Cancers métastatiques - Lutte - Nouvelle molécule - Mise au point - Évaluation - Utilisation - Essais cliniques - Thérapies innovantes - Accès - Réglementation
cancer
thérapeutique
politique de la santé
| 16/5/2025 | Envoi question (Fin du délai de réponse: 19/6/2025) |
| 19/6/2025 | Réponse |
Récemment, des chercheurs français, ont mis au point une nouvelle molécule capable de détruire des cellules cancéreuses résistantes à la chimiothérapie.
C'est une molécule qui n'en est qu'à ses balbutiements, mais qui pourrait bien changer radicalement la donne dans la lutte contre les cancers, notamment les cancers métastasiques.
Depuis quelques décennies, les traitements ont permis des progrès significatifs et le cancer n'est plus toujours synonyme d'une mort certaine.
Mais malgré la puissance des très nombreux traitements et chimiothérapies existants, trop de malades rechutent encore. Et les traitements deviennent alors beaucoup moins efficaces.
Raphaël Rodriguez, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) français à l'Institut Curie, étudie notamment le rôle des métaux dans la biologie du cancer. C'est avec son équipe qu'il a développé une molécule d'une nouvelle classe thérapeutique, capable de cibler ces cancers métastatiques contre lesquels la médecine est démunie.
Sachant que 70 % des personnes qui meurent de cancer ne meurent pas à cause de leur tumeur primaire, mais de métastases, la découverte des chercheurs français suscite un intérêt considérable et elle pourrait potentiellement représenter une avancée majeure dans le traitement des cancers métastasiques réfractaires aux traitements classiques.
1) Dans ce contexte, les autorités belges envisagent-elles d'évaluer l'efficacité de cette molécule pour une utilisation éventuelle dans le cadre des protocoles thérapeutiques nationaux?
2) Des essais cliniques sont-ils envisagés en Belgique ou des collaborations avec les équipes de recherche françaises sont-elles prévues?
3) Qu'en est-il de la réglementation concernant l'accès précoce à de telles thérapies innovantes pour les patients belges?
Cette question écrite relève de la compétence du Sénat vu son caractère transversal. La santé publique sont des matières fédérales et les politiques de prévention relèvent des entités fédérées.
1) La fentomycine-1 est une nouvelle petite molécule qui a montré des résultats prometteurs dans des modèles précliniques de cancer (modèles in vitro sur cellules humaines ou modèles in vivo murins), en particulier dans le cancer du sein métastatique, le cancer du pancréas et le sarcome, selon un récent article d’une équipe de chercheurs de l’Institut Curie publié dans la revue «Nature» le 7 mai 2025. La fentomycine-1 agit en activant le fer lysosomal, déclenchant la ferroptose (un type de mort cellulaire) dans les cellules cancéreuses. Bien que les études précliniques soient encourageantes, des essais cliniques sont nécessaires pour évaluer et confirmer son efficacité et sa sécurité chez l’homme. Les autorités belges ne pourraient évaluer le rapport bénéfice / risque de cette molécule que dans l’hypothèse où un essai clinique leur était soumis à évaluation conforme au règlement sur les essais cliniques en vigueur.
2) Aucun essai clinique n’a été soumis à une évaluation pour le moment. Par ailleurs, il appartient au promoteur des essais cliniques de décider des pays et des centres impliqués.
3) Ce médicament est encore en phase de développement précoce et le développement clinique n’a apparemment pas encore commencé. Le moyen le plus réaliste de rendre rapidement accessible cette molécule aux patients belges est de leur offrir la participation à un essai clinique après son approbation. Il s’agirait probablement dans un premier temps d’un essai de phase I (première administration humaine). À ce niveau la Belgique est bien positionnée puisqu’elle dispose de plusieurs unités de phase I. La réglementation belge prévoit également l’accès à des médicaments via des programmes d’usage compassionnel ou des programmes médicaux d’urgence. Ce mécanisme d’accès permet aux patients atteints de maladies graves ou potentiellement mortelles, et pour lesquelles aucun traitement satisfaisant n’est disponible, d’accéder à des médicaments non autorisés ou utilisés hors indication même dans des cas où les données cliniques initiales sont limitées.