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Question écrite n° 5-8610

de Nele Lijnen (Open Vld) du 26 mars 2013

à la vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de Beliris et des Institutions culturelles fédérales

Rayonnement infrarouge - Chauffage infrarouge - Risques pour la santé - Normes et réglementation - Étude

exposition aux radiations
chauffage
risque sanitaire
rayonnement non ionisant

Chronologie

26/3/2013 Envoi question
23/9/2013 Rappel
29/10/2013 Rappel
3/12/2013 Requalification
13/12/2013 Réponse

Requalifiée en : demande d'explications 5-4367

Question n° 5-8610 du 26 mars 2013 : (Question posée en néerlandais)

Des étudiants bruxellois me signalent qu'une organisation bruxelloise représentant des propriétaires de kots d'étudiants et qui assure elle-même la gestion de kots, a lancé un projet pilote consistant à remplacer, dans plusieurs immeubles, le système de chauffage par un chauffage infrarouge. Le principe de ce chauffage est qu'il ne réchauffe pas l'air, mais les rayonnements infrarouges font en sorte que les objets se trouvant dans la pièce (y compris les personnes) restituent la chaleur dans l'air.

On ne trouve pas grand-chose sur internet en ce qui concerne les éventuels désavantages de ce système. Google fournit directement une longue liste d'installateurs qui présentent leur produit comme le nec plus ultra.

Que se passe-t-il dans notre corps lors de l'utilisation d'une cabine infrarouge ?

Le réchauffement de la peau et du tissu sous-cutané est compensé par une série de réactions. Il se produit ainsi, via les vaisseaux capillaires ouverts, un afflux de sang à travers le tissu sous-cutané afin de permettre la transpiration. Le cœur doit fournir des efforts supplémentaires, ce qui donne lieu à une bonne irrigation de l'ensemble du corps et soulage entre autres des raideurs articulaires et douleurs musculaires.

Cela montre clairement que les rayons infrarouges ont un effet sur le corps humain. L'utilisation de cabines infrarouges est réduite, mais dans le cas du chauffage infrarouge, il s'agit d'un rayonnement qui agit jour et nuit sur une superficie réduite (kots d'étudiants).

De plus, on a constaté que l'humidité de l'air avait fortement augmenté dans ces kots d'étudiants, ce qui génère incontestablement des risques pour la santé.

Je souhaiterais obtenir une réponse aux questions ci-dessous :

1) Une exposition répétée et prolongée aux rayons infrarouges présente-t-elle des risques pour la santé ? La ministre peut-elle expliquer pourquoi/pourquoi pas, tant à court terme qu'à long terme ?

2) Existe-t-il une réglementation prescrivant l'intensité maximale de rayonnement ? La ministre peut-elle également expliquer sa réponse ?

3) A-t-on également réalisé des études sur les risques indirects que ce mode de chauffage pouvait comporter (par exemple, des risques de santé inhérents à une augmentation de l'humidité de l'air) ? La ministre peut-elle expliquer sa réponse ?

Réponse reçue le 13 décembre 2013 :

Notre cadre légal dit clairement que toute personne qui met un produit sur le marché ou offre un service doit veiller à ce que ce produit soit sûr et sans danger pour la santé de l'utilisateur. Le ministre compétent pour cette matière est mon collègue J. Vande Lanotte, ministre des Consommateurs.

Les radiateurs infrarouges ne sont pas nouveaux ; il en existe de tous types et de toutes dimensions. Ils sont surtout utilisés pour chauffer des locaux industriels et commerciaux, là où les pertes de chaleur sont importantes et fréquentes (par des portes qui s'ouvrent souvent ou sur les terrasses ouvertes de cafés). La chaleur du rayonnement infrarouge se concentre sur les surfaces, c'est pourquoi on l'applique par exemple pour accélérer le séchage d'un mur qui vient d'être peint. Le chauffage infrarouge est proposé comme une alternative plus propre au chauffage classique parce qu'il n'y a pas de courant de convection et par conséquent pas de circulation de la poussière dans l'espace.

Les effets du rayonnement infrarouge sur la santé ont été décrits dans les recommandations du Comité consultatif international ICNIRP (International Committee on Non-Ionising Radiation Protection). Une lumière infrarouge trop intense peut endommager les couches supérieures de l'œil avec comme conséquences une inflammation de la cornée ou la cataracte, une maladie professionnelle typique des souffleurs de verre et des fondeurs. En outre, le rayonnement infrarouge à ondes courtes (rayonnement IR-A) peut, comme la lumière visible, pénétrer profondément dans l'œil et atteindre la rétine, ce qui peut causer une lésion thermique. La lumière infrarouge intense provoque également des brûlures de la peau. Toutefois, ces effets apparaissent à de très forte intensité de rayonnement.

On sait peu de choses sur les effets à long terme. Certaines études indiquent que le rayonnement IR-A déclenche apparemment des réactions photochimiques dans la peau, ce qui, comme c'est le cas avec la lumière UV, peut conduire à un vieillissement accéléré de la peau. Une exposition prolongée à un rayonnement infrarouge trop intense peut provoquer un coup de chaleur comme cela peut se produire avec un système de chauffage classique, par exemple dans un sauna.

L'ICNIRP recommande de limiter la puissance du rayonnement en cas d'exposition de longue durée à 100 W/m2 dans des pièces chaudes et à 300 W/m2 dans des pièces froides. Il existe aussi des normes de produits pour quelques applications spécifiques. Pour les lampes infrarouges utilisées dans les saunas infrarouges, la valeur limite est par exemple de 1000 W/m2. Ces lampes sont normalisées au titre de la directive européenne « basse tension » 2006/95/CE. Les tubes radiants à combustibles gazeux (radiateurs IR) sont régis par la directive européenne concernant les appareils à gaz 2009/142/CE. Selon le système, différentes normes harmonisées sont d'application. Les tubes radiants sont utilisés dans l'industrie, pour des bâtiments commerciaux et dans des laboratoires et ne conviennent pas à un usage domestique en raison de leur puissance élevée.

Je n'ai pas connaissance de telles études. Les systèmes de chauffage non traditionnels ne sont pas appliqués à un usage domestique depuis si longtemps. L'important est que les fabricants et les installateurs respectent la législation et les recommandations scientifiques existantes.