Diplomatie belge - Équilibre des genres - Chiffres
intégration des questions d'égalité entre les hommes et les femmes
profession diplomatique
égalité homme-femme
statistique officielle
| 16/5/2025 | Envoi question (Fin du délai de réponse: 19/6/2025) |
| 17/6/2025 | Réponse |
La diplomatie belge est dans le monde une référence pour la protection de nos intérêts mondiaux. Comme toute organisation, la représentation diplomatique gagne à respecter une répartition équilibrée des genres, comme le prévoient également les législations belge et internationale.
J'aimerais dès lors vous poser les questions suivantes:
1) Pouvez-vous fournir des chiffres actualisés pour les dix dernières années en ce qui concerne la répartition par genre du staff belge déployé dans les missions de maintien de la paix des Nations unies?
2) Pouvez-vous fournir des chiffres actualisés pour les dix dernières années en ce qui concerne la répartition par genre des ambassadeurs et ambassadrices de Belgique?
3) Pouvez-vous fournir des chiffres actualisés pour les dix dernières années en ce qui concerne la répartition du personnel d'ambassade par genre et par rang ou fonction?
4) Comment évaluez-vous les mesures visant à atteindre une égalité des genres au sein de la diplomatie belge?
5) Prévoyez-vous d'apporter des modifications à la politique menée en la matière? Si oui, lesquelles?
1) Étant donné notre contribution actuelle limitée en personnel aux missions de maintien de la paix des Nations unies, il est difficile de formuler une réponse significative. Avec un seul casque bleu, la base de comparaison est trop restreinte pour tirer des conclusions représentatives.
Cela dit, je peux indiquer que les Nations unies atteignent globalement les objectifs de leur stratégie en matière de genre. Dans chaque sous-catégorie, le département des Opérations de paix atteint ses cibles en matière de parité: 27,65 % des experts militaires en mission sont des femmes; 20,06 % des officiers d’état-major militaires; 31,04 % du personnel de police en postes de commandement; et 17,32 % dans les unités de police constituées. Seuls les contingents militaires restent en deçà de l’objectif, avec 8,17 % de femmes contre un objectif de 11 %.
Par ailleurs, 29 % des chefs de mission (Special Representative of the Secretary-General – SRSG) ou chefs adjoints de mission (Deputy Special Representative of the Secretary-General – DSRSG) dans les opérations de paix sont des femmes. Actuellement, quatre femmes occupent le poste de SRSG dans onze missions, notamment à la MONUSCO (Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo) et à la MINUSCA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine). Une étape importante a été franchie en décembre 2024, avec la nomination de la première femme africaine au poste de commandant de la force dans une opération de paix: la générale de division Anita Asmah du Ghana, pour la mission UNDOF (United Nations Disengagement Observer Force).
2) Les chiffres ci-dessous offrent un instantané de la répartition par genre des cheffes et chefs de poste (ambassadrices/ambassadeurs, représentantes/représentants permanents, consules générales/consuls généraux et cheffes/chefs de bureau diplomatique) en janvier de l’année X.
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Année |
M |
F |
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2016 |
94 |
14 |
|
2017 |
97 |
13 |
|
2018 |
96 |
15 |
|
2019 |
93 |
13 |
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2020 |
97 |
10 |
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2021 |
94 |
11 |
|
2022 |
95 |
13 |
|
2023 |
93 |
15 |
|
2024 |
89 |
20 |
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2025 |
86 |
21 |
3) Les chiffres ci-dessous offrent un instantané de la répartition par genre pour les fonctions autre que chef de poste (cheffe/chef de poste adjoint, ministre conseiller, consul, etc.) relevant de la carrière diplomatique et consulaire, affectés à un poste en janvier de l’année X.
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Année |
M |
F |
|
2016 |
188 |
84 |
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2017 |
166 |
78 |
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2018 |
169 |
93 |
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2019 |
175 |
105 |
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2020 |
170 |
105 |
|
2021 |
165 |
100 |
|
2022 |
177 |
94 |
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2023 |
186 |
102 |
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2024 |
188 |
92 |
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2025 |
188 |
114 |
4) Depuis 2020, nous avons mis en place plusieurs initiatives pour promouvoir l’égalité de genre au sein de notre corps diplomatique et au-delà. Parmi ces initiatives dans le cadre du premier plan d’action sur l’égalité de genre «in house» du service public fédéral (SPF) Affaires étrangères, nous avons travaillé sur la communication et sensibilisation, l’accompagnement de carrière, l’échange de bonnes pratiques. Nous avons en effet lancé des programmes de mentorat (pas exclusivement réservés aux femmes), ajusté nos processus de sélection et mené des campagnes de sensibilisation en interne et externe.
Grâce à ces initiatives, des progrès ont été réalisés, notamment une augmentation de la proportion de cheffes de poste, ainsi qu’une meilleure représentation des femmes parmi les nouvelles promotions de stagiaires diplomates.
La volonté du SPF est de poursuivre cet engagement, en renforçant les programmes de formation, en adaptant les processus de sélection pour limiter les biais inconscients, et en mettant en avant des modèles féminins inspirants pour encourager plus de candidates à envisager une carrière diplomatique.
Il ne suffit pas d’afficher une volonté politique; nous devons poursuivre et renforcer les actions mises en place pour transformer durablement notre culture organisationnelle.
5) J’ai demandé à mon administration de poursuivre cette dynamique dans le cadre du nouveau Plan Genre 2025-2029, actuellement en cours de rédaction. Ce plan sera présenté d’ici l’été au comité de direction afin de valider les orientations et les mesures qui nous permettront d’intensifier notre engagement et de traduire concrètement nos objectifs en actions. Il s’inscrit dans le programme global d’inclusivité du SPF pour la période 2025-2029 et vise à renforcer l’égalité de genre au sein du SPF, en s’appuyant sur les enseignements du premier plan 2020-2024.
Je suis heureux d’annoncer dans ce contexte une nouvelle initiative d’outreach intitulée «Ambassadrice de demain» qui sera organisée fin juin 2025 pour la première fois. Son objectif est de sensibiliser davantage les étudiantes et jeunes professionnelles aux perspectives offertes par la diplomatie.
Je veux également que notre politique de communication reflète pleinement nos engagements. C’est pourquoi, le 8 mars 2025, j’ai pris la décision de renforcer l’utilisation de la forme féminine des titres et fonctions dans nos communications officielles, afin de valoriser la présence des femmes aux postes de responsabilité et d’inscrire cette évolution dans nos pratiques institutionnelles.
Mon engagement est clair: je souhaite promouvoir une politique cohérente en interne et en externe en matière d’égalité de genre. Ce nouveau plan 2025-2029 nous permettra d’aller plus loin, en fixant des objectifs mesurables et des indicateurs de suivi pour garantir des avancées concrètes dans les années à venir.