire ainsi que la barrière hémato-encéphalique, entraînant des effets neurologiques.

L'impact sur les générations futures est particulièrement préoccupant. L'exposition des nourrissons via le lait maternel, bien que l'allaitement reste bénéfique, entraîne une accumulation plus importante de PFAS, avec des conséquences potentielles sur le développement prénatal et postnatal.

Les effets toxiques, parfois à des doses très faibles, sur des organes sensibles comme la thyroïde, les organes génitaux ou le fœtus, sont désormais bien documentés. Catherine Bouland insiste: «Il ne faut pas attendre dix ans pour agir. Des alternatives existent ou peuvent être développées, comme l'ont démontré les plastifiants sans phtalates dans le milieu médical. La coordination européenne est essentielle face à la nature transfrontalière de la contamination, mais elle ne doit pas retarder l'action nationale.»

L'industrie connaissait les risques sanitaires liés aux PFAS, mais a continué la production, dans un scénario que Catherine Bouland compare au scandale du tabac, mais de manière invisible. Les exemples internationaux de contamination environnementale (Italie, États-Unis) illustrent l'ampleur du problème.

L'action pour stopper les sources de contamination reste insuffisante. Le fardeau ne peut reposer uniquement sur les citoyens pour éviter ces substances. Le nettoyage et l'élimination des PFAS exigent des investissements considérables, qui doivent être soutenus par une action politique et réglementaire ferme.

La problématique des PFAS dépasse le cadre strict de la santé publique. Elle implique:

– l'environnement: pollution des sols et de l'eau, impacts sur la biodiversité et l'agriculture;

– l'industrie et la réglementation: interdiction et substitution des PFAS, suivi des entreprises productrices;

– la santé publique: surveillance biomédicale, prévention de l'exposition, suivi des enfants à risque;

– la coopération européenne et internationale: échanges de données, harmonisation des normes et mesures coordonnées.

Une approche transversale permettrait d'inscrire les PFAS dans le cadre d'une stratégie nationale intégrée de protection de la santé et de l'environnement, tout en impliquant les entités fédérées, responsables de l'environnement, de la santé et de l'industrie sur leur territoire.

1) Quelles mesures spécifiques le gouvernement fédéral prévoit-il pour réduire l'exposition aux PFAS des femmes enceintes, des fœtus et des nourrissons, au-delà des recommandations générales actuellement en vigueur?

2)·Existe-t-il un projet de base de données nationale accessible aux chercheurs et autorités sanitaires, regroupant les résultats de biosurveillance aux PFAS?

3) Quelles initiatives sont prévues pour assurer la formation spécifique des médecins généralistes et spécialistes sur les effets sanitaires des PFAS?

4) Le gouvernement envisage-t-il d'intégrer les PFAS dans les programmes de formation continue obligatoires des professionnels de santé?