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Question écrite n° 8-205

de Özlem Özen (PS) du 16 mai 2025

au vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté

Diabète - Dépistage précoce des maladies rénales - Personnes à risque accru - Actions de prévention - Sensibilisation - Extension du remboursement

maladie chronique
maladie rénale
diabète
politique de la santé
prévention des maladies

Chronologie

16/5/2025Envoi question (Fin du délai de réponse: 19/6/2025)
19/6/2025Réponse

Question n° 8-205 du 16 mai 2025 : (Question posée en français)

De plus en plus de personnes souffrent d'une maladie rénale chronique. On estime que le nombre de Belges atteints d'une insuffisance rénale s'élèvera cette année à 1,1 million.

Si aucune mesure n'est prise, les problèmes rénaux deviendront même la cinquième cause de mortalité dans le monde d'ici 2040.

Pourtant, une détection précoce permettrait d'éviter de nombreux problèmes.

Un diagnostic précoce pour identifier les problèmes rénaux est important. En particulier chez les personnes à risque accru, telles que celles atteintes de diabète, d'hypertension artérielle ou ayant des antécédents familiaux de maladies rénales.

Les néphrologues plaident pour une extension du remboursement des tests préventifs, qui est actuellement limité aux patients diabétiques.

Selon le Docteur Gert Meeus, président de «la Nederlandstalige Belgische Vereniging voor nefrologie» (NBVN, Association belge néerlandophone de néphrologie), toute personne âgée de plus de quarante-cinq ans devrait se faire tester une fois tous les cinq ans. De tels tests précoces pourraient aider des milliers de personnes à détecter à temps les problèmes rénaux et à éviter des complications plus graves.

Cette question écrite relève de la compétence du Sénat vu son caractère transversal. La santé publique est une matière fédérale et la politique de prévention relève des entités fédérées.

1) Le gouvernement fédéral prévoit-il de mettre en place des mesures concrètes, de concert avec les entités fédérées, pour mettre en place un programme national de dépistage précoce des maladies rénales?

2) Le cas échéant quel budget pourrait être alloué à cette initiative essentielle pour la santé publique?

3) Outre le dépistage précoce des maladies rénales, quelles sont les actions de prévention (sensibilisation, lutte contre les facteurs de risque comme le diabète et l'hypertension)?

Réponse reçue le 19 juin 2025 :

1) Actuellement, le dosage de l’albumine, qui peut détecter les maladies rénales précoces, est remboursé pour les personnes atteintes de diabète sous le code de nomenclature no 543712-543723 (Dosage de l’albumine en microquantité par méthode immunologique (Maximum 1)) (https://webappsa.riziv-inami.fgov.be/Nomen/fr/543712).

Le Conseil technique médical de l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI) a fait la proposition suivante concernant ces codes de nomenclature:

a) l’élargissement de ce groupe à d’autres groupes à haut risque qui sont recommandés par les directives internationales:

les patients à haut risque dont le débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) est inférieur à 60 ml / min.;

les patients à haut risque souffrant d’hypertension ou prenant des médicaments hypotenseurs;

les proches au premier degré sous thérapie de remplacement rénal;

les patients à haut risque diagnostiqués avec un rapport albumine-créatinine (RAC) supérieur ou égal à 30 mg / g.

Dans ces cas, la prestation serait attestée jusqu’à trois fois par an;

b) la création d’une nouvelle prestation pour les patients âgés de plus de quarante-cinq ans, utilisée comme dépistage ciblé chez le médecin généraliste.

Cette prestation serait remboursée une fois tous les cinq ans.

Cette proposition dans le cadre de l’Accord national médico-mutualiste 2024-2025 a depuis été approuvée par le Conseil technique médical et le Comité de l’assurance de l’INAMI. Le dossier est actuellement en cours d’examen dans le cadre d’une procédure hors INAMI.

Les médecins généralistes joueront un rôle crucial dans la sensibilisation à la nécessité d’un dépistage ciblé des patients à risque. Les organisations professionnelles de néphrologues ont déjà été invitées à contribuer à l’élaboration de la proposition initiale ainsi qu’à la mise en application de la future proposition.

2) Le budget prévu dans l’Accord national médico-mutualiste 2024-2025 s’élève à 2,832 millions euros.

3) Organiser la prévention au niveau de la population n’est pas une compétence du fédéral.