3-167

3-167

Belgische Senaat

Handelingen

DONDERDAG 1 JUNI 2006 - NAMIDDAGVERGADERING

(Vervolg)

Mondelinge vraag van de heer Josy Dubié aan de minister van Landsverdediging over «het toenemende gevaar dat weegt op onze strijdkrachten in Afghanistan» (nr. 3-1152)

Mme la présidente. - M. Vincent Van Quickenborne, secrétaire d'État à la Simplification administrative, adjoint au premier ministre, répondra.

Je suis d'avis, tout comme M. Dubié, que le ministre de la Défense devrait être plus souvent présent au Sénat. Nous gagnerions en support pour les actions qu'il peut proposer.

M. Josy Dubié (ECOLO). - M. Roelants du Vivier, président de la commission des Affaires étrangères, souhaiterait également que le ministre de la Défense nationale soit plus souvent présent au Sénat.

Mme la présidente. - Nous en prenons acte. Nous le ferons savoir au ministre.

M. Josy Dubié (ECOLO). - J'ai essayé de savoir si M. Flahaut était en Belgique. J'ai pris contact avec son département, qui m'a dit qu'il était à l'étranger. J'ai demandé où mais il m'a été répondu que c'était un secret défense. Finalement, à force d'insister, sa secrétaire a bien voulu me dire qu'il se trouvait à Rome. J'imagine que la situation en Italie doit être périlleuse ! Depuis que M. Prodi est au pouvoir, Dieu sait ce qui peut arriver. Bref, le ministre de la Défense est à Rome mais, surtout, ne le dites à personne car il risque sa vie.

Plus sérieusement, la situation en Afghanistan se dégrade rapidement, comme viennent de le démontrer les récentes, violentes et sanglantes manifestations anti-occidentales à Kaboul.

En fait, nous assistons à la même dérive qu'en Irak. Les troupes « salvatrices », d'abord assez bien acceptées, deviennent de plus en plus des troupes « d'occupation » suscitant l'opposition croissante de populations dont le nationalisme et le rejet des troupes étrangères se renforcent en proportion des bavures, essentiellement américaines, de plus en plus nombreuses, qu'engendre toute guerre.

Ce nationalisme suscite un regroupement autour des Taliban, de plus en plus actifs, qui viennent de recevoir l'appui significatif du Hezb-i-Islami de Gulbuddin Hekmatyar. Cet ancien premier ministre avant la prise du pouvoir par les Taliban, est un islamiste fanatique, qui fut pourtant puissamment soutenu par les États-Unis pendant la guerre contre les soviétiques alors que son ennemi juré, l'ancien commandant Massoud, islamiste modéré, était, lui, snobé, par les occidentaux avant d'être assassiné à la veille des attentats de New York par des islamistes détenteurs de passeports belges ! Le commandant Massoud était un homme tout à fait remarquable, que nous avions d'ailleurs rencontré, Mme la présidente et moi, peu de temps avant ce dramatique assassinat.

Le piège est donc en train de se refermer sur les forces occidentales en Afghanistan, au moment même où les Américains transfèrent de plus en plus le poids de la guerre sur l'OTAN. Cette politique devrait amener un engagement croissant des forces militaires alliées des États-Unis et donc aussi, logiquement, d'éléments de l'armée belge en Afghanistan.

À combien se monte le nombre actuel de soldats belges déployés en Afghanistan ?

Est-il oui ou non question d'en augmenter le nombre comme semble le souhaiter le ministre des Affaires étrangères ?

Quand nos troupes rentreront-elles au pays et n'est-il pas temps d'envisager leur retour vu l'aggravation de la situation ?

Pourquoi le ministre annule-t-il une visite à nos soldats - il devait partir demain - au moment où, précisément, ils sont confrontés à une situation difficile ?

Je remercie M. le secrétaire d'État pour les réponses du ministre absent.

Mme la présidente. - Je remercie M. Dubié de se fâcher un peu car je crois que c'est important.

M. Vincent Van Quickenborne, secrétaire d'État à la Simplification administrative, adjoint au premier ministre. - Je vous lis la réponse du ministre.

Premièrement, à l'heure actuelle, 283 militaires sont présents en Afghanistan. La plupart, soit 246 soldats, sont déployés à l'aéroport de Kaboul (KAIA). Quinze soldats travaillent au quartier général de l'ISAF, dans le centre ville. Par ailleurs, 21 soldats font partie de l'équipe provinciale de reconstruction à Koundouz, au nord de l'Afghanistan, dans la zone placée sous la responsabilité de l'Allemagne. Enfin, un soldat est basé au quartier général régional de l'ISAF, à Mazar-e Sharif, dans le nord du pays.

Deuxièmement, le conseil des ministres a demandé à la Défense, en décembre dernier, d'étudier la possibilité de déployer une compagnie supplémentaire à Kaboul. Le gouvernement n'a pas encore pris de décision quant à l'opportunité de ce déploiement.

Troisièmement, nos troupes en Afghanistan sont remplacées tous les quatre mois. La suppression de la présence militaire belge en Afghanistan n'est pas envisagée à l'heure actuelle.

J'en arrive à la quatrième question. D'une part, une réunion du conseil des ministres aura lieu demain, 2 juin 2006, alors qu'elle n'était pas prévue initialement. D'autre part, en période de crise, nos militaires doivent se concentrer sur leur mission première. Il n'est pas souhaitable de les encombrer avec une visite ministérielle et parlementaire en ce moment.

M. Josy Dubié (ECOLO). - Je note avec intérêt et avec une certaine satisfaction que nos militaires ne sont pas déployés - sauf ceux qui se trouvent au quartier général de Kaboul - dans des zones particulièrement dangereuses pour l'instant. La zone nord - Koundouz et Mazar-e Sharif - est en effet calme pour le moment.

Cependant, ceux qui ne connaissent pas l'histoire sont condamnés à la revivre. Permettez-moi, à cet égard, de rappeler qu'en 1839, en Afghanistan, l'Empire britannique a remis au pouvoir un roi qui lui était favorable et qui avait été déchu par son peuple. Les Britanniques avaient, à cet effet, envoyé sur place un corps expéditionnaire de plus de 50.000 hommes. En 1842, ils furent massacrés ; seule une poignée d'entre eux a réussi à gagner Jalalabad.

Il s'agit, il faut le savoir, d'un peuple farouchement nationaliste. Si la situation se dégrade, nos soldats vont se retrouver dans un véritable chaudron. Il faut être très attentif à ce qui se passe là-bas.

Enfin, contrairement à ce que répond le ministre, j'estime que c'est dans les situations difficiles, et non quand « la soupe est bonne », que nos soldats ont besoin de la présence à leurs côtés des représentants du peuple et du ministre compétent.

Mme la présidente. - M. le secrétaire d'État veillera, j'en suis certaine, à ce que ce message soit transmis.