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Question écrite n° 8-364

de Anne Lambelin (PS) du 22 décembre 2025

au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement

VIH - Programmes américains de lutte - Arrêt des financements - Impact sanitaire et humanitaire - Programmes soutenus par la Belgique - Contribution - Renforcement - Financement d'urgence - Mécanisme européen ou mondial - Mise en place éventuelle

Chronologie

22/12/2025Envoi question (Fin du délai de réponse: 22/1/2026)
23/1/2026Réponse

Question n° 8-364 du 22 décembre 2025 : (Question posée en français)

L'arrêt du financement par l'administration américaine du président Donald Trump des programmes internationaux de lutte contre le VIH (virus de l'immunodéficience humaine) – notamment USAID (United States Agency for International Development, Agence des États-Unis pour le développement international) et PEPFAR (President's Emergency Plan for AIDS Relief) – fait craindre une recrudescence majeure de l'épidémie à l'échelle mondiale.

Selon le Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), cette interruption pourrait entraîner plus de 6 millions de nouvelles infections et 4,2 millions de décès en seulement quatre ans, ramenant la pandémie à des niveaux comparables au début des années 2000.

Les conséquences sont déjà visibles, particulièrement en Afrique de l'Est: en Ouganda, une clinique a détecté le VIH chez un quart des nouveau-nés, alors que la transmission mère-enfant avait presque disparu. À l'échelle du pays, la transmission périnatale a augmenté de 6,1 % à 8,4 % en six mois, illustrant l'impact direct du retrait des financements.

En Belgique, la situation est préoccupante: le nombre de nouveaux diagnostics positifs de VIH ne diminue plus depuis quatre ans, avec plus de 660 nouveaux cas l'an dernier, dont 50 % chez des personnes hétérosexuelles. Environ 20 000 personnes vivent actuellement avec le VIH dans le pays. Les autorités sanitaires (Sciensano) et les associations constatent un recul de l'utilisation du préservatif, une persistance des préjugés, un manque d'information et un insuffisant recours au dépistage, tous ces éléments affaiblissant la prévention.

La question que je souhaite soumettre s'inscrit donc dans une perspective transversale mobilisant à la fois les Affaires étrangères, la Coopération au développement, la Santé publique et, le cas échéant, nos représentations auprès des organisations internationales concernées (ONU, Organisation mondiale de la santé - OMS, Fonds mondial). Elle vise à obtenir des éclaircissements sur la position de la Belgique, les démarches engagées et la coordination éventuelle avec nos partenaires face à ces évolutions.

Et c'est donc dans cette optique que je souhaite interroger l'honorable ministre:

1) L'arrêt des financements américains (USAID et PEPFAR) risque d'entraîner une explosion mondiale des contaminations au VIH, notamment en Afrique. Le gouvernement belge envisage-t-il de renforcer sa contribution à la coopération internationale en matière de lutte contre le VIH afin de compenser partiellement ce retrait?

2) Avez-vous évalué l'impact sanitaire et humanitaire que cette réduction d'aides pourrait avoir sur les programmes soutenus ou cofinancés par la Belgique, en particulier dans les pays partenaires?

3) La Belgique compte-t-elle plaider au niveau européen ou onusien pour la mise en place d'un mécanisme de financement d'urgence destiné aux pays les plus touchés par la réduction des programmes américains?

Réponse reçue le 23 janvier 2026 :

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