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Question écrite n° 8-312

de Nadia El Yousfi (PS) du 18 septembre 2025

au vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté

Obésité infantile - Prévention - Mesures - Renforcement - Coordination entre l'État fédéral et les entités fédérées - Évolution des chiffres - Indicateurs - Initiatives internationales - Participation de la Belgique - Professionnels de la santé

maladie de la nutrition
Unicef
enfant
santé publique
prévention des maladies

Chronologie

18/9/2025Envoi question (Fin du délai de réponse: 23/10/2025)

Question n° 8-312 du 18 septembre 2025 : (Question posée en français)

Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) a récemment tiré la sonnette d'alarme à propos d'un phénomène mondial extrêmement préoccupant: un enfant sur dix souffre aujourd'hui d'obésité dans le monde.

Pour la première fois dans l'histoire, l'obésité infantile dépasse la sous-nutrition. Cette tendance, qui touche l'ensemble de la planète, s'accentue de manière inquiétante et constitue désormais un enjeu majeur de santé publique.

La Belgique n'est pas épargnée. Si la progression du surpoids infantile semble connaître une relative stabilisation, l'obésité continue néanmoins à augmenter dans notre pays, notamment dans certaines groupes de population plus vulnérables.

Or, nous savons que les conséquences de l'obésité ne se limitent pas à des considérations esthétiques: elles entraînent de lourdes répercussions sur la santé physique (diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, troubles musculo-squelettiques), mais également sur la santé mentale et l'intégration sociale des enfants et adolescents concernés.

Au-delà de l'impact individuel, il s'agit également d'un enjeu collectif, puisqu'à terme, l'obésité infantile pèse sur l'ensemble du système de santé et donc sur les finances publiques.

Face à ce constat, il est de notre responsabilité politique de garantir que la prévention et la lutte contre l'obésité infantile soient placées au cœur de nos priorités. Celles-ci nécessitent non seulement une mobilisation multisectorielle (santé, éducation, fiscalité, urbanisme, sport, protection de l'enfance), mais également une collaboration étroite entre les différents niveaux de pouvoir de notre pays.

Dans ce contexte je souhaiterais vous poser les questions ci-après:

A. Mesures déjà mises en œuvre.

1) Pourriez-vous détailler quelles mesures concrètes sont actuellement en place au niveau fédéral pour prévenir l'obésité infantile en Belgique?

2) Les normes et réglementations concernant la publicité alimentaire destinée aux enfants (y compris dans le numérique) ont-elles été récemment renforcées?

3) Des initiatives fiscales (taxe sur les boissons sucrées, soutiens aux produits sains, subventions, etc.) ont-elles été prises face aux récents constats?

B. Mesures envisagées ou en projet.

4) Quelles mesures le gouvernement fédéral, de concert avec les entités fédérées, compte-t-il adopter pour renforcer la prévention de l'obésité infantile dans les prochaines années?

5) Des réformes législatives ou réglementaires visant à renforcer la gestion du des techniques de commercialisation des produits ultratransformés sont-elles sur la table?

6) Qu'est-il envisagé à propos d'un renforcement des étiquetages nutritionnels ou du profil nutritionnel des aliments mis à la vente en Belgique?

7) Des programmes spécifiques vont-ils être développés pour informer les populations vulnérables ou défavorisées, qui sont indéniablement plus exposées aux déterminants de l'obésité infantile?

8) Qu'envisage le gouvernement fédéral à propos de l'adaptation, du renforcement ou de la création de dispositifs de suivi et de dépistage des troubles du poids dès le plus jeune âge?

C. Coordination, compétences et responsabilités.

9) Étant donné que l'organisation de la promotion de la santé, de l'éducation, de l'alimentation, de la petite enfance ou des compétences associées peut relever de différents niveaux (Communautés, Régions, niveau fédéral), comment s'opère actuellement la coordination entre le niveau fédéral, les Communautés et les Régions dans la lutte contre l'obésité infantile?

10) Quelles mesures sont prises ou vont être prises pour assurer la cohérence des politiques (éducation nutritionnelle, accès aux soins, urbanisme favorable à l'activité physique) entre les différents niveaux de pouvoir?

11) Si des mécanismes de financement sont mis en place pour soutenir des programmes communs ou complémentaires entre niveau fédéral, Régions et Communautés, lesquels sont-ils?

D. Évaluation et indicateurs.

12) Quels indicateurs précis sont utilisés ou seront utilisés pour mesurer l'évolution de l'obésité infantile en Belgique (prévalence, répartition géographique et socio-économique, évolution dans le temps)?

13) À quelle fréquence des rapports d'évaluation ou bilans sont ou seront rendus publics sur cette thématique?

14) Comment le gouvernement fédéral s'assure-t-il que les décisions politiques soient fondées sur les données scientifiques disponibles, y compris les résultats des recherches nationales et internationales?

E. Coopération internationale et européenne.

15) Avez-vous eu des échanges récents avec vos homologues européens et internationaux sur ce sujet de l'obésité infantile?

16) Dans quelle mesure la Belgique participe-t-elle aux initiatives conjointes, programmes de recherche ou plans d'action communs visant à réduire l'obésité infantile à l'échelle internationale?

F. Implication des professionnels de santé.

17) Quelles mesures sont ou pourraient être mises en place pour renforcer l'implication des professionnels de santé dans la prévention et la prise en charge de l'obésité infantile? En particulier, envisagez-vous de revoir ou d'élargir les conditions de remboursement des consultations chez les diététiciens, pédiatres, psychologues ou autres praticiens concernés?

La transversalité de cette thématique est évidente: la question relève de la compétence du Sénat. En effet, les entités fédérées sont responsables en matière de promotion de la santé et de prévention, tandis que la santé publique relève des compétences du niveau fédéral.