Mouvances masculinistes et «incel» - Présence en Belgique - Recueil de données - Collaboration avec le secteur académique et associatif - Lutte - Mesures - Collaboration avec les Communautés et Régions - Contenus en ligne - Modération
médias sociaux
violence sexuelle
mouvement de femmes
radicalisation
Organe de coordination pour l'analyse de la menace
sensibilisation du public
extrémisme
| 8/9/2025 | Envoi question (Fin du délai de réponse: 9/10/2025) |
| 10/10/2025 | Rappel |
Un attentat d'inspiration masculiniste a récemment été déjoué en France, mettant en lumière la dangerosité croissante de discours extrémistes antiféministes et, en particulier, du phénomène «incel» («involuntary celibate», célibataires involontaires). Ce type de radicalisation, déjà documenté à l'étranger, repose sur deux piliers: le rejet des acquis féministes et l'idée d'une perte de repères des hommes dans une société qui évoluerait trop vite.
En Belgique, l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM) a confirmé suivre ce phénomène, notamment au travers de la base de données commune «terrorisme, extrémisme et processus de radicalisation» (TER). Les données disponibles révèlent la présence, même limitée, d'individus identifiés comme adhérents à cette idéologie. L'OCAM a par ailleurs souligné que «les signaux observés ne reflètent qu'une fraction de la réalité plus diffuse et difficile à cerner», ce qui appelle à la vigilance.
Or, comme le rappellent plusieurs experts, la Belgique manque encore d'études quantitatives et qualitatives sur l'évolution de ces mouvements, leurs canaux de diffusion – en particulier via les réseaux sociaux – et leur réception par les jeunes générations. Des associations de terrain actives dans la prévention des violences sexistes constatent pourtant une diffusion croissante de contenus virilistes et misogynes dans la sphère numérique, sans que l'on puisse encore en mesurer précisément l'impact.
Dès lors, je souhaiterais vous poser les questions suivantes:
1) Quelle est la situation du masculinisme en Belgique aujourd'hui? Quelles données l'OCAM et les services de police et de renseignement ont-ils déjà collectées et analysées concernant la présence et l'évolution de mouvances masculinistes sur notre territoire? Quelles conclusions en ont été tirées jusqu'ici?
2) Quels partenariats ont déjà été noués entre les autorités publiques (OCAM, police fédérale, parquet, etc.) et le secteur académique ou associatif afin d'objectiver le phénomène et d'évaluer ses risques spécifiques en termes de sécurité et de prévention des violences sexistes? Avec quels résultats?
3) Quels sont les instruments dont on dispose aujourd'hui en Belgique pour lutter efficacement contre ces mouvances et également les prévenir?
4) Au niveau des communautés et régions, qu'est ce qui est mis en place? Des campagnes de sensibilisation ou d'éducation aux médias ont-elles été mises en œuvre pour empêcher l'adhésion des adolescents à ces discours et pour contrer leur diffusion en ligne (éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle, ou d'autres dispositifs scolaires et extra-scolaires)?
5) Enfin, quelles mesures concrètes mettez-vous en place ou testez-vous actuellement en matière de modération des contenus en ligne, en collaboration avec les plateformes numériques, afin de limiter la propagation de contenus masculinistes et virilistes extrêmes?
Cette question sur la montée des mouvances masculinistes et «incel» est transversale puisqu'elle relève à la fois des compétences fédérales (sécurité, renseignement, lutte contre la radicalisation via l'OCAM, la police et le parquet fédéral) et régionales ou communautaires (prévention, campagnes de sensibilisation, éducation aux médias et à la vie affective et sexuelle dans les écoles, ainsi que soutien aux associations locales et sectorielles). Cette coordination entre tous les niveaux de pouvoir est en effet indispensable pour identifier, prévenir et contrer ce phénomène dans ses alentours sécuritaires comme éducatifs et sociaux.