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Question écrite n° 8-295

de Nadia El Yousfi (PS) du 8 septembre 2025

au vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté

Maisons de repos - Recours aux antidépresseurs et antipsychotiques - Réduction - Santé mentale des personnes âgées - Soins psychologiques de première ligne - Accès - Approches non médicamenteuses - Consommation de psychotropes - Suivi

substance psychotrope
santé mentale
soins aux personnes âgées
équipement social

Chronologie

8/9/2025Envoi question (Fin du délai de réponse: 9/10/2025)

Question n° 8-295 du 8 septembre 2025 : (Question posée en français)

Cet été, les chiffres révélés par une enquête des Mutualités libres montraient que, dans les maisons de repos et de soins, 49,5 % des résidents prennent des antidépresseurs de manière régulière, et 23 % consomment des antipsychotiques.

Ce constat prouve que la situation n'évolue guère ces dernières années.

Si les médicaments peuvent jouer un rôle ponctuel et nécessaire dans certaines situations cliniques, leur usage excessif ou prolongé n'est pas sans risques: dépendance, effets secondaires, interactions médicamenteuses, sans parler du fait qu'ils ne s'attaquent pas toujours aux causes profondes de la souffrance psychique.

La directrice de la maison de repos «L'Olivier» (Uccle), Pascale Nachtergaele, confiait en juillet 2025 à la RTBF que c'est principalement le passage entre le domicile et la maison de repos qui peut engendrer des dépressions ou des changements de comportement chez les aînés. Selon elle: «C'est une grande étape dans la vie. C'est souvent parce qu'on a eu un petit problème et donc des effets un peu plus négatifs du vieillissement. Il faut que la personne accepte, ce n'est pas toujours un choix (…). Tous ces facteurs interviennent dans la prise de psychotropes.»

Et pourtant, des solutions existent pour diminuer le recours aux psychotropes et améliorer la santé mentale des personnes âgées:

– consultations avec un psychiatre au sein même de la maison de repos;

– implication dans les activités et la vie de la maison de repos pour tisser du lien social;

– programme d'activités qui change régulièrement pour permettre à chaque résident d'assouvir une de ses passions et de partager avec les autres résidents;

- etc.

1) Dans ce contexte, quelles mesures le gouvernement fédéral prévoit-il pour l'année 2025 et à l'horizon 2030 afin de réduire ce recours massif aux psychotropes chez les aînés et de renforcer la santé mentale des personnes âgées en institution?

2) Quels dispositifs spécifiques seront déployés pour favoriser l'accès des résidents des maisons de repos aux soins psychologiques de première ligne?

3) Le gouvernement fédéral envisage-t-il, avec les entités fédérées, de rendre systématique une évaluation interdisciplinaire des prescriptions de psychotropes dans les maisons de repos, notamment à travers la concertation médecin-pharmacien (CMP)?

4) Quelles sont les intentions du gouvernement fédéral, de concert avec les entités fédérées, quant à l'extension des approches non médicamenteuses, telles que les thérapies de groupe, la stimulation cognitive ou les programmes de bien-être intégrés en institution?

5) La création annoncée d'un groupe de travail «santé mentale» inclura-t-elle un volet spécifique consacré au public âgé résidant en maison de repos?

6) Dans la perspective de 2030, la Belgique entend-elle se doter d'un suivi national régulier et transparent de la consommation de psychotropes en milieu résidentiel, avec des indicateurs accessibles par Région et type d'établissement?

La transversalité de cette thématique est évidente: la question relève de la compétence du Sénat. En effet, les entités fédérées sont responsables en matière de promotion de la santé et de prévention, tandis que la santé publique relève des compétences du niveau fédéral.