Leucémies aiguës chez l'enfant - Facteur de risque potentiel - Polluants de l'air - Études françaises - Évaluation - Recueil des donnés belges - Mesures de protection des enfants - Concertation avec les entités fédérées - Rapport annuel éventuel
maladie du sang
substance cancérigène
cancer
polluant atmosphérique
| 21/11/2025 | Envoi question (Fin du délai de réponse: 25/12/2025) |
En France, les travaux de chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), des universités Sorbonne Paris Nord, Paris Cité et de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE), avaient déjà montré par le passé que la proximité du lieu de résidence avec un grand axe routier lors du diagnostic était associée, en France, à un risque accru de développer dans l'enfance une leucémie aiguë, ces leucémies étant les cancers pédiatriques les plus fréquents.
L'Inserm tire aujourd'hui la sonnette d'alarme et va un cran plus loin: l'exposition à certains polluants de l'air au moment de la naissance pourrait constituer chez l'enfant un facteur de risque de leucémies aiguës. Cette affirmation a été faite par l'Institut à partir d'une étude récente qui démontre des associations significatives.
Si plusieurs facteurs de risque sont établis (tels que l'exposition à de fortes doses de radiations ionisantes, certains facteurs génétiques ou encore certaines chimiothérapies), le rôle de l'exposition périnatale – de la grossesse aux premiers mois du nourrisson – à certains facteurs environnementaux, comme les polluants de l'air, reste débattu.
La nouvelle étude, parue dans la revue «Environmental Health» (le 22 octobre 2025) va plus loin et cherche à évaluer le risque de leucémie aiguë (lymphoblastique ou myéloïde) selon l'exposition aux polluants de l'air sur le lieu de résidence à la naissance. Les chercheurs ont utilisé des données d'une étude («GEOCAP-Birth») fondée sur le registre national des cancers de l'enfant.
Les résultats confortent «l'hypothèse d'un rôle de l'exposition périnatale à la pollution de l'air dans la survenue de leucémie aiguë chez l'enfant», et «en particulier l'implication des particules fines PM2,5 dans la leucémie aiguë lymphoblastique».
Cette thématique devrait faire l'objet d'études approfondies dans notre pays.
Et dans ce cadre:
1) Le gouvernement fédéral dispose-t-il d'une évaluation de l'ensemble des études françaises récentes démontrant un lien entre l'exposition aux polluants atmosphériques liés au trafic routier et la survenue de leucémies aiguës chez l'enfant? Le cas échéant, quelles sont les conclusions de cette évaluation?
2) Le gouvernement fédéral dispose-t-il de données belges sur le sujet, avec des déclinaisons pour les Régions et Communautés? Si oui, quels sont les protocoles de surveillance choisis?
3) Dans quelle mesure le gouvernement fédéral, en concertation avec les entités fédérées, dispose-t-il d'une cartographie des zones résidentielles et d'établissements d'accueil (écoles, crèches, etc.) situés à proximité immédiate de grands axes routiers à forte densité de trafic? Le cas échéant, quelles sont les distances retenues comme seuils d'exposition potentielle (par exemple: moins de 150 m, moins de 500 m)?
4) Compte tenu de la nature transversale du problème (mobilité, aménagement, environnement, santé), le gouvernement entend-il mettre en place un plan national ou interrégional spécifique visant à protéger les enfants de l'exposition aux polluants du trafic routier? Si oui, quel est le calendrier? Quels sont les objectifs chiffrés (par exemple: réduction des PM 2,5 ou NO2? dans un périmètre autour des écoles, crèches, zones résidentielles)? Et avec quelle répartition des responsabilités entre les différents niveaux de pouvoir?
5) Enfin, le gouvernement pourrait-il s'engager à ce qu'un rapport annuel public soit publié, recensant les actions menées, les résultats obtenus (évolution des niveaux de pollution, cartographie des expositions, statistiques de santé associées) et les zones prioritaires à cibler pour les années suivantes?
Cette question exige une approche transversale impliquant tant le niveau fédéral que les entités fédérées (Régions et Communautés), car elle touche à la fois à la protection de la santé publique, à l'aménagement du territoire, à la mobilité, à la qualité de l'air et à l'environnement.