| SÉNAT DE BELGIQUE | ||||
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| Session 2025-2026 | ||||
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| 25 novembre 2025 | ||||
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| SÉNAT Question écrite n° 8-351 | ||||
de Nadia El Yousfi (PS) |
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au vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté |
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| Stéatose hépatique non alcoolique - Causes - Consommation de boissons sucrées ou édulcorées artificiellement («light») - Chiffres - Réduction - Mesures - Coordination entre les différents niveaux de pouvoir | ||||
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| statistique officielle boisson gazeuse produit à base de sucre maladie de la nutrition sensibilisation du public |
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| SÉNAT Question écrite n° 8-351 du 25 novembre 2025 : (Question posée en français) | ||||
Selon une étude récente, présentée en octobre 2025 à l'occasion de la semaine européenne de gastroentérologie à Berlin, la consommation d'une seule boisson sucrée ou édulcorée artificiellement («light») par jour pourrait significativement accroître le risque de développer une stéatose hépatique non alcoolique (aussi appelée stéatose hépatique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD)) chez des sujets initialement sains. Les résultats de cette étude montrent en effet qu'une consommation quotidienne de boissons artificiellement sucrées augmenterait de 60 % le risque de développer une stéatose hépatique associée à un dysfonctionnement métabolique (maladie du foie gras), contre 50 % pour les boissons sucrées. Cette maladie, qui touche près de 38 % de la population mondiale, se caractérise par une accumulation de graisses dans le foie non liée à l'alcool. Elle peut évoluer vers des complications graves comme la cirrhose ou le cancer du foie. Notre pays n'est pas épargné par cette «épidémie silencieuse» puisque la stéatose hépatique non alcoolique touche de 25 à 30 % des Belges. L'étude pilote mentionnée plus haut est extrêmement intéressante, et – compte tenu de l'ampleur de la maladie – il conviendrait de mener des recherches complémentaires pour déterminer si le lien observé est fortuit ou véritablement causal. Dans ce contexte: 1) Le service public fédéral (SPF) Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement dispose-t-il de données actualisées sur la prévalence de la MASLD en Belgique (avec des chiffres ventilés par entité fédérée)? Les cas échéant, pouvez-vous fournir les dernières estimations? 2) Quelles sont, à ce jour, les données disponibles concernant la consommation moyenne de boissons sucrées ou édulcorées artificiellement («light») en Belgique, et dans quelle mesure celles-ci varient-elles selon les tranches d'âge, les catégories socio-économiques, etc.? 3) Dans quelle mesure le gouvernement fédéral et les gouvernements des entités fédérées coordonnent-ils leurs politiques en matière de nutrition et de boissons sucrées ou édulcorées? 4) Envisagez-vous la mise en place (ou le renforcement) d'une stratégie interrégionale et fédérale spécifique visant à réduire la consommation de ce type de boissons face au risque hépatique potentiel mis en évidence par l'étude? 5) Comment les autorités envisagent-elles de mobiliser les différents niveaux de pouvoir (fédéral, régionaux, communautaires, communes) pour intégrer la problématique de la MASLD dans les politiques de santé publique, d'alimentation et d'éducation à la santé? Cette question écrite relève de la compétence du Sénat vu son caractère transversal. La santé publique est une matière fédérale et la politique de prévention relève des entités fédérées. |
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| Réponse reçue le 12 mai 2026 : | ||||
1) À ce jour, il n’existe pas de données de prévalence représentatives pour la Belgique. Sur la base de la littérature scientifique internationale, on estime qu’environ 30 % de la population générale est atteinte de Metabolic dysfunction-Associated Steatotic Liver Disease (MASLD) (Karlsen, T.H., Sheron, N., Zelber-Sagi, S., et al., «The EASL-Lancet Liver Commission: protecting the next generation of Europeans against liver disease complications and premature mortality», The Lancet, 2022, no 399, p. 61-116). Par ailleurs, des données limitées proviennent d’une petite étude de cohorte menée en Belgique et aux Pays-Bas, ciblant des patients à risque (personnes présentant un prédiabète ou un diabète de type 2). Cette étude suggère que la MASLD et la fibrose hépatique sont fréquentes au sein de ces populations, soulignant ainsi l’importance du dépistage précoce et de la prise en charge chez les groupes à risque métabolique (Heyens et al., «Prévalence et facteurs de risque de la MASLD chez les patients atteints de prédiabète et de diabète de type 2 en Belgique et aux Pays-Bas», Biomedicines, 2025). 