Flexibilité du travail - Réforme projetée - Travailleurs de nuit - Impact sur la santé - Altération des rythmes biologiques - Prévention - Mesures - Implication des partenaires sociaux et de la médecine du travail
politique de la santé
travail de nuit
santé publique
diabète
| 8/9/2025 | Envoi question (Fin du délai de réponse: 9/10/2025) |
| 30/1/2026 | Réponse |
Alors que le gouvernement Arizona entend assouplir encore davantage les règles du travail de nuit, il est primordial d'examiner les conséquences profondes de ce choix politique sur la santé publique.
Le travail de nuit altère gravement les rythmes biologiques, y compris les rythmes protéiques qui régulent des fonctions métaboliques fondamentales. Cette désynchronisation interne est aujourd'hui solidement démontrée par la littérature scientifique.
Des chercheurs de l'Université d'État de Washington et du Laboratoire national du Nord-Ouest Pacifique (États-Unis) ont notamment mis en lumière, dans une étude rigoureuse, que les horaires décalés perturbent indéniablement l'organisme humain.
Selon Hans Van Dongen, auteur principal de l'étude susmentionnée: «Il existe des processus cérébraux liés à l'horloge interne qui nous indiquent que le jour est le jour et la nuit est la nuit, et d'autres [l'inverse]. Lorsque ces rythmes internes sont déréglés, notre organisme subit un stress persistant, ce qui aura, selon nous, des conséquences à long terme sur notre état de santé.»
Au point qu'il y a surtout un risque de développer un diabète de type 2, la production d'insuline fluctuant en fonction des repas mais aussi de notre horloge biologique.
En Belgique, les diverses enquêtes de la FGTB (Fédération générale du travail de Belgique), menée auprès des travailleuses et travailleurs concernés en horaires décalés, corroborent des constants alarmants, entre autres:
– un rythme de sommeil est déséquilibré;
– un impact du travail de nuit sur la récupération physique;
– un effet négatif sur leur vie sociale et familiale.
Ces effets sont particulièrement préoccupants à l'heure où la réforme en cours risque d'étendre et de banaliser les pratiques de travail nocturne dans de nombreux secteurs.
Face à l'évidence croissante des risques sanitaires, il est de notre responsabilité de veiller à ce que la modernisation du travail ne se fasse pas au détriment de la santé des travailleurs.
Dans ce cadre:
1) Le gouvernement fédéral a-t-il pris en compte les données scientifiques probantes sur les perturbations des rythmes biologiques et protéiques liées au travail de nuit, y compris l'étude précitée de l'Université d'État de Washington?
2) Une évaluation d'impact sur la santé publique a-t-elle été réalisée dans le cadre du projet de réforme de la flexibilité?
3) Quelles mesures concrètes sont prévues ou envisagées pour prévenir ou compenser les effets du travail de nuit sur la santé: dépistage ciblé de certaines maladies, suivi médical renforcé, campagnes de sensibilisation, etc.?
4) Comment les partenaires sociaux et les services de médecine du travail sont-ils impliqués dans cette réforme? Leurs remarques ont-elles été prises en compte pour éviter une généralisation dangereuse du travail de nuit?
La transversalité de cette thématique est évidente: la question relève de la compétence du Sénat. En effet, les entités fédérées sont responsables en matière de promotion de la santé et de prévention, tandis que la santé publique relève des compétences du niveau fédéral.
Je l’informe que cette question ne relève pas de mes compétences, mais de celles de mon collègue, le vice-premier ministre et ministre de l’Emploi, de l’Économie et de l’Agriculture.