Huile d'olive - Normes sanitaires - Contrôle - Présence d'hydrocarbures et de plastifiants - Élimination - Mesures - Protection du consommateur - Information
huile d'olive
substance toxique
risque sanitaire
plastifiant
hydrocarbure
politique de la santé
protection du consommateur
perturbateur endocrinien
| 6/6/2025 | Envoi question (Fin du délai de réponse: 10/7/2025) |
| 3/7/2025 | Réponse |
Aussi posée à : question écrite 8-238
Le magazine français «60 Millions de consommateurs» a analysé la composition de vingt-deux huiles d'olive commercialisées, qu'elles soient biologiques, conventionnelles, coûteuses ou abordables. Les résultats révèlent que toutes contiennent des traces de plastifiants et d'hydrocarbures potentiellement nocifs pour la santé.
L'huile d'olive est souvent louée pour ses bienfaits, notamment ses effets positifs sur la santé cardiovasculaire. Cependant, l'enquête du magazine met en garde contre la présence de contaminants dans de nombreuses bouteilles, principalement en vente en grande surface.
Les analyses ont porté sur vingt-deux huiles d'olive vierge extra, c'est-à-dire extraites directement du fruit par pression mécanique ou centrifugation.
Selon Patricia Chairopoulos, journaliste chez «60 Millions de consommateurs», les phtalates ont été retrouvés dans l'ensemble des vingt-deux huiles. Ces plastifiants, présents dans les cuves, bâches ou tuyaux utilisés lors du stockage ou du transport, migrent dans l'huile lors de sa production ou de son acheminement. En tant que corps gras, l'huile d'olive absorbe facilement ces contaminants, explique-t-elle.
Les résultats indiquent que toutes les huiles, qu'elles soient bio ou conventionnelles, contiennent entre un et trois phtalates ou plastifiants, sans exception. Pourtant, leur présence pose problème: plusieurs études soulignent leur potentiel à perturber le système endocrinien et à présenter des risques pour la santé.
Certaines huiles contiennent jusqu'à 4,8 mg/kg de DEHP (phtalate de di-2-éthylhexyle), un phtalate spécifique. La réglementation européenne interdit strictement l'utilisation de matériaux contenant des phtalates dans la fabrication et le stockage des corps gras comme l'huile d'olive.
L'étude met également en lumière la présence de MOSH («Mineral Oil Saturated Hydrocarbons», hydrocarbures saturés d'huiles minérales) et MOAH («Mineral Oil Aromatic Hydrocarbons», hydrocarbures aromatiques d'huiles minérales), tous deux issus du pétrole. Ces substances, utilisées comme lubrifiants dans les moteurs, peuvent contaminer les huiles d'olive lors de leur récolte, trituration ou transport, souvent par des fuites depuis les équipements ou véhicules.
Les MOSH peuvent s'accumuler dans le foie et le système lymphatique, tandis que les MOAH possèdent des propriétés cancérigènes. La contamination peut intervenir à tout moment de la chaîne de production, ce qui complique leur contrôle.
Certaines huiles analysées présentent jusqu'à 10 mg/kg de MOAH, soit cinq fois au-dessus de la limite considérée comme acceptable par l'Union européenne.
«60 Millions de consommateurs» recommande la prudence face à ces résultats: bien que les quantités de contaminants soient généralement faibles, une consommation régulière pourrait poser des risques pour la santé à long terme.
Cette question de santé publique et de protection des consommateurs relève de la compétence du Sénat car, en effet, la commercialisation de ces produits concerne notamment l'économie, compétence des entités fédérées. La prévention de la santé des consommateurs est également un élément relevant de la compétence des Communautés.
Je souhaite donc vous poser les questions suivantes:
1) Quelles sont les dispositions que vous comptez prendre pour renforcer les contrôles sur la qualité des huiles d'olive vendues en Belgique (fabriquées en Belgique et ailleurs) et garantir leur conformité aux normes sanitaires en vigueur?
2) Quelles sont les mesures qui seront mises en œuvre pour inciter les acteurs de la filière à supprimer l'usage de matériaux susceptibles de contaminer les produits finis?
3) Quelles sont les initiatives envisagées pour informer clairement les consommateurs sur la composition réelle des huiles qu'ils consomment, ainsi que sur les éventuels risques sanitaires associés, dans un souci de transparence et de protection de la santé publique?
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