2) La dernière enquête alimentaire de Sciensano de 2024, fournit un ensemble de données sur la consommation des boissons sucrées (inclut les boissons avec sucres ajoutés, telles que les limonades gazeuses ou non, les jus de fruits avec sucres ajoutés, les boissons lactées ou végétales, les boissons pour sportifs, les boissons énergétiques et le vin, la bière et les apéritifs sans alcool; n’inclut pas les jus de fruits sans sucre ajouté). La consommation moyenne de boissons sucrées est de 132 g par jour dans la population âgée de trois ans et plus. La consommation médiane est de 72 g par jour. La consommation moyenne de boissons sucrées est plus élevée chez les hommes (167 g par jour) que chez les femmes (97 g par jour). Cette différence existe dans tous les groupes d’âge, mais est plus prononcée chez les adolescents (dix à dix-sept ans) et chez les adultes âgés de dix-huit à soixante-quatre ans. La consommation moyenne de boissons sucrées est plus élevée chez les adolescents (dix à dix-sept ans) (200 g par jour) que dans les autres groupes d’âge. Elle est, par ailleurs, la plus faible chez les adultes âgés de soixante-cinq ans et plus (48 g par jour). La consommation moyenne de boissons sucrées dans la population âgée de trois ans et plus diminue avec le niveau d’instruction. Les personnes ayant un faible niveau d’instruction ont une consommation moyenne de boissons sucrées plus élevée (175 g par jour) que celles ayant un niveau d’instruction moyen (131 g par jour) ou élevé (83 g par jour). 17,9 % de la population déclare consommer quotidiennement des boissons rafraîchissantes sucrées (hors boissons «light»). Toutefois, la part de la population buvant au moins un litre de ces boissons par jour reste bien plus faible, à 3,0 %. Les différences régionales en matière de consommation quotidienne de boissons sucrées sont relativement faibles et non significatives (18,1 % en Région flamande, 15,6 % en Région bruxelloise et 18,4 % en Région wallonne). En revanche, la consommation quotidienne d’au moins un litre présente des différences significatives entre les régions: la Région wallonne affiche un pourcentage plus élevé (3,6 %) que la Région bruxelloise (2,2 %), mais aucune différence significative par rapport à la Région flamande (2,8 %). Une diminution significative et linéaire est observée dans la consommation quotidienne de boissons sucrées au fil des années, passant de 25,5 % en 2013 à 20,4 % en 2018 et à 17,9 % en 2023-2024. À ce jour, les analyses sur la consommation de boissons light de la banque de données disponibles de Sciensano n’ont pas encore été réalisées et nous ne disposons des données que pour l’ensemble des boissons non-alcoolisées. La consommation moyenne de boissons non-alcoolisées est de 1 438 g par jour. L’eau (927 g par jour), le café (203 g par jour) et les boissons sucrées, énergisantes et sportives (192 g par jour) sont les boissons non-alcoolisées les plus consommées. Les hommes consomment en moyenne 1 489 g par jour de boissons non-alcoolisées et les femmes en consomment en moyenne 1 388 g par jour. La consommation moyenne de boissons sucrées, énergisantes et sportives est de 233 g par jour pour les hommes et 151 g par jour pour les femmes. 3) Les normes des produits alimentaires sont une compétence du service public fédéral (SPF) Santé publique. Mon administration travaille avec les secteurs alimentaires (industries alimentaires et grande distribution) depuis déjà 2012 à l’amélioration nutritionnelle des produits alimentaires notamment au niveau du contenu en sucres ajoutées des boissons sucrées. Ces efforts de reformulation doivent être poursuivis et l’adoption du Nutri-Score en 2019 par la Belgique, contribue favorablement à cette démarche auprès des industriels. 4) & 5) Dans le cadre des soins intégrés, nous travaillons à un programme interfédéral pour l’obésité chez les enfants et les jeunes. Lors du kick-off en mai dernier, avec les entités fédérées, il a été décidé qu’une partie de ce programme se concentrerait sur la promotion de modes de vie sains. Dans ce contexte, il sera intéressant que nous réfléchissions, avec les entités fédérées, dont c’est la compétence, aux messages préventifs à mettre en avant, dont la réduction de la consommation de boissons sucrées et édulcorées pour réduire la prévalence de prédiabète, diabète de type 2 et MASLD. |