SÉNAT DE BELGIQUE
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Session 2013-2014
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4 avril 2014
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SÉNAT Question écrite n° 5-11347

de Nele Lijnen (Open Vld)

à la vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de Beliris et des Institutions culturelles fédérales
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une cure d'antibiotiques comme traitement de la maladie de Lyme
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antibiotique
maladie infectieuse
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4/4/2014 Envoi question
16/4/2014 Réponse
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Requalification de : demande d'explications 5-4844
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SÉNAT Question écrite n° 5-11347 du 4 avril 2014 : (Question posée en néerlandais)

À l'heure actuelle, au moment où l'on diagnostique la maladie de Lyme (pour autant que ce diagnostic soit correctement posé), on prescrit généralement une cure d'antibiotiques de quelques jours. Il me revient cependant que beaucoup de patients, particulièrement ceux chez qui la maladie de Lyme n'a été diagnostiquée qu'à un stade tardif (stades 2 et 3) ont en fait tout intérêt à bénéficier d'un traitement antibiotique d'une durée plus longue que celle habituellement utilisée au stade 1. L'antibiotique est en effet le meilleur moyen d'inhiber la maladie. Dans une réponse antérieure, vous indiquiez : « Le traitement par antibiotiques dirigé contre la maladie de Lyme n’affaiblit pas le système immunitaire. Autrement dit, la maladie de Lyme n’entraîne pas d’immunodépression susceptible de favoriser la survenue d’infections opportunistes. » Je suis bien entendu consciente des problèmes liés à l'utilisation des antibiotiques et à la résistance globale des virus mais je souhaiterais vous poser les questions suivantes à propos de la maladie de Lyme.

1) La ministre dispose-t-elle de chiffres concrets ou d'estimations concernant le nombre de personnes chez qui on a diagnostiqué la maladie de Lyme et à qui l'on a prescrit une cure d'antibiotiques ? Pouvez-vous les communiquer pour 2011, 2012 et 2013 ?

2) Au moment de fixer la durée de la cure d'antibiotiques, établit-on une distinction entre les infections récentes et celles de longue durée, à savoir entre le stade 1, et les stades 2 ou 3 ? Si tel est le cas, quelle est la durée habituelle de la cure pour les différents stades et comment ces délais sont-ils fixés ? La ministre peut-elle expliquer sa réponse ?

3) Quels sont les paramètres utilisés en Belgique pour déterminer le moment où la bactérie Borrelia est suffisamment atténuée pour pouvoir arrêter le traitement antibiotique ? La ministre peut-elle expliquer sa réponse ?

4) La ministre dispose-t-elle de chiffres qui démontrent l'efficacité d'une cure d'antibiotiques, à savoir une cure ayant amené la guérison ? Dans l'affirmative, la ministre peut-elle les communiquer pour 2011, 2012 et 2013 et les ventiler en fonction des différents stades ?

Réponse reçue le 16 avril 2014 :

1) Sur base de l’étude réalisée par le réseau des médecins vigies, nous savons que 91 % des patients se présentant avec un érythème migrant reçoivent une antibiothérapie immédiatement.

Evolution of the management of asymptomatic tick bites and erythema migrans by SGP (2003-2004 and 2008-2009)

Time period

Asymptomatic tick bites

Erythema migrans

N

Antibiotics (%)

Serology (%)

N

Antibiotics (%)

Serology (%)

2003-2004

674

12

9

294

85

51

2008-2009

699

9

175

338

91

54

p-value


NS

0


0,01

NS

Cette étude sera réitérée en 2015.

2) Concernant la question sur le traitement, le schéma mentionné se réfère à celui prôné par l’ILADS (International Lyme And Associated Diseases Society). Cette société préconise le recours à des antibiothérapies prolongées ou itératives, souvent séquentielles (avec des molécules différentes), fréquemment assorties, par ailleurs, de mesures diététiques. Ces recommandations s’opposent à celles émises par un groupe européen d’experts (EUCALB - European Union Concerted Action on Lyme Borreliosis) qui sont également concordantes avec celles de l’IDSA (Internationnal Lyme Associated Disease Society).

Nos experts belges ont revu ces différentes recommandations et ont choisi de suivre celles de EUCALB et de l’IDSA. Cet avis figure tant dans le Sanford (Adapted for use by the medical profession in Belgium and Luxembourg by the independent Belgian/Luxembourg Working Party on Antimicrobial Therapy) que dans les recommendations de la BAPCOC (Belgian Antibiotic Policy Coordination Committee). Ces recommandations sont revues à intervalles réguliers afin de tenir compte de nouvelles données scientifiques. Outre le caractère « evidence-based » des recommandations de l’IDSA, à l’heure où la prescription excessive d’antibiotiques s’avère probablement bien plus problématique que la maladie de Lyme, les attitudes diagnostique et thérapeutique de l’ILDAS n’apparaissent pas défendables à nos experts. La médiatisation de cette pathologie ne doit pas faire déroger à cette règle.

Selon les recommandations belges, la durée de la cure antibiotique recommandée lors du diagnostic de toute forme de la Maladie de Lyme (erythema chronicum migrans) varie entre 10 et 21 jours selon l’antibiotique prescrit.

3) Comme pour toute maladie infectieuse, si le patient n’a plus de plainte après la prise du traitement recommandé, il est considéré comme guéri.

Si le patient a des plaintes persistantes, il sera à nouveau pris en charge par son médecin afin d’en diagnostiquer la nature et prendre les mesures qui s’imposeront.

4) Comme mentionné dans la réponse à la question 4843-3, il n’existe pas à l’heure actuelle de données quant au suivi de patients guéris d’une maladie. Tout comme pour les questions 4843, 3) et 4844, 1), ce genre d’informations peut se récolter au travers d’une étude épidémiologique spécifique. A ce stade, le choix du traitement est basé sur des études scientifiques qui en démontrent l’efficacité.