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Question écrite n° 8-367

de Özlem Özen (PS) du 23 décembre 2025

au vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté

Allergies graves - Anaphylaxie - Prévention - Prise en charge - Concertation structurelle avec les entités fédérées - Écoles et milieux d'accueil - Sensibilisation - Professionnels de la santé - Formation - Auto-injecteur d'adrénaline - Disponibilité

allergie
maladie des voies respiratoires
politique de la santé
sensibilisation du public
matériel médical
Organisation mondiale de la santé

Chronologie

23/12/2025Envoi question (Fin du délai de réponse: 22/1/2026)

Question n° 8-367 du 23 décembre 2025 : (Question posée en français)

Les allergies constituent aujourd'hui un enjeu majeur de santé publique: un adulte sur trois en Belgique souffrirait d'une allergie, et la tendance est clairement à la hausse.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) prévoit en outre qu'à l'horizon 2050, jusqu'à la moitié de la population mondiale pourrait être touchée.

Les allergies alimentaires représentent le quatrième plus gros problème de santé publique dans le monde. Selon l'OMS, elles concernent 2 à 3 % de la population mondiale et 6 à 8 % des enfants.

En Belgique, le Conseil supérieur de la santé observe une augmentation tant de la fréquence que de la gravité des réactions allergiques.

Qu'elles soient liées à un aliment, une piqûre d'insecte ou un médicament, les réactions sévères peuvent évoluer vers un «choc anaphylactique». Il s'agit de la forme la plus grave d'allergie, engageant le pronostic vital.

Un choc anaphylactique peut évoluer gravement en quelques minutes à peine; et l'adrénaline est le seul traitement d'urgence reconnu pour stopper la progression d'une réaction sévère. Une injection immédiate est indispensable.

Pourtant, une grande partie de la population sous-estime la gravité de ces réactions.

L'expérience de nos voisins à ce sujet est intéressante: en France, des campagnes nationales régulières sensibilisent au repérage des signes d'anaphylaxie et à l'usage des auto-injecteurs d'adrénaline.

Un choc anaphylactique peut être fatal en cinq à trente minutes seulement: tout le monde devrait apprendre à reconnaître les signes d'une allergie et à utiliser un stylo auto-injecteur.

Au vu de l'augmentation des allergies graves et des chocs anaphylactiques, et des vies qui pourraient être sauvées grâce à une meilleure détection, une intervention plus rapide et une disponibilité accrue de l'adrénaline en milieu public.

1) Une concertation structurelle existe-t-elle actuellement entre le niveau fédéral, les Communautés et les Régions concernant la prévention, la prise en charge et la sensibilisation liées aux allergies graves et à l'anaphylaxie?

2) Si oui, quels en sont les résultats récents? Si non, le gouvernement fédéral envisage-t-il d'en initier une à court ou moyen terme?

3) Le gouvernement fédéral entend-il, en concertation avec les entités fédérées, lancer une campagne nationale de sensibilisation comparable à celles menées en France, visant à:

– reconnaître les signes d'une anaphylaxie;

– rappeler l'urgence d'une injection d'adrénaline;

– expliquer l'usage des auto-injecteurs;

– lutter contre la sous-estimation du risque par le grand public?

4) Les entités fédérées sont-elles associées à des initiatives visant à intégrer, dans les écoles et les milieux d'accueil, une formation minimale sur la reconnaissance des réactions allergiques graves et la conduite à tenir?

5) Quelles mesures sont en place ou envisagées pour renforcer la formation des professionnels de la santé, y compris en première ligne (médecins généralistes, pharmaciens, ambulanciers, personnel scolaire et paramédical), à la prise en charge de l'anaphylaxie? Le niveau fédéral encourage-t-il les Régions à intégrer les risques allergiques graves dans les formations des services de secours (pompiers, aide médicale urgente, etc.)?

6) Le gouvernement fédéral étudie-t-il la possibilité d'élargir la disponibilité d'auto-injecteurs d'adrénaline dans les lieux publics, à l'image des défibrillateurs automatiques (AED), en collaboration avec les Régions (compétentes pour de nombreuses infrastructures publiques)? Une réflexion est-elle en cours sur le prix, le remboursement ou l'accessibilité financière de ces dispositifs, en particulier pour les familles d'enfants à risque?

7) Existe-t-il un système de surveillance épidémiologique fédéral permettant d'objectiver l'évolution des allergies graves et des anaphylaxies en Belgique? Les entités fédérées sont-elles associées à la collecte ou au partage de ces données?

8) Le gouvernement fédéral compte-t-il renforcer le soutien à la recherche sur les causes de la hausse des allergies, ainsi que sur l'efficacité des stratégies de prévention? Une coordination avec les Régions (en matière d'environnement, qualité de l'air, exposition à certains allergènes) est-elle prévue?

La hausse des allergies graves et des chocs anaphylactiques constitue un défi transversal majeur. Une politique cohérente, coordonnée et proactive permettrait de sauver des vies, grâce à une prévention renforcée, une meilleure formation et une intervention rapide.

Dans notre pays, les compétences en matière de santé, de prévention, d'éducation à la santé, d'organisation des soins, de gestion des établissements et de politiques d'urgence sont réparties entre le fédéral et les entités fédérées. Il s'agit d'une problématique de santé publique transversale.