Santé mentale - Enfants de 0 à 4 ans - Consultations psychologiques - Nombre - Augmentation - Offre de soins - Renforcement - Moyens - Familles en difficulté - Soutien - Actions spécifiques - Coordination intersectorielle
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politique de la santé
| 30/6/2025 | Envoi question (Fin du délai de réponse: 31/7/2025) |
Selon les données disponibles et les constats de terrain relayés par de nombreux professionnels de la santé mentale et de la petite enfance, les demandes d'accompagnement psychologique ou psychiatrique pour les très jeunes enfants sont en nette augmentation.
En effet, selon les chiffres de l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (INAMI) relayés par le journal «De Standaard» le 30 décembre 2024 (p. 7), les consultations psychologiques pour les enfants de zéro à quatre ans ont augmenté de 50% en 2024 par rapport à l'année précédente.
La détresse chez les plus jeunes se traduit par un refus de s'alimenter, des troubles de la parole ou encore l'enfant se frappe ou se tape la tête au sol.
Cette tendance, observée depuis la crise sanitaire liée à la Covid-19, soulève de nombreuses questions quant aux facteurs de vulnérabilité auxquels les enfants sont exposés dès le plus jeune âge: précarité familiale, troubles du lien parent-enfant, isolement social ou encore tensions économiques. Les crèches, les services de santé mentale et les médecins généralistes jouent un rôle de plus en plus central dans le repérage précoce de ces troubles.
Cependant, cette hausse des demandes de consultation psychologiques s'inscrit dans un contexte de pénurie persistante de professionnels en pédopsychiatrie et en psychologie infantile, ainsi que de fragmentation des dispositifs entre les niveaux de pouvoir. La liste d'attente est longue avant d'obtenir un rendez-vous ou une consultation. Or, un jeune enfant qui n'est pas pris en charge, c'est un adulte qui va potentiellement développer des problèmes.
En Belgique, la non-prise en charge (ou la prise en charge trop tardive) de ces problèmes coûte donc 1 milliard d'euros à la société par an. C'est un montant qui a été calculé par le Comité pour la nouvelle politique de santé mentale pour enfants et adolescents, un groupe de travail qui a participé à la réforme de la santé mentale de 2022.
Dès lors, je voudrais vous adresser les questions suivantes:
1) Disposez-vous de données actualisées et consolidées sur l'évolution du nombre de consultations en santé mentale pour les enfants de zéro à quatre ans dans chaque Région du pays? Le cas échéant, certaines Régions sont-elles davantage concernées par cette problématique?
2) Quels moyens le gouvernement fédéral entend-il mobiliser pour renforcer l'offre de soins en santé mentale pour la tranche d'âge de zéro à quatre ans, en collaboration avec les entités fédérées compétentes?
3) Des actions spécifiques sont-elles prévues pour soutenir les familles en difficulté dès la petite enfance, en particulier dans les groupes vulnérables et les milieux défavorisés où les risques sont accrus?
4) Envisagez-vous un renforcement de la coordination intersectorielle entre la santé, l'aide à la jeunesse, l'enseignement et la petite enfance afin d'offrir une réponse cohérente et précoce aux besoins de ces enfants?
Cette question écrite relève de la compétence du Sénat vu son caractère transversal. La santé publique est une matière fédérale et la politique de prévention relève des entités fédérées.