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Question écrite n° 8-427

de Thierry Witsel (PS) du 25 mars 2026

au ministre de la Sécurité et de l'Intérieur, chargé de Beliris

Présence de drogues dans les eaux usées - Étude nationale - Résultats - Trafic de drogues - Lutte - Priorités - Adaptations - Laboratoires de production - Présence - Lien avec la consommation observée - Coopération avec les pays voisins - Renforcement

Chronologie

25/3/2026Envoi question (Fin du délai de réponse: 24/4/2026)

Aussi posée à : question écrite 8-426

Question n° 8-427 du 25 mars 2026 : (Question posée en français)

Bien que la politique de l'eau soit régionalisée, la présente question écrite porte sur plusieurs matières transversales dépassant le cadre de l'environnement au sens strict. La réutilisation des eaux usées traitées s'intègre dans les politiques de la santé, de la protection des consommateurs, de coordination de la politique européenne et internationale, etc. Il en résulte des compétences imbriquées entre les différents niveaux de pouvoir.

Pour la première fois, Sciensano a mené une étude à grande échelle sur la présence de drogues dans les eaux usées en Belgique. Des analyses ont été réalisées dans dix-sept stations d'épuration situées dans les principales villes des trois Régions du pays. Les prélèvements, effectués entre le 24 et le 30 mars 2025, ont permis d'identifier les traces de huit drogues différentes.

L'analyse des eaux usées constitue un indicateur fiable de la consommation de substances, car tout ce qui est présent dans l'organisme est ensuite éliminé et peut être détecté dans ces eaux. Les échantillons ont été étudiés par le Centre toxicologique de l'Université d'Anvers.

Les résultats montrent que la cocaïne, la MDMA (3,4-méthylènedioxy-N-méthylamphétamine) et la kétamine sont largement consommées dans l'ensemble du pays.

La cocaïne apparaît comme le stimulant le plus répandu et a été détectée dans toutes les villes étudiées, avec des concentrations particulièrement élevées à Anvers-Sud et Bruxelles-Nord.

Les niveaux observés sont généralement plus importants durant le week-end, ce qui suggère un lien avec la vie nocturne. La MDMA est également présente dans tout le pays, mais davantage en Flandre et à Bruxelles qu'en Wallonie, et son usage semble lui aussi associé aux contextes festifs. La kétamine est largement disponible sur le territoire, ce qui pousse Sciensano à souligner l'importance d'adapter les actions de prévention face à sa popularité croissante.

D'autres substances présentent des différences régionales. Les amphétamines sont plus fréquentes en Flandre, notamment à Hasselt et Anvers-Sud, ce qui pourrait s'expliquer par la présence de laboratoires de drogues dans certaines provinces et par la proximité du marché néerlandais. La consommation de méthamphétamine reste limitée et a surtout été observée en Flandre et à Bruxelles.

Le crack a été détecté dans plusieurs stations d'épuration, principalement à Anvers-Sud. Contrairement à certaines idées reçues, Bruxelles ne serait donc pas le principal centre de consommation. Enfin, les cathinones de synthèse sont peu présentes dans les analyses, même si elles apparaissent régulièrement dans les saisies de drogues et les signalements auprès du Centre antipoison.

Selon Sciensano, cette étude complète d'autres sources de données et permet de mieux comprendre l'évolution de la consommation de drogues en Belgique. L'institut souligne toutefois l'importance de répéter ce type de surveillance au cours de l'année afin de suivre les tendances, détecter rapidement l'apparition de nouvelles substances et comparer les résultats à l'échelle internationale.

Cette étude soulève des enjeux à la fois de santé publique, de sécurité, de politique environnementale et de recherche scientifique, nécessitant une coordination entre différents niveaux de pouvoir et institutions.

1) Les résultats de cette étude, qui indiquent une consommation répandue de cocaïne et la présence de crack dans plusieurs régions, ont-ils conduit à adapter les priorités en matière de lutte contre le trafic de drogues?

2) Comment le gouvernement évalue-t-il le lien possible entre la consommation observée et la présence de laboratoires de production de drogues dans certaines provinces?

3) Des mesures de coopération renforcée avec les pays voisins, notamment les Pays-Bas, sont-elles envisagées afin de lutter contre la production et la distribution de substances synthétiques?