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Question écrite n° 8-207

de Özlem Özen (PS) du 16 mai 2025

à la ministre de l'Action et de la Modernisation publiques, chargée des Entreprises publiques, de la Fonction publique, de la Gestion immobilière de l'Etat, du Numérique et de la Politique scientifique

Réseaux sociaux - TikTok - Maigreur extrême - Promotion - Tendances numériques toxiques et dangereuses - Lutte - Mesures - Sensibilisation

médias sociaux
santé mentale
communauté virtuelle
jeune

Chronologie

16/5/2025Envoi question (Fin du délai de réponse: 19/6/2025)

Question n° 8-207 du 16 mai 2025 : (Question posée en français)

Le «Skinnytok» est une tendance en vogue qui promeut la maigreur extrême sur les réseaux sociaux, notamment sur «TikTok».

Très populaire sur la plateforme chinoise ces dernières semaines, le mot-clé «skinny» («maigre» en anglais) est associé à des centaines de milliers de publications en ligne. Ces vidéos sont essentiellement incarnées par de jeunes femmes et elles contiennent des phrases «chocs» et des conseils pour perdre rapidement du poids, au détriment de la santé. On peut par exemple lire: «Tu préfères être jolie et mince, ou rassasiée et immonde?»; ou encore: «Ton estomac ne gargouille pas, il t'applaudit.»

Face aux risques que les comportements mis en avant dans ces vidéos font courir aux jeunes, «TikTok» a mis en place un message de prévention («Ton poids ne te définit pas»). Ce message est affiché sous forme de bandeau au-dessus des publications jugées à risques. Il mène les utilisateurs vers une page de ressources liées aux troubles de l'alimentation. Mais cette démarche semble avoir peu d'impact sur le comportement en ligne des jeunes adeptes du challenge de la maigreur.

En France, la ministre en charge du Numérique a saisi la Commission européenne et le régulateur des médias pour protéger les mineurs face à cette tendance dangereuse de promotion de la minceur sur les réseaux sociaux et plus particulièrement sur «TikTok».

1) Dans le contexte de la montée de tendances numériques toxiques et dangereuses telles que «Skinnytok», quelles initiatives le gouvernement belge – de concert avec les entités fédérées – envisage-t-il pour renforcer l'encadrement des contenus préjudiciables à la santé mentale des jeunes sur les plateformes numériques?

2) Existe-t-il par ailleurs un dialogue entre le gouvernement fédéral et les grandes plateformes comme «TikTok» afin de les sensibiliser à leur responsabilité en matière de modération des contenus liés à des troubles du comportement alimentaire?

3) Relativement au bien-être et à la santé mentale des jeunes, le gouvernement fédéral prévoit-il des campagnes d'information et de sensibilisation pour aider les parents et les adolescents à identifier les contenus toxiques? Des mesures sont-elles en cours de développement pour outiller les jeunes, leurs familles, les enseignants et les éducateurs face aux contenus dangereux sur les réseaux sociaux, notamment par le biais de programmes éducatifs ou de dispositifs numériques de signalement renforcés?

4) Quant à l'intelligence artificielle et aux algorithmes, quelles mesures le gouvernement fédéral envisage-t-il pour auditer et encadrer les algorithmes de recommandation qui amplifient des tendances problématiques comme «Skinnytok»? Dans ce cadre avez-vous eu des échanges avec votre homologue française au sujet de son interpellation de la Commission européenne? Dans quelle mesure la Belgique s'appuie-t-elle sur les outils réglementaires européens – tels que le «Digital Services Act» – pour lutter contre la propagation de contenus nuisibles comme ceux promus par le mot-clic («hashtag») «Skinnytok»?

5) Enfin, en matière de coopération interdisciplinaire, le gouvernement fédéral travaille-t-il en coordination avec les ministères de la Santé ou de l'Éducation des entités fédérées pour développer une réponse globale et intégrée à ces phénomènes numériques? Au niveau fédéral, votre ministère collabore-t-il avec celui de la Santé pour combattre les troubles alimentaires exacerbés par ces tendances en ligne?

Ces questions écrites relèvent de la compétence du Sénat vu leur caractère transversal. Tant le numérique que la santé publique sont des matières fédérales et les politiques de prévention relèvent des entités fédérées.