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Question écrite n° 8-362

de Anne Lambelin (PS) du 22 décembre 2025

au ministre de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale, chargé du Développement durable

«Action Radon» - Données recueillies - Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) - Suivi - Collaboration avec les entités fédérées

Chronologie

22/12/2025Envoi question (Fin du délai de réponse: 22/1/2026)

Question n° 8-362 du 22 décembre 2025 : (Question posée en français)

On le sait, le radon est un gaz radioactif que l'on retrouve dans le sol et les roches. Il s'infiltre dans des bâtiments à partir du sous-sol, via des fissures, des joints, des approvisionnements d'eau ou encore des équipements sanitaires.

Il est dangereux en ce sens qu'il atteint les poumons et endommage les tissus.

En Belgique, 10 % environ des cancers pulmonaires seraient attribuables à l'exposition au radon et ce risque s'amplifie chez les fumeurs. Le radon est la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac (voir : https://www.rtbf.be/article/environ-10-des-cancers-du-poumon-en-belgique-sont-lies-au-gaz-radon-rappelle-l-afcn-10328773).

Le nombre de décès annuels attribuables au radon serait de l'ordre de cinq à huit cents personnes (voir: https://www.rtbf.be/article/il-tue-entre-500-et-800-personnes-chaque-annee-en-belgique-mesurez-le-taux-de-radon-chez-vous-11076037).

Depuis le début du mois de décembre, comme chaque année d'ailleurs, durant deux mois, l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) et le Service d'analyses des milieux intérieurs (SAMI) des provinces wallonnes, la Cellule régionale d'intervention en pollution intérieure de Bruxelles (CRIPI) et l'Institut scientifique de service public (ISSeP) relaient sa campagne annuelle de sensibilisation «Action Radon».

L'objectif de l'action menée est de mesurer le rayonnement potentiel durant trois mois, en période hivernale, dans une pièce de vie du rez-de-chaussée.

Le détecteur est placé dans la pièce la plus fréquentée du rez-de-chaussée, pour une durée de trois mois, idéalement pendant la période de chauffage (d'octobre à avril) afin de capturer les concentrations les plus élevées. Le coût pour le citoyen pour obtenir le détecteur et le diagnostic est de 15 euros.

Le niveau de référence national, au-delà duquel il est recommandé d'agir, est fixé à 300 Bq/m³ pour les constructions existantes.

Selon les résultats de l'analyse et le taux calculé, il conviendra de modifier l'aération, la ventilation et appliquer des conseils techniques conseillés.

Le service qui se charge d'analyser ces données est le SAMI. Son rôle est de se rendre au domicile de personnes souffrant de problèmes de santé pouvant être en lien avec leur logement. Outre le radon, les acariens, monoxydes de carbone, plombs ou encore moisissures sont également recherchés.

Le but poursuivi est d'améliorer la qualité de l'air de l'habitat, et de fait, la santé des occupants.

Depuis 2013, environ 27 361 ménages belges ont commandé un détecteur dans le cadre de l'«Action Radon», soit plus ou moins 3 000 détecteurs par an.

En 2022, 2 723 ménages ont mesuré leur taux: 383 en Flandre, 112 à Bruxelles, 2 228 en Wallonie.

Environ 7 % des maisons mesurées dépassent le niveau de référence de 300 Bq/m³.

Le nombre de maisons mesurées avec un taux très élevé (par exemple supérieur à 600 Bq/m³) reste plus faible, mais des actions de remédiation sont appliquées pour celles-ci.

Des disparités provinciales fortes existent (voir: https://afcn.fgov.be/fr/actualites/10-ans-daction-radon-une-decennie-de-sensibilisation-et-de-detection, https://www.vrt.be/vrtnws/fr/2023/09/29/l-afcn-invite-les-belges-a-mesurer-le-taux-de-radon-dans-leur-ha):

– province de Luxembourg: plus ou moins 20 % des tests au-delà de 300 Bq/m³;

– provinces de Liège et Namur: plus ou moins 11 % des tests dépassent le seuil;

– province du Brabant wallon: plus ou moins 4 % des maisons testées dépassent 300 Bq/m³;

– province de Hainaut: plus ou moins 3 % des maisons testées dépassent 300 Bq/m³.

Le Sud du pays (notamment les zones de l'Ardenne, du Brabant wallon, de Liège et du Luxembourg) est plus exposé, du fait de la nature géologique (roches, fissures) favorisant les dégagements de radon.

Cette question relève de la compétence du Sénat par sa transversalité. La prévention de la santé des concitoyens est bien une responsabilité qui incombe aux entités fédérées.

Voici mes questions:

1) Disposez vous d'informations complémentaires quant aux données relatives à la problématique soulevée en termes de santé publique, notamment via l'Agence fédérale du contrôle nucléaire (AFCN)?

2) Des contacts sont ils pris avec vos collègues des entités fédérées?