Avions de chasse F-35 - Construction - Accords d'implémentation - Nombre - Retombées économiques pour la Flandre - Montants - Évaluation
avion de combat
aviation militaire
conséquence économique
Région flamande
dépense de défense
| 20/7/2023 | Envoi question (Fin du délai de réponse: 25/8/2023) |
| 19/9/2023 | Réponse |
Aussi posée à : question écrite 7-2105
Justification du caractère transversal de la question écrite: des accords ont été conclus entre le fédéral et les entités fédérées concernant les retombées économiques de la construction des avions de chasses F-35.
En 2018, la Belgique a commandé trente-quatre avions de chasse F-35. À cet égard, l'autorité fédérale a passé un contrat avec l'avionneur américain Lockheed Martin.
Des entreprises belges avaient jusqu'en décembre 2021 pour signer un accord d'implémentation afin de collaborer à la construction de ces avions. Sur cette base, des retombées économiques de l'ordre de 3,7 milliards d'euros, dont 50,4 % pour la Flandre, étaient potentiellement attendues. Selon les informations communiquées dans les médias, ces retombées seraient seulement de 700 millions d'euros.
En réponse à la question écrite no 296 que j'ai posée au Parlement flamand le 24 mai 2023 concernant l'état d'avancement des accords d'implémentation, le ministre-président flamand Jan Jambon a fourni l'explication suivante: «Un rapport est présenté chaque année à ce sujet au Parlement fédéral. Ces informations ne sont pas rendues publiques. Nous n'avons par conséquent aucune vue sur le nombre d'accords d'implémentation conclus. Le Service public fédéral (SPF) Économie est actuellement occupé à mettre à jour le rapport de cette année.» (traduction)
J'aimerais dès lors vous poser les questions suivantes:
1) Combien d'accords d'implémentation ont finalement été conclus pour la construction d'avions de chasse F-35? Quelles sont les retombées économiques pour la Flandre? Quels montants cela représente-t-il et quelles sont les entreprises concernées?
2) Comment évaluez-vous ces chiffres?
Le retour sociétal du programme F-35 est suivi et communiqué annuellement au Parlement par le service public fédéral (SPF) Économie. Ce rapportage donne un aperçu de l’avancement d’une liste spécifique d’opportunités telles que définies dans un accord entre le gouvernement belge et les deux principaux producteurs du F-35, à savoir Lockheed Martin et Pratt & Whitney.
Aujourd’hui, il y a déjà un nombre de projets importants concernant les opportunités proposées qui ont été lancées, comme par exemple:
1) Le développement de la capacité de production de quatre cents «horizontal tails» pour le F-35A par le Joint Venture BE Lightning (Société fédérale de participations et d’investissement (SFPI), Asco, Sabca et Sonaca) avec un chiffre d’affaires initial estimé à 400 millions d’euros.
2.) Deux accords avec Asco pour la production de pièces en titane pour le F-35 par Asco en tant que fournisseur de la «supply chain» pour le F-35. En régime, ces deux accords devraient générer un chiffre d’affaires de 22 millions d’euros sur base annuelle (plus de 400 millions d’euros sur vingt ans).
3) Le développement de «divers outils de gestion de la flotte» par la société belge ILIAS pour tous les utilisateurs du F-35 dans le monde, avec un chiffre d’affaires estimé à 25 à 35 millions d’euros sur une base annuelle (plus de 500 millions d’euros sur vingt ans).
4) Un accord avec Innocom pour le développement de compétences et de capacités en matière de cybersécurité au sein du gouvernement belge ainsi qu’un accord avec Feronyl pour la recherche et le développement de polymères et composites avancés. Le chiffre d’affaires total des deux sociétés est estimé à 200 millions d’euros.
Outre ces projets, il existe un certain nombre d’autres projets très concrets qui pourraient déboucher sur des flux commerciaux concrets dans les années à venir:
– le développement de la capacité de production de «aircraft skins» pour le F-35 par SABENA Engineering dans sa filiale SABCA Lummen avec un chiffre d’affaires potentiel de 500 millions d’euros;
– le support spécialisé dans les deux bases F-35A belges à partir de 2024 par les entreprises Treality, ILIAS, SABENA Engineering et SONACA avec un chiffre d’affaires estimé à plus de 500 millions d’euros sur une période de vingt ans.
Compte tenu du fait qu’à ce jour, environ un quart seulement de la flotte totale de F-35 a été produite et qu’une augmentation significative de la capacité de support mondiale doit donc encore être réalisée, on peut dire que les chiffres du retour sociétal prévu vont maintenant dans la bonne direction, tout en soulignant que les résultats obtenus initialement étaient malheureusement loin des retours sociétaux promis par le gouvernement précédent. Ces retours étaient en effet censés être égaux au montant investi de 3,8 milliards d’euros, alors qu’en réalité le retour total n’était alors que de 700 millions d’euros, soit moins de 20 % du prix d’achat. C’est pourquoi, dès ma prise de fonction, j’ai essayé, dans la mesure du possible, de rétablir les retours pour nos industries, en coopération avec le ministre de l’Économie Pierre-Yves Dermagne.
Plus largement, la poursuite active de la coopération avec notre base industrielle et technologique de défense reste également un objectif dans le cadre des différents programmes de défense à mettre en œuvre. Dans cette optique, toutes les «opportunités industrielles belges» seront analysées à temps avec les acteurs concernés, y compris dans le cadre du programme européen Future Combat Air System (FCAS).