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| 26/4/2024 | Envoi question (Fin du délai de réponse: 30/5/2024) |
| 8/5/2024 | Réponse |
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Partout dans le monde, les pouvoirs publics recourent déjà à l'intelligence artificielle (IA) dans leurs activités quotidiennes.
Toutefois, le déploiement de l'IA varie très fort d'un pays à l'autre, sous l'effet de toute une série de facteurs.
Les autorités italiennes, par exemple, utilisent l'IA de différentes manières, par exemple en tant qu'agent conversationnel (chatbot) d'un service clientèle et pour lutter contre la fraude fiscale. Un agent conversationnel du ministère du Travail fournit des informations sur le revenu minimum garanti. Le recours à l'IA pour lutter contre la fraude fiscale, avec le système "Anonimometro", par exemple, s'est avéré fructueux grâce à l'automatisation des analyses et à l'utilisation de données pseudonymes. La prudence s'impose toutefois, surtout lors de l'implémentation de l'IA dans des communautés vulnérables. À Rome, l'IA est utilisée pour le contrôle des canalisations d'eau au moyen de capteurs et de l'apprentissage automatique (machine learning).
L'application de l'IA dans les services publics est entravée par les coupes budgétaires et par une administration archaïque. Les agents conversationnels ont leurs limites et ne peuvent remplacer totalement l'interaction humaine, surtout au niveau de la rue, là où les fonctionnaires procèdent à des ajustements pour tenir compte de situations individuelles.
Des agents des services publics expérimentent individuellement des outils d'IA générative pour améliorer l'efficacité de leur travail. L'utilisation de l'IA dans les processus législatifs pose divers défis, certaines applications spécifiques nécessitant peut-être des modèles adaptés. La Chambre des représentants italienne expérimente l'IA dans le processus législatif. Le "Règlement sur l'IA de l'UE" devrait inciter les États membres à adopter l'IA avec enthousiasme, mais en Italie, on s'attend à ce que la réaction reste timide en l'absence d'investissements substantiels. Le public est peu sensibilisé et les services publics peu enclins à utiliser l'IA, ce qui ralentit l'adoption de l'IA dans les administrations.
Le 10 février 2023, le Sénat a adopté la proposition de résolution relative à la mise en place d'une autorité de contrôle des algorithmes de M. Daems et consorts (doc. Sénat, n° 7 328/4).
Lors de la formation du gouvernement néerlandais en 2021, la déclaration de politique générale qui accompagne l'accord de gouvernement mentionnait que le pays miserait sur le développement du numérique. En plus des annonces habituelles, dont la promesse de poursuivre les efforts pour combler le fossé numérique et améliorer la sécurité sur internet, la déclaration indique qu'une autorité de contrôle des algorithmes sera créée pour prendre des dispositions légales garantissant que les algorithmes seront contrôlés en ce qui concerne la transparence, la discrimination et l'arbitraire.
Cet appel n'arrive pas par hasard: le scandale des allocations familiales qui a secoué les Pays-Bas a montré que le fisc se fiait à des algorithmes que lui-même était à peine capable de comprendre et encore moins d'expliquer.
Aux États-Unis aussi, où les algorithmes sont déjà beaucoup plus répandus dans les organismes publics, il est apparu que plusieurs de ces services ne disposaient pas de moyens suffisants pour évaluer les algorithmes qu'eux-mêmes utilisaient.
La présente question écrite a un caractère transversal. Les différents gouvernements et maillons de la chaîne de sécurité se sont accordés sur les phénomènes qui devront être traités en priorité au cours des quatre prochaines années. Ceux-ci sont définis dans la Note-cadre de sécurité intégrale et dans le Plan national de sécurité 2022-2025 et ont été discutés lors d'une conférence interministérielle à laquelle les acteurs de la police et de la justice ont également participé. Il s'agit donc d'une matière transversale qui relève également des Régions, le rôle de ces dernières se situant surtout dans le domaine de la prévention.
Je souhaiterais dès lors obtenir une réponse aux questions suivantes:
1) À l'heure actuelle, votre cellule stratégique recourt-elle à l'intelligence artificielle? Dans l'affirmative, pourriez-vous décrire en détail les tâches ou les objectifs spécifiques pour lesquels l'IA est appliquée?
2) Quelle utilisation spécifique les services publics fédéraux relevant de votre compétence font-ils de tels programmes? Quels logiciels emploient-ils? Quel en est le coût? En élargissent-ils l'utilisation? Dans l'affirmative, de quelle manière et pour quelles raisons?
3) Pouvez-vous indiquer l'objectif poursuivi par l'utilisation de l'IA au sein de vos différents services publics fédéraux et comment elle contribue à la mise en œuvre des notes de politique? À l'heure actuelle, vos services publics fédéraux utilisent-ils des applications d'IA et, dans l'affirmative, de quelles applications spécifiques s'agit-il?
4) Quel est le rôle actuel et escompté de l'IA dans la mise en œuvre des notes de politique et au sein des différents programmes des services publics fédéraux? Quels types de données servent de base aux applications d'IA que les services publics fédéraux utilisent actuellement ou qu'ils comptent utiliser dans le futur?
5) Les algorithmes utilisés au sein de votre cellule stratégique et de vos départements sont-ils transparents? Pourriez-vous fournir des détails sur le niveau de transparence et les procédures suivies pour garantir que les décisions prises par l'IA sont à la portée des parties concernées et du public?
6) Pouvez-vous fournir une liste des projets en cours liés à l'intelligence artificielle relevant de vos compétences et départements? Quel est le calendrier prévu pour la mise en œuvre de ces projets?
7) Dans quels buts spécifiques les projets d'IA en cours ou futurs sont-ils ou seront-ils appliqués au sein de votre cellule stratégique et/ou de vos départements? Pourriez-vous expliquer en détail comment ces projets contribuent à améliorer votre politique et vos services? Des objectifs préétablis ont-ils été définis? Ont-ils déjà été évalués?
1) Au sein de la cellule stratégique, l’intelligence artificielle (IA) n’est pas structurellement utilisée.
2) L’IA n’est actuellement pas utilisée structurellement dans la Défense. Le Service général du renseignement et de la sécurité (SGRS) utilise la technologie de l’IA dans le cadre de sa stratégie IT (Information Technology, technologie de l’information). Son utilisation s’inscrit toujours dans le cadre de la loi sur le renseignement et la sécurité. Pour des raisons de sécurité, le SGRS ne fait pas de commentaires sur ses techniques de collecte et d’analyse.
3) Compte tenu du succès récent de l’IA générative, quelques initiatives sont lancées pour renforcer les connaissances techniques et opérationnelles dans ce domaine, en s’intéressant à la fois aux outils de soutien organisationnel et aux applications militaires spécifiques de l’IA.
4) Pour les outils de soutien organisationnel, l’IA peut jouer un rôle majeur dans le domaine de l’automatisation et dans l’augmentation de la productivité de la capacité de travail disponible. Il est important que les sources de données utilisées soient de haute qualité, fiables et sécurisées.
5) Lors de l’introduction de nouvelles technologies, un processus «d’apprentissage, de test et d’investissement» est généralement utilisé. La phase d’apprentissage s’accompagne de l’élaboration d’une politique globale en matière d’IA, abordant à la fois les facteurs traditionnels d’évaluation des risques et le cadre éthique qui la soutient. Pour les applications militaires spécifiques de l’IA, ce cadre éthique sera aligné sur les principes d’usage responsable proposés par l’Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) en 2021: légalité, responsabilité, explicabilité et traçabilité, fiabilité, contrôlable, et limitation des biais.
6) Spécifique au SGRS, cette technologie de l’IA offre la possibilité de réduire la charge de travail des agents grâce, par exemple, à l’automatisation des traductions, à l’analyse avancée des données et à la génération d’aperçus. Toutes les activités liées à l’IA sont exclusivement destinées à soutenir les activités humaines.
7) La stratégie de l’OTAN en matière d’IA a défini un nombre de concepts d’utilisation militaire potentiellement intéressants, notamment dans les domaines du traitement du renseignement, du soutien logistique, de l’analyse de l’environnement opérationnel et du cyberespace. Des recherches plus approfondies au sein de la Défense révéleront quelles applications génèreront la plus grande valeur ajoutée et comment celles-ci pourront être correctement mises en œuvre et gérées.