Phénomène des «burn lines» (exposition volontaire sans protection) - Rôle néfaste des réseaux sociaux - Données - Mesures de prévention ciblées - Mobilisation d'influenceurs - Régulation stricte des produits de bronzage - Campagnes de sensibilisation
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sensibilisation du public
| 8/9/2025 | Envoi question (Fin du délai de réponse: 9/10/2025) |
Cet été, sur les réseaux sociaux, une nouvelle tendance dangereuse poussait les adolescentes à se brûler volontairement la peau au soleil pour obtenir des traces de bronzage marquées.
Les «trends» «burn lines» ou «tan lines» affolent la toile. Sur les réseaux sociaux, des jeunes filles affichent fièrement leurs traces de bikini, sur leur peau qui pèle ou rougit, dans de courtes séquences vidéos ou sur des clichés. D'autres partagent des astuces dangereuses pour bronzer plus vite et plus intensément en se tartinant d'huile. Sur «TikTok», le mot-clic («hashtag») «tanlines» cumulait déjà mi-juillet cent cinquante mille publications. Sur «Instagram», c'était plus d'un million!
Les dermatologues tirent la sonnette d'alarme à ce sujet. En effet, derrière cette tendance estivale se cache des véritables dangers.
Un coup de soleil est une brûlure de la peau avec des conséquences plus ou moins graves: des irritations, des cloques, une peau qui pèle.
Avec des accélérateurs de bronzage comme des huiles, il est même possible d'avoir une brûlure au deuxième degré avec l'apparition de cloques qui peuvent envoyer à l'hôpital.
Par ailleurs, l'exposition prolongée et régulière sans une protection adéquate augmente le vieillissement prématuré de la peau, l'apparition de taches, mais également le risque de maladie.
À long terme, des expositions ou brûlures répétées favorisent l'apparition de mélanomes. Les coups de soleil dans l'enfance et l'adolescence sont en effet le premier facteur de risque de mélanome, le cancer de la peau le plus grave.
En Belgique, la Fondation des brûlés a tenu à rappeler que «les brûlures ne sont pas une forme d'art, mais des blessures graves aux conséquences à vie».
Une enquête de la Fondation contre le cancer (2024) révèle que parmi les jeunes Belges de douze à dix-huit ans:
– 74 % ont eu un coup de soleil léger l'année passée, 35 % une brûlure douloureuse, et 9 % un coup de soleil grave;
– 16 % préfèrent attraper un coup de soleil plutôt que de rentrer de vacances sans bronzage;
– «TikTok» figure parmi les principales sources d'influence: 21 % citent la plateforme comme source, et près d'un quart d'entre eux ont suivi des conseils diffusés par des influenceurs, y compris des recommandations à risque (exposition non protégée, sprays, bancs solaires, huiles).
Dans ce cadre:
1) Disposez-vous de données nationales ou régionales à jour (service public fédéral (SPF) Santé publique, Sciensano, Fondation contre le cancer) concernant une augmentation cet été des comportements liés au phénomène sur les réseaux: exposition volontaire sans protection, usage de produits de bronzage non réglementés, influence des réseaux sociaux sur ces pratiques?
2) Quelles sont les mesures de prévention ciblées prévues ou en cours en Belgique?
– campagnes d'information auprès des jeunes et de leurs parents?
– collaboration avec les régions, les écoles, les centres publics d'action sociale (CPAS), les clubs de jeunesse?
3) Envisagez-vous une régulation spécifique plus stricte et plus ciblée des produits de bronzage non autorisés, notamment ceux proposés via les réseaux sociaux sans contrôle sanitaire?
4) Prévoyez-vous de mobiliser les influenceurs belges pour contrer le contenu viral dangereux, en promouvant des messages de prévention?
5) Allez-vous engager une démarche coordonnée entre les niveaux fédéral et régional, incluant Sciensano, les autorités communautaires, la Fondation contre le cancer et la Fondation des brûlés, afin de renforcer la sensibilisation et prévenir les risques liés à ce phénomène?
La transversalité de cette thématique est évidente: la question relève de la compétence du Sénat. En effet, les entités fédérées sont responsables en matière de promotion de la santé et de prévention, tandis que la santé publique relève des compétences du niveau fédéral